La dissidence cubaine - Entre espoir et méfiance
21 février 2008
Actualités internationales
La Havane — La dissidence cubaine, «assommée» en 2003 par la répression, a pris acte du retrait de Fidel Castro mais hésite entre l'espoir d'un assouplissement du pouvoir et sa méfiance traditionnelle envers Raúl Castro, héritier attendu du régime.
«Je pense que dans quelques mois on va assister à une suspension de la répression contre la dissidence», a estimé hier Dimas Castellano, un des éditeurs de la revue électronique d'opposition Consenso desde Cuba (illégale).
Avec la prochaine signature par Cuba de deux conventions internationales sur les droits de l'homme, le dissident, proche de la gauche social-démocrate, juge vraisemblables de nouvelles libérations de prisonniers politiques.
Une telle décision serait «favorable à l'image du nouveau gouvernement, surtout, souligne-t-il, quand on entend aujourd'hui, de la part de gens proches du pouvoir, des critiques encore plus profondes que celles émises par certains de ceux qui sont en prison».
Ministre de la Défense depuis 1959, Raúl Castro, grand favori de la succession qui va être décidée dimanche par la nouvelle Assemblée, exerce depuis toujours un rôle majeur sur les organes de sécurité du régime.
Le week-end dernier, quatre dissidents condamnés à de lourdes peines en 2003 ont été libérés et expulsés vers l'Espagne avec leur famille, dans le cadre des pourparlers entre La Havane et Madrid sur les droits de l'homme. Ils faisaient partie des 75 opposants arrêtés en mars 2003 et condamnés après des procès expéditifs à de longues années de prison. Seize d'entre eux avaient déjà été libérés, la plupart pour raisons de santé.
Mais pour Vladimiro Roca, opposant de longue date et fils du fondateur du Parti communiste cubain (PCC) Blas Roca, «il n'y a aucun changement» à attendre.
«Que Fidel Castro ait renoncé à la présidence et à [son titre de] commandant en chef ne signifie pas qu'il ait renoncé au pouvoir», a estimé l'ancien prisonnier politique, soulignant que le leader cubain reste à la tête du PCC, «force dirigeante supérieure» de l'État cubain, selon la Constitution.
Oswaldo Paya, Prix Sakharov 2002 et animateur chrétien du «projet Varela» en faveur d'une transition démocratique, a estimé à l'inverse mardi que le retrait de Castro était «quelque chose de très important» et affirmé que le «peuple de Cuba veut des changements».
«Des changements, cela signifie des droits, la réconciliation, donner la voix au peuple, une nouvelle loi électorale, de nouvelles élections», a-t-il indiqué, souhaitant que cette «nouvelle étape puisse se dérouler en paix et de manière souveraine pour tous les Cubains sans exclusion».
Le départ de Fidel Castro s'inscrit dans un contexte d'expression de plus en plus ouverte des mécontentements à Cuba et d'impatience envers les changements.
Depuis sa fondation, le régime a muselé toute opposition, condamnant à de lourdes peines de prison les voix dissidentes, pour la plupart venues de l'intérieur même du régime.
«Je pense que dans quelques mois on va assister à une suspension de la répression contre la dissidence», a estimé hier Dimas Castellano, un des éditeurs de la revue électronique d'opposition Consenso desde Cuba (illégale).
Avec la prochaine signature par Cuba de deux conventions internationales sur les droits de l'homme, le dissident, proche de la gauche social-démocrate, juge vraisemblables de nouvelles libérations de prisonniers politiques.
Une telle décision serait «favorable à l'image du nouveau gouvernement, surtout, souligne-t-il, quand on entend aujourd'hui, de la part de gens proches du pouvoir, des critiques encore plus profondes que celles émises par certains de ceux qui sont en prison».
Ministre de la Défense depuis 1959, Raúl Castro, grand favori de la succession qui va être décidée dimanche par la nouvelle Assemblée, exerce depuis toujours un rôle majeur sur les organes de sécurité du régime.
Le week-end dernier, quatre dissidents condamnés à de lourdes peines en 2003 ont été libérés et expulsés vers l'Espagne avec leur famille, dans le cadre des pourparlers entre La Havane et Madrid sur les droits de l'homme. Ils faisaient partie des 75 opposants arrêtés en mars 2003 et condamnés après des procès expéditifs à de longues années de prison. Seize d'entre eux avaient déjà été libérés, la plupart pour raisons de santé.
Mais pour Vladimiro Roca, opposant de longue date et fils du fondateur du Parti communiste cubain (PCC) Blas Roca, «il n'y a aucun changement» à attendre.
«Que Fidel Castro ait renoncé à la présidence et à [son titre de] commandant en chef ne signifie pas qu'il ait renoncé au pouvoir», a estimé l'ancien prisonnier politique, soulignant que le leader cubain reste à la tête du PCC, «force dirigeante supérieure» de l'État cubain, selon la Constitution.
Oswaldo Paya, Prix Sakharov 2002 et animateur chrétien du «projet Varela» en faveur d'une transition démocratique, a estimé à l'inverse mardi que le retrait de Castro était «quelque chose de très important» et affirmé que le «peuple de Cuba veut des changements».
«Des changements, cela signifie des droits, la réconciliation, donner la voix au peuple, une nouvelle loi électorale, de nouvelles élections», a-t-il indiqué, souhaitant que cette «nouvelle étape puisse se dérouler en paix et de manière souveraine pour tous les Cubains sans exclusion».
Le départ de Fidel Castro s'inscrit dans un contexte d'expression de plus en plus ouverte des mécontentements à Cuba et d'impatience envers les changements.
Depuis sa fondation, le régime a muselé toute opposition, condamnant à de lourdes peines de prison les voix dissidentes, pour la plupart venues de l'intérieur même du régime.
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