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Tibet - Pékin hausse le ton et s'en prend aux médias occidentaux

La police chinoise antiémeute patrouillait hier les rues de Lhassa.
Photo : Agence Reuters
La police chinoise antiémeute patrouillait hier les rues de Lhassa.
Les autorités chinoises ont poursuivi hier leur offensive pour mettre fin aux manifestations au Tibet et dans les régions voisines, renforçant la surveillance des monastères bouddhistes et multipliant les arrestations à Lhassa tout en dénonçant avec vigueur les médias occidentaux.

Face aux pressions internationales à l'approche des Jeux olympiques d'août à Pékin, la Chine a haussé le ton en fustigeant les pays qui accepteront de recevoir le dalaï-lama.

«Le gouvernement chinois s'oppose fermement à toute forme de contact officiel du dalaï-lama avec n'importe quel pays», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang, en réaction à des déclarations de la secrétaire d'État française aux droits de l'homme, Rama Yade, qui s'était dit prête mardi à recevoir le chef spirituel tibétain. Pour sa part, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a estimé que si le dalaï-lama venait en France, M. Sarkozy en personne devrait le rencontrer.

Le dalaï-lama, accusé par Pékin d'avoir organisé les troubles au Tibet, sera en France du 15 au 20 août pendant les JO pour donner une conférence pastorale, une visite prévue avant la crise actuelle.

Le porte-parole chinois, Qin Gang, en a profité pour appeler les pays étrangers à adopter, dans la crise tibétaine, une «attitude objective et impartiale pour comprendre et soutenir les mesures justes et nécessaires prises par la Chine afin de préserver la stabilité sociale et protéger la sécurité des biens et des personnes».

«Déjà, plus d'une centaine de gouvernements étrangers ont indiqué qu'il s'agissait d'une position correcte», a assuré M. Qin.

Dans son offensive médiatique, la Chine organise un voyage de presse de trois jours pour une dizaine de journalistes étrangers qui pourront effectuer «des visites dans les lieux touchés par les émeutes et aussi interviewer les blessés». «Nous pensons que cela leur permettra de connaître la vérité sur les émeutes de Lhassa», a indiqué M. Qin mardi à propos de ce voyage encadré par les autorités. L'AFP n'a pas été invitée à y participer. Aucun média français n'est du voyage.

La Chine, qui a interdit aux journalistes étrangers l'accès libre au Tibet et aux provinces voisines touchées par des manifestations, a critiqué la couverture de certains médias occidentaux, les accusant de déformer les faits. Dans la presse officielle comme sur Internet, les attaques contre certains médias occidentaux, en particulier la chaîne américaine CNN, se multiplient.

Pointant des erreurs, comme l'utilisation de photographies de manifestations au Népal pour illustrer la répression au Tibet, les autorités chinoises en profitent pour dénoncer un manque d'objectivité de ces médias en général.

Pékin a indiqué hier que plus de 600 personnes s'étaient livrées à la police après les émeutes sanglantes de Lhassa et les troubles dans les régions avoisinantes du Tibet. Les autorités font état de 20 morts, 18 civils «innocents» et deux policiers.

Le président du Parlement tibétain en exil, Karma Chophel, a affirmé que les émeutes au Tibet avaient fait au moins 135 morts et 1000 blessés et qu'environ 400 personnes avaient été arrêtées depuis le 10 mars.

Avant de se rendre aujourd'hui à Genève au Conseil des droits de l'homme, il a appelé les leaders européens à «ne pas transiger avec la morale pour avoir de bonnes relations commerciales avec la Chine» et la communauté internationale à se réveiller.
 
 
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