N'Djamena joue l'«apaisement» sur la question des opposants
27 février 2008
Actualités internationales
N'Djamena — Les autorités tchadiennes ont joué l'«apaisement» hier en décidant de placer en résidence surveillée l'opposant Lol Mahamat Choua, détenu depuis le 3 février, au moment où elles annonçaient la visite, demain à N'Djamena, du président français Nicolas Sarkozy. Ce gage de bonne volonté intervient alors que Nicolas Sarkozy, grand allié du président tchadien Idriss Deby Itno, envisageait de faire une escale à N'Djamena en route vers l'Afrique du Sud, où il est attendu demain.
Les autorités tchadiennes ont officialisé la visite avant Paris, qui avait pourtant demandé à N'Djamena, comme condition à un tel déplacement, de faire toute la lumière sur le sort des opposants arrêtés par l'armée à l'issue de l'attaque rebelle sur la capitale tchadienne, repoussée début février avec l'aide militaire de la France, et «disparus» depuis.
Lors des discussions, le président français devrait évoquer le cas des six Français de L'Arche de Zoé condamnés au Tchad à une peine de huit ans de prison qu'ils purgent actuellement en France. Après avoir repoussé les rebelles, Idriss Deby s'était dit «prêt» à «pardonner» rapidement les six condamnés en leur accordant une grâce présidentielle.
«Dans un souci d'apaisement, le gouvernement a décidé de mettre Lol Mahamat Choua en résidence surveillée chez lui», a annoncé le ministre de la Communication Hourmadji Moussa Doumgor à la radio nationale, soulignant que cet ancien chef de l'État restait «à la disposition de la justice jusqu'à la conclusion de l'enquête».
Arrêté le 3 février après la bataille de N'Djamena, Lol Mahamat Choua avait été porté disparu pendant 11 jours avant que les autorités le retrouvent «vivant» et reconnaissent qu'il était détenu. Hier en milieu d'après-midi, il n'était toujours pas à son domicile, selon ses proches joints par l'AFP. Avant cette crise, M. Lol présidait le comité chargé de l'application de l'accord du 13 août 2007 entre l'opposition et le pouvoir devant aboutir à des élections démocratiques en 2009.
On est toujours sans nouvelles de deux autres figures de l'opposition disparues dans des conditions similaires. Le député fédéraliste Ngarlejy Yorongar n'a toujours pas réapparu, a affirmé hier son entourage à l'AFP, démentant ainsi des propos du gouvernement qui laisse entendre qu'il se cache.
Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la principale coalition de l'opposition tchadienne, est lui aussi toujours disparu. «On n'a rien, rien, rien de nouveau. S'il était vivant, il viendrait directement à sa maison», a déclaré hier Saleh Djekotar, le chauffeur de M. Yorongar. L'inquiétude était la même dans la famille d'Ibni Oumar Mahamat Saleh. «Nous sommes très inquiets. Nous n'avons aucune trace», a déclaré Moussa Mahamat Saleh, cousin du disparu.
L'organisation Human Rights Watch (HRW) a publié hier un rapport concluant que ces deux opposants, que les autorités tchadiennes nient détenir, avaient bien été arrêtés par l'armée tchadienne à l'issue de l'attaque rebelle sur la capitale.
«Je ne pense pas que les autorités françaises ont pris conscience de la gravité de ce qui se passe. On dirait qu'ils se disent qu'une petite crise est en cours, que ça va passer», a déclaré Olivier Bercault, chercheur de HRW qui vient de passer dix jours à N'Djamena.
Le défenseur des droits de l'Homme s'est également interrogé sur les propos vagues du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui a affirmé lundi que «des témoins assez crédibles» avaient vu Ngarlejy Yorongar vivant et libre.
Les autorités tchadiennes ont officialisé la visite avant Paris, qui avait pourtant demandé à N'Djamena, comme condition à un tel déplacement, de faire toute la lumière sur le sort des opposants arrêtés par l'armée à l'issue de l'attaque rebelle sur la capitale tchadienne, repoussée début février avec l'aide militaire de la France, et «disparus» depuis.
Lors des discussions, le président français devrait évoquer le cas des six Français de L'Arche de Zoé condamnés au Tchad à une peine de huit ans de prison qu'ils purgent actuellement en France. Après avoir repoussé les rebelles, Idriss Deby s'était dit «prêt» à «pardonner» rapidement les six condamnés en leur accordant une grâce présidentielle.
«Dans un souci d'apaisement, le gouvernement a décidé de mettre Lol Mahamat Choua en résidence surveillée chez lui», a annoncé le ministre de la Communication Hourmadji Moussa Doumgor à la radio nationale, soulignant que cet ancien chef de l'État restait «à la disposition de la justice jusqu'à la conclusion de l'enquête».
Arrêté le 3 février après la bataille de N'Djamena, Lol Mahamat Choua avait été porté disparu pendant 11 jours avant que les autorités le retrouvent «vivant» et reconnaissent qu'il était détenu. Hier en milieu d'après-midi, il n'était toujours pas à son domicile, selon ses proches joints par l'AFP. Avant cette crise, M. Lol présidait le comité chargé de l'application de l'accord du 13 août 2007 entre l'opposition et le pouvoir devant aboutir à des élections démocratiques en 2009.
On est toujours sans nouvelles de deux autres figures de l'opposition disparues dans des conditions similaires. Le député fédéraliste Ngarlejy Yorongar n'a toujours pas réapparu, a affirmé hier son entourage à l'AFP, démentant ainsi des propos du gouvernement qui laisse entendre qu'il se cache.
Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole de la principale coalition de l'opposition tchadienne, est lui aussi toujours disparu. «On n'a rien, rien, rien de nouveau. S'il était vivant, il viendrait directement à sa maison», a déclaré hier Saleh Djekotar, le chauffeur de M. Yorongar. L'inquiétude était la même dans la famille d'Ibni Oumar Mahamat Saleh. «Nous sommes très inquiets. Nous n'avons aucune trace», a déclaré Moussa Mahamat Saleh, cousin du disparu.
L'organisation Human Rights Watch (HRW) a publié hier un rapport concluant que ces deux opposants, que les autorités tchadiennes nient détenir, avaient bien été arrêtés par l'armée tchadienne à l'issue de l'attaque rebelle sur la capitale.
«Je ne pense pas que les autorités françaises ont pris conscience de la gravité de ce qui se passe. On dirait qu'ils se disent qu'une petite crise est en cours, que ça va passer», a déclaré Olivier Bercault, chercheur de HRW qui vient de passer dix jours à N'Djamena.
Le défenseur des droits de l'Homme s'est également interrogé sur les propos vagues du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui a affirmé lundi que «des témoins assez crédibles» avaient vu Ngarlejy Yorongar vivant et libre.
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