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L'OEA donne son appui à l'Équateur mais ne condamne pas la Colombie

Correa poursuit sa tournée de pays d'Amérique latine

Les soldats équatoriens patrouillaient hier dans la jungle à Nuava Loja.
Photo : Agence Reuters
Les soldats équatoriens patrouillaient hier dans la jungle à Nuava Loja.
L'Organisation des États américains (OEA) a adopté à l'unanimité hier une résolution par laquelle elle reconnaît «une violation de la souveraineté» de l'Équateur sans toutefois condamner explicitement le gouvernement de Bogotá.

Dans cette résolution, l'OEA estime que la Colombie a, ce faisant, violé le droit international. Elle décide donc de créer une commission dont les membres se rendront en Équateur et en Colombie pour enquêter sur le raid colombien contre les FARC.

Les 34 pays membres de l'OEA ont «réaffirmé le principe selon lequel le territoire d'un État est inviolable et ne peut faire l'objet d'une occupation militaire ni de tout autre coup de force lancé par un autre État».

La représentante de l'Équateur, Maria Salvador, s'est déclarée «profondément satisfaite, car dans toutes leurs interventions», a-t-elle dit, «les représentants des pays d'Amérique latine ont manifesté leur solidarité avec l'Équateur et leur rejet de l'incursion des forces colombiennes en territoire équatorien».

D'ailleurs, la majeure partie des dirigeants latino-américains ont à ce jour apporté leur soutien au président équatorien Rafael Correa. Mais les États-Unis, eux, ont soutenu leur allié colombien en affirmant que le raid de samedi avait visé une organisation terroriste internationale dangereuse.

Poursuivant son offensive diplomatique auprès de six pays d'Amérique latine, le président équatorien était hier à Brasilia où, a-t-il dit, il a obtenu le soutien de son homologue brésilien Luiz Inácio Lula da Silva.

«C'est le moment pour les pays latino-américains de s'unir et d'agir fermement et rapidement», a déclaré M. Correa. La veille au soir, il avait renouvelé sa confiance dans une issue diplomatique de la crise, mais il a réitéré hier sa volonté de ne pas céder face à Bogotá. «Nous confirmons la volonté du peuple équatorien de ne pas se laisser asservir et de ne pas permettre cet affront», a-t-il ajouté.

Correa a affirmé à Brasilia qu'il faisait sienne l'hypothèse selon laquelle les autorités colombiennes auraient tué le numéro deux des FARC «pour empêcher un accord» destiné à faire avancer le processus de libération des otages. Il a aussi taxé son homologue colombien Álvaro Uribe de menteur qui «veut la guerre».

Le ministre équatorien de la Sécurité intérieure, Gustavo Larrea, a de son côté expliqué dans une entrevue à l'AP qu'il avait rencontré Raul Reyes pendant presque une heure et demie au sujet d'un programme qui incluait d'offrir de «libérer plusieurs

des otages [...] dans les premiers jours de mars», y compris Ingrid Betancourt.

Outre l'Équateur, qui a mobilisé 3200 hommes à sa frontière avec la Colombie, la mort de Raul Reyes a amené le Venezuela à déployer quelque 9000 hommes à la frontière avec la Colombie. Le général vénézuélien Jesus Gonzalez a affirmé hier qu'«entre 85 et 90 % des soldats étaient en position». Le ministre de l'Agriculture, Elias Jaua, a pour sa part indiqué que Caracas avait fermé sa frontière aux importations et aux exportations.

Le président Hugo Chávez a dit hier que Nicolas Sarkozy l'avait «appelé, inquiet de la situation». D'après le porte-parole de l'Élysée, le président français a exhorté «tous les pays de la région et tous les acteurs concernés à faire preuve de retenue et de responsabilité» devant «la montée préoccupante des tensions dans la région andine» durant cet entretien téléphonique. Les deux présidents «ont exprimé le souhait que les récents développements n'enrayent pas la poursuite du processus de libération des otages» aux mains des FARC, selon David Martinon.
 
 
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