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Irak - Les pertes américaines passent le cap des 4000 morts

Le président pourrait recommander une pause dans les réductions de troupes

Un drapeau américain orne une des 4000 croix plantées à Lafayette, en Californie, en mémoire des soldats américains tombés en Irak depuis cinq ans.
Photo : Agence Reuters
Un drapeau américain orne une des 4000 croix plantées à Lafayette, en Californie, en mémoire des soldats américains tombés en Irak depuis cinq ans.
Bagdad — Cinq ans après, au moins 4000 morts dans les rangs américains: le bilan des pertes en Irak a atteint un nouveau seuil symbolique, qui risque d'alimenter le débat sur un retrait des troupes en pleine campagne présidentielle aux États-Unis.

«Le président Bush pense que chaque vie est précieuse et il passe du temps chaque jour à penser à ceux qui ont perdu la vie sur le champ de bataille», a commenté hier la porte-parole de la Maison-Blanche Dana Perino. Il souffre pour les familles qui ont perdu un être cher», D'après ses conseillers, le président, qui devait s'entretenir avec le responsable des troupes américaines, pourrait suivre les recommandations en faveur d'une pause dans les réductions de troupes.

L'armée américaine a annoncé tôt hier matin la mort de quatre soldats de la Division multi-nationale-Bagdad tués dimanche soir vers 22h dans l'explosion d'une bombe au passage de leur patrouille dans le sud de la capitale irakienne. Un cinquième soldat a été blessé.

Moins d'une semaine après le cinquième anniversaire du début de l'intervention américaine, ces décès portent à au moins 4000 le nombre des soldats américains qui ont trouvé la mort en Irak, selon un décompte de l'Associated Press, basé sur les statistiques officielles du département de la Défense et les informations de ses journalistes sur place. Ce décompte inclut huit civils qui travaillaient pour le Pentagone.

Un seuil symbolique franchi au terme d'une journée particulièrement meurtrière en Irak: au moins 61 Irakiens ont été tués, dont 13 soldats irakiens, dans un attentat à Mossoul dans le nord du pays. Et la Zone verte, secteur sous haute sécurité de Bagdad qui abrite le siège du gouvernement irakien et l'ambassade américaine, a essuyé des tirs de roquettes et de mortier.

Le lieutenant Patrick Evans, un porte-parole de l'armée américaine, a adressé ses condoléances à toutes les familles des soldats morts en Irak, soulignant que chaque mort est «tragique». «Il y a eu des gains significatifs» en matière de sécurité, a-t-il commenté. «Néanmoins, cet ennemi est résistant, il n'abandonnera pas, et nous non plus». Et de conclure qu'«il reste beaucoup de travail à faire».

L'an dernier, les pertes américaines avaient connu un pic, les troupes américaines cherchant à reprendre le contrôle de Bagdad et ses environs. Elles ont ensuite reculé, mais au total, 901 soldats américains sont morts en 2007, 51 de plus qu'en 2004, jusque-là l'année la plus meurtrière.

Depuis le début de l'invasion américaine le 20 mars 2003, plusieurs dizaines de milliers de civils irakiens ont été tués, même si le bilan exact n'est pas établi en raison de la difficulté à recueillir des informations précises. Iraq Body Count, un organisme respecté qui réunit les bilans sur la base des informations de presse, estime qu'entre 82 349 et 89 867 civils irakiens ont péri dans le conflit.

D'une façon générale, le nombre des violences contre les civils irakiens a diminué. Une amélioration toute relative d'autant que les dernières semaines ont été marquées par plusieurs attentats importants, soulignant l'extrême instabilité de la situation et la capacité de résistance des groupes extrémistes sunnites et chiites.

La persistance des violences depuis cinq ans a retourné l'opinion américaine désormais fortement hostile à l'intervention. La guerre en Irak constitue l'un des grands sujets de la campagne présidentielle en cours, les deux candidats à l'investiture démocrate Barack Obama et Hillary Clinton promettant tous deux un retrait rapide s'ils sont élus.

Lors d'un meeting en Pennsylvanie, Hillary Clinton a déclaré qu'elle honorerait la mémoire des soldats disparus en mettant fin à la guerre et en ramenant au pays les troupes américaines «de façon aussi rapide et responsable que possible».

Son rival Barack Obama a jugé qu'«il est bien temps de mettre un terme à une guerre qui n'aurait jamais dû être lancée en ramenant nos troupes à la maison et en poussant enfin les dirigeants irakiens à prendre la responsabilité de leur avenir».

Au contraire, le candidat républicain John McCain défend un maintien des troupes. Il reste sur la ligne du président George W. Bush qui assure que le recul des violences montre que sa stratégie commence à porter ses fruits et qu'il faut persévérer.
 
 
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