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La Serbie propose la division du Kosovo sur des bases ethniques

Belgrade — Neuf ans après le début de la campagne aérienne de l'OTAN contre la Serbie, Belgrade propose que le Kosovo, qui a proclamé son indépendance le 17 février dernier, soit divisé sur des bases ethniques entre la majorité albanophone et la minorité serbe.

La proposition, rendue publique hier par les médias serbes, a été transmise aux Nations unies, qui administrent le Kosovo depuis que la campagne aérienne de 78 jours menée par l'OTAN a mis fin à la répression serbe dans le petit territoire en 1999.

Ce document précise que Belgrade reconnaît la juridiction de l'ONU au Kosovo, mais il stipule que seuls les Serbes et non les albanophones peuvent contrôler la police, l'appareil judiciaire et les douanes dans les quelque 15 % du Kosovo où les Serbes sont majoritaires. Selon les analystes, Belgrade cherche à prendre le contrôle politique et administratif des secteurs à majorité serbe, situés essentiellement dans le nord du Kosovo.

Le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, estime qu'en raison de la déclaration «illégale» d'indépendance des albanophones du Kosovo, seuls les Serbes du territoire peuvent, avec l'aide de la Serbie, faire respecter l'autorité de la MINUK (Mission des Nations unies au Kosovo). Il précise que la proposition de Belgrade créerait une «division fonctionnelle» entre Serbes et albanophones du Kosovo.

Selon Larry Rossin, numéro deux de la MINUK, le document a été transmis au siège de l'ONU à New York pour évaluation. Mais le vice-premier ministre du Kosovo, Hajredin Kuqi, a d'ores et déjà rejeté l'initiative de Belgrade. «Nos seuls interlocuteurs sur le Kosovo sont le peuple du Kosovo et la communauté internationale», a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Le 17 février, le Parlement du Kosovo a proclamé l'indépendance vis-à-vis de la Serbie, qui considère ce territoire comme le berceau historique de la nation serbe et juge cette déclaration illégale au regard du droit international.

Neuvième anniversaire

Serbes et albanophones ont marqué hier, chacun à leur manière, le neuvième anniversaire du début de la campagne aérienne de l'OTAN (24 février-9 juin 1999). Le premier ministre de la Serbie Vojislav Kostunica a assisté à une célébration religieuse dans une église de Belgrade à la mémoire des Serbes tués dans les bombardements.

«Aujourd'hui il apparaît très clairement que la destruction impitoyable de la Serbie lors des bombardements de l'OTAN n'avait qu'un seul but, qui est de faire du Kosovo le premier État de l'OTAN au monde», a-t-il affirmé dans un communiqué.

Au Kosovo, le président du petit territoire Fatmir Sejdiu a remercié l'Alliance atlantique d'avoir mené ces frappes aériennes qui ont «stoppé l'agression des militaires et paramilitaires serbes contre le peuple du Kosovo». «Nous exprimons notre plus profonde gratitude aux États-Unis, à l'Union européenne [...] pour avoir aidé le Kosovo quand notre peuple était menacé d'extinction», a-t-il également déclaré.

Ailleurs, le président russe Vladimir Poutine, allié de Belgrade, a ordonné à son gouvernement d'envoyer une aide humanitaire aux Serbes du Kosovo, selon les agences de presse russes. Son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aurait jugé préoccupante la situation humanitaire dans les zones serbes du Kosovo.
 
 
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