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Le Kosovo, «fier et libre»

Un grand rêve se réalise malgré Belgrade et Moscou

Les Kosovars du monde entier ont accueilli dans une explosion de joie (comme ici à Berlin) la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo.
Photo : Agence Reuters
Les Kosovars du monde entier ont accueilli dans une explosion de joie (comme ici à Berlin) la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo.
Journée historique hier pour le Kosovo, qui a proclamé unilatéralement son indépendance, rêve de plusieurs générations d'Albanais de cette désormais ex-province du sud de la Serbie. Une déclaration rejetée catégoriquement par Belgrade, avec le soutien de la Russie qui réclame son annulation. Et dans une région où les tensions ethniques sont vives, la crainte de voir la situation dégénérer est bien réelle.

«Le Kosovo est une République, un État indépendant, démocratique et souverain», a déclaré le président du Parlement kosovar, Jakup Krasniqi, sous un tonnerre d'applaudissements des députés qui venaient de voter à l'unanimité la proclamation fondatrice, au cours d'une session extraordinaire.

«Nous n'avons jamais perdu foi dans le rêve qu'un jour nous compterions parmi les nations libres du monde», avait lancé auparavant l'ancien guérillero devenu premier ministre, Hashim Thaci. Le Kosovo, a-t-il dit, est désormais «fier et libre» et ne sera «plus jamais» gouverné par Belgrade. Jakup Krasniqi, Hashim Thaci et le président kosovar Fatmir Sejdiu ont paraphé la proclamation, consignée sur un parchemin, avant de dévoiler le nouveau drapeau: une carte du Kosovo dorée sur fond bleu clair avec six étoiles, une pour chacun des six principaux groupes ethniques du Kosovo.

«Nous, les dirigeants démocratiquement élus de notre peuple, déclarons par la présente que le Kosovo est un État indépendant et souverain», dit le texte, après un préambule évoquant les souffrances du passé et regrettant l'absence d'un accord avec Belgrade. La République du Kosovo veut s'inscrire d'entrée dans la «famille européenne» et dans le cadre du plan Ahtisaari qui a ouvert la voie à l'indépendance, soumise pour une durée indéterminée à une supervision internationale.

Le premier ministre Thaci a d'ailleurs souhaité la «bienvenue» à la mission de l'Union européenne, baptisée Eulex, qui doit se déployer au Kosovo pour superviser les débuts de l'indépendance. Forte à terme de 1800 personnes, elle devrait prendre le relais de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) afin d'assister les institutions kosovares, principalement au chapitre de la police et de la justice. La MINUK a commencé à administrer le Kosovo en 1999, après que des bombardements de l'OTAN eurent contraint le président Slobodan Milosevic à retirer de la province les forces serbes, qui combattaient la guérilla de l'Armée de libération du Kosovo. Une force commandée par l'OTAN, la KFOR, est chargée depuis 1999 d'assurer la sécurité au Kosovo.

Respect des Serbes

Dans son discours, M. Thaci a aussi insisté sur le respect du caractère «pluriethnique» de la nouvelle république. «Aucune des minorités ne doit avoir peur», a-t-il assuré, lisant ensuite laborieusement quelques mots en serbe, l'autre langue officielle de cette «ex-province» désormais peuplée à 90 % d'Albanais de souche, majoritairement musulmans: «C'est aussi pour vous des temps nouveaux qui commencent.»

Ce discours, les 120 000 derniers Serbes du Kosovo ont pour la plupart refusé de l'entendre, terrés dans leurs enclaves protégées par les 17 000 hommes de la KFOR. Déjà, ignorant par avance la souveraineté kosovare, ils ont annoncé dès vendredi qu'ils organiseraient dans leurs zones les élections municipales prévues en mai en Serbie et formeraient leur propre «Parlement du Kosovo». Parmi les scénarios possibles figure une sécession du nord du Kosovo, où vivent 40 000 des 120 000 Serbes sur le territoire.

Les Albanais du Kosovo, eux, avaient toutefois le coeur à la fête. Des dizaines de milliers sont descendus dans les rues, au centre de Pristina, capitale du Kosovo. «L'indépendance était le rêve de mon grand-père comme de mon père, et j'ai grandi avec cet espoir», a lancé Agim Berhami au journal français Libération. Il brandissait le quotidien Expres, dont la une était barrée d'un immense «Fuck YU» — Yu pour Yougoslavie — avec au-dessus les portraits de Slobodan Milosevic, l'ex-homme fort de Belgrade, de Tito, qui créa la Yougoslavie socialiste, et du roi Nicolas Pasic.

Il aura fallu un siècle pour que le rêve devienne réalité. «Mieux vaut tard que jamais, les Européens réparent enfin leur erreur du début du XXe siècle, quand ils avaient donné le Kosovo à la Serbie», a quant à lui expliqué Povataj Kushtrim, parti en France avec ses parents en 1991 peu après la suppression du statut d'autonomie par Milosevic.

Rejet total

Sans surprise, la Serbie a prévenu qu'elle s'opposerait par tous les moyens «diplomatiques, politiques et économiques» à une proclamation «illégale». «La Serbie ne reconnaîtra jamais l'indépendance du Kosovo», a répété le président, Boris Tadic. Il a par la même occasion demandé aux institutions internationales de déclarer «nulle et non avenue» cette déclaration qui «viole les principes fondamentaux du droit international».

Le ministre serbe chargé du Kosovo, Slobodan Samardzic, a pour sa part affirmé que Belgrade renforcerait sa présence dans l'enclave serbe du nord du Kosovo (environ 15 % du nouveau pays), agitant le spectre d'une sécession et d'un rattachement à la Serbie.

«Pour la Serbie, il n'y a pas et il n'y aura jamais d'État fantoche du Kosovo sur son territoire», a renchéri le premier ministre serbe, le nationaliste Vojislav Kostunica. Il s'en est même pris au président américain George W. Bush et à «ses partisans européens» qui ont encouragé les Albanais à proclamer l'indépendance. «La politique destructrice, cruelle et immorale des États-Unis a conduit à cette illégalité sans précédent», a-t-il lancé.

À Moscou, la Russie, alliée de Belgrade, a aussitôt réclamé l'annulation de la proclamation et a demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette dernière a eu lieu, mais elle a simplement permis de constater que le Conseil était divisé sur la question. «Aucun pays n'a soutenu la demande de la Russie d'annuler la proclamation d'indépendance du Kosovo», a déclaré l'ambassadeur de Grande-Bretagne, John Sawers.

Quoi qu'il en soit, ont martelé les Russes, cette proclamation constitue «une violation de la souveraineté de la Serbie», «de la Charte de l'ONU et de la résolution 1244 du Conseil de sécurité» qui a mis fin au conflit de 1998-1999, selon le ministère russe des Affaires étrangères.

La Chine est «très préoccupée» par la déclaration d’indépendance du Kosovo, a fait savoir ce lundi le ministre chinois des Affaires étrangères.
La Chine, qui est membre du Conseil de sécurité de l’ONU, craint que cette déclaration d’indépendance ne fasse du tort à la paix et à la stabilité dans les Balkans et ne sape les efforts pour créer une société multiethnique dans la région, a déclaré le ministre Liu Jianchao.

Appels à la modération

Washington a «pris note» de la proclamation et a appelé toutes les communautés du Kosovo au calme. «Nous évaluons cette question et nous en discutons avec nos alliés européens», a déclaré le porte-parole du département d'État, Sean McCormack. Les États-Unis, qui ont été les principaux artisans de l'indépendance du Kosovo, appellent toutes les parties «à exercer la plus haute retenue et à s'abstenir de toute provocation», a-t-il poursuivi.

Plusieurs pays de l'Union européenne ont eux aussi pris acte de la proclamation kosovare et ont appelé à la modération, dans l'attente d'une déclaration officielle qui devrait être faite aujourd'hui à Bruxelles à l'issue d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères. La majorité de ses membres sont prêts à la reconnaître. Mais six pays (Chypre, Grèce, Espagne, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie) ont dit clairement qu'ils ne la reconnaîtraient pas, la jugeant dangereuse car de nature à alimenter les séparatismes partout dans le monde.

Signe de la réalité de cette possibilité, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, deux régions séparatistes et pro-russes de Géorgie, ont annoncé peu après la proclamation kosovare qu'elles allaient demander à la Russie et à l'ONU de reconnaître leur indépendance. Et le Sri Lanka, qui combat les séparatistes tamouls, a estimé que la proclamation kosovare, cette «violation de la Charte des Nations unies», était un «grave précédent» qui pourrait «constituer une menace grave pour la paix et la sécurité internationale».

Le Kosovo étant géré par l'ONU et l'OTAN y patrouillant depuis la fin de la guerre entre les forces serbes et les Albanais du Kosovo en 1999, la force de l'OTAN au Kosovo, la KFOR, a annoncé qu'elle allait «continuer à assumer ses responsabilités», «sauf décision contraire du conseil de sécurité de l'ONU», a dit le secrétaire général de l'organisation après la proclamation d'indépendance.

Violences

Signe des tensions qui règnent dans la région, des violences ont éclaté hier soir dans la capitale serbe, Belgrade, où des échauffourées ont opposé plusieurs centaines de militants ultranationalistes aux policiers anti-émeute, notamment devant l'ambassade des États-Unis. Une trentaine de personnes, dont une quinzaine de policiers, ont été blessées, selon des responsables hospitaliers. Les vitres de deux restaurants McDonald's du centre-ville ont été brisées par les protestataires, présentés par les autorités comme des hooligans.

La police anti-émeute a tiré des balles en caoutchouc, lancé des grenades lacrymogènes et donné des charges à coup de matraque pour disperser les manifestants. Les émeutiers ont également lancé des pierres sur l'ambassade de Slovénie, pays qui exerce actuellement la présidence tournante de l'Union européenne. Les États-Unis et l'Union européenne sont accusés par les Serbes d'avoir encouragé le Kosovo à proclamer son indépendance.

Par ailleurs, deux grenades ont été lancées à Kosovska Mitrovica, dans le nord du Kosovo, sans faire de victimes. L'une a explosé dans la cour d'un tribunal de l'ONU, l'autre, lancée contre le bâtiment où doit s'installer la mission de supervision européenne, n'a pas explosé.

Avec l'Agence France-Presse, Associated Press, Libération et Reuters
 
 
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  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 18 février 2008 07h10
    Qu'attendons nous pour en faire autant ?
    Malgré les menaces politiques de Belgrade et Moscou et d'importants handicaps économiques (territoire petit sans porte sur la mer et sans grandes richesses naturelles, industries peu nombreuses et autres), rien n'a freiné le peuple kosovar dans son désir de devenir un pays souverain.

    Le Québec, lui, a beaucoup plus d'atouts de toutes sortes pour accéder à l'indépendance. Cependant, pour ce faire, il faut aussi de la volonté, ce qui manque à bien des citoyens québécois !

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 07h34
    Où est le Bloc? Où est le PQ?
    Le Kosovo déclare unilatéralement son indépendance, sans référendum, sans frontières reconnues, sans l'accord de la Serbie, sans l'accord des Russes et avec une minorité serbe (une fois et demie la minorité anglaise au Québec) terrifiée!
    Bref, le tat et sa clarté ont tout tout faux. Mais y'a personne au PQ et au Bloc pour le lui rappeler.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 08h16
    Petites différences M. Seb
    M. Seb écrit : «Mais bon, j'avoue que ce discours du président kosovar m'a fait rêver... À quand le Québec???»

    M. Stéphane, notre boute-en-train, vient de le dire : Pour se séparer d'un pays, faut avoir souffert comme les Kosovars l'ont été récemment aux mains des Serbes.

    Comme nous n'avons pas trop souffert au Québec depuis l'insurrection de nos Patriotes en 1837/38 qui a été rudement réprimée par les soldats Anglais, nous n'aurions pas droit au même droit "le nouveau droit Dion qui découle de la souffrance".

    Le Kosovo est très pauvre et la Serbie va boycotter ce nouvel état en plus. Bonne chance les finances Kosovares !

    La Serbie est devenue indépendante de la Yougoslavie qui se disait indivisible, le Kosovo vient de déclarer son indépendance de la Serbie qui se dit indivisible aussi et le Kosovo vient de se déclarer indivisible parce qu'une partie de son territoire voudrait s'en séparer pour joindre la Serbie "partition possible". Tout ça fait penser à la situation du Canada, du Québec et du West-Island de Montréal.

    Nous avons des problèmes de langues, eux ont des problèmes de religions "Chacun ses problèmes".

    Maintenant, on va surveiller les contorsions des explications d'Ottawa pour mieux expliquer pourquoi ils approuvent et reconnaissent le Kosovo de se séparer de la Serbie et comment ce principe ne peut pas s'appliquer au Québec à cause d'un manque de souffrance seulement ?

  • Etienne Merven
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 09h37
    Petite différence!
    Je ne pense pas que l'on puisse établir un parallèle entre le Kosovo et le Québec. Le Kosovo a souffert comme jamais le Québec n'a souffert et il n'avait plus rien à attendre de Belgrade. Il a donc déclaré unilatéralement son indépendance. Et c'était aussi la volonté de l'immense majorité des Kosovars!
    Ici, c'est différent, il y a eu deux référendums qui ont donné les résultats que l'on sait. Les Québécois vivent bien, il n'y a pas de guerre, pas de famine, pas de brimades, pas d'épuration ethnique, pas de menace immédiate. La grande majorité d'entre eux n'a plus la volonté de se séparer du Canada, car elle sait qu'elle a énormément à perdre et elle connaît les avantages qu'apporte la confédération. Je comprends que certaines personnes souhaitent encore ardemment que le Québec devienne indépendant, mais elles sont loin d'être représentatives de l'ensemble des Québécois.
    Cessons donc de rêver, retroussons nos manches et travaillons pour améliorer notre sort au Québec, au sein de la confédération.

  • andré michaud
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 09h48
    Différences énormes
    Une question claire et le support d'une grande majorité...voila ce qui a toujours manqué lors des référendums québécois. Certains veulent gagner à tout prix, même de façon malhonnête...Pourtant, sans ces deux points essentiels, il est certains qu'il y aurait des problèmes MAJEURS...et tous les gens de bonne foi le reconnaissent.Il faut penser aux citoyens avant de penser idéologie.

    Le Canada est un des très très rares pays reconnaissant le droit de césession dans sa constitution, et ne demandant qu'une question claire et une volonté évidente d'une grande majorité. On a vu avec la visite de Mario Dumont en catalogne que les citoyens de cette région aimeraient vivre dans un pays qui comme le Canada reconnait le droit de césession...

    Les séparatistes québécois doivent nous prouver que les citoyens québécois deviendraient plus riches et auraient plus de libertés individuelles, puis poser la question "Voulez-vous que la province de Québec devienne un pays?" Si 60% des citoyens disent oui, le gouvernement fédéral se pliera devant la volonté populaire CLAIRE et EVIDENTE!

  • William Ryan
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 09h48
    Ce n'est pas la même chose
    La raison qui explique que le Québec n'a pas fait ce pas se trouve dans les gulags, la torture, la mort des dissidents, les atrocités, les bombes, l'épuration ethnique etc. Il faut que ceux qui prônent l'indépendance du Québec convainquent la population du Québec de choisir leur option. Les Québécois l'ont rejeté deux fois. Vous ne vous rendez pas service à la cause si vous persistez à comparer le Québec à Kosovo, à l'Ukraine, ou même à la Catalogne. Ce n'est pas la même chose.

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 10h17
    Ce qu'il faut apprendre du Kosovo
    La question n'est pas de savoir si le Kosovo c'est comme le Québec mais de voir COMMENT le Kosovo est devenu indépendant, sans suivre la Loi de la Clarté à Dion et -et ça c'est le top!- avec l'aval de Dion.

    Est-ce que le Kosovo est viable sur le plan économique? Pantoute. C'est un pays pauvre et misérable. Enclavé en plus
    Est-ce que le Kosovo a tenu un référendum sur l'indépendance avec une majorité claire? Pantoute. ILs ont voté une résolution à main levée au parlement (les députés serbophones étaient absents)
    Est-ce que le Kosovo a négocié son indépendance avec la Serbie? Pantoute. Ils ont déclaré leur indépendance that's it
    Est-ce que le Kosovo respecte les droits de ses minorités? Pantoute, le 10% de Serbes est terrifié par ce qui se passe.

    Bref, les Kosovars ont tout fait ce qu'il ne faut pas faire selon la méthode Dion. Pourtant, ce dernier a le culot de les supporter!!!!
    Est-ce qu'il y a encore quelqu'un d'allumer au Bloc ou au PQ?

  • Jean Lapointe
    Abonné
    lundi 18 février 2008 10h48
    Dion cherche toujours à imposer sa volonté
    Quelle minable personnage! Les intérêts de qui défend-il d'après vous?

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2008

    Les peuples, tout comme les individus, aspirent à la liberté. Ils veulent être les maîtres de leur destin. L, indépendance nationale est donc une chose éminemment souhaitable en soi.

    Mais, en pratique, ce n'est pas nécessairement la meilleure chose à faire. En ce qui concerne le Kossovo, je ne peux me prononcer parce que je ne connais pas suffisamment la situation. Mais spontanément je suis de tout coeur avec eux.

    En ce qui concerne le Québec, dont je connais beaucoup mieux la situation, mon choix est fait depuis longtemps. C'est que l'indépendance nationale pour les Québec est éminemment souhaitable. Je dirais même qu'elle est nécessaire si nous voulons prendre en main notre destin.

    Et, comme elle ne peut que nous être profitable, je la veux cette indépendance et j'essaye de faire part pour qu'on y parvienne.

    Dion lui c'est un éteignoir. Il prétend s' appuyer sur la loi pour s'opposer à ce qu'un bon nombre de Québécois veulent mais il faut s'interroger sur ses véritables motivations.

    Le moins que je puisse dire c'est qu'elles sont douteuses ses motivations. Il me fait penser à une soeur directrice, comme celles que l'on retrouvrait dans plusieurs écoles, une soeur directrice qui veut à tout prix imposer sa volonté à ses «subordonnés» de peur qu'ils exagèrent de peur qu'ils aillent trop loin. J'ai l'impresssion que c'est un homme qui est inacapable de faire confiance à qui que ce soit. Il veut mener tout le monde parce qu'il se pense supérieur à tout le monde.

    Mais, objectivement, quels intérêts défend-il si ce n'est les intérêts des grandes entreprises canadiennes et les privilèges de la majorité canadian ? L'avenir du peuple dont il est issu il s'en fout comme l'an quarante j'en suis sûr. Lui il n' appartient à aucun peuple. Il trop imbu de lui-même.

  • Louis Lapointe
    Abonné
    lundi 18 février 2008 11h48
    La partition
    Bonjour M. Shields,

    Et si le Canada reconnaissait la déclaration d'indépendance du Kosovo en l'interprétant comme étant la partition d'une ancienne entité de la Yougoslavie.

    Il en ferait alors un précédent pour la partition du Québec advenant une éventuelle séparation de celui-ci. Cela serait cohérent avec la reconnaissance antérieure de la nation québécoise par le gouvernement Harper dont le caractère ethnique est toujours demeuré ambigu au sein du Bloc Québécois à cause d'une division entre les tenants d'une nation civique et ceux d'une nation ethnique au sein du mouvement souverainiste. On voit maintenant le danger que constitue la position de nombreux nationalistes québécois, dont l'idéologue Mathieu Bock-Côté, à l'effet que la nation québécoise est avant tout ethnique et non pas civique.

    Suivant cette nouvelle théorie de la partition ethnique, s'appuyant sur le précédent du Kosovo à laquelle se rangerait probablement Stéphane Dion, il existerait au Québec deux nations ethniques, celle formée par les Québécois de souche et celle des Canadiens d'appartenance, comme il y avait en Serbie des Albanais et des Serbes. Dans cette perspective, la situation du Québec se comparerait à celle de la Serbie et celle du sud-ouest du Québec, au Kosovo.

    Pour les défenseurs de cette nouvelle théorie, il aura maintenant un précédent pour défendre à l'échelle internationale l'idée que si on peut séparer une ancienne République de l'ex-Yougoslavie, on peut également séparer une ancienne province du Canada. Il ne faut surtout pas oublier que la fédération canadienne est perçue à l'échelle mondiale comme étant un modèle de décentralisation. Ce n'est un secret pour personne, le Québec est déjà considéré à plusieurs égards comme étant un État autonome au sein d'une confédération très décentralisée.

    En s'inspirant du précédent du Kosovo, nul doute que la Cour Suprême du Canada pourrait rendre un jugement plus nuancé qu'elle n'aurait pu le faire auparavant, advenant une demande de renvoi au sujet d'une hypothétique partition du sud-ouest du Québec, dans l'éventualité d'une séparation du Québec.

    Ce ne serait pas la première fois qu'on subdiviserait le territoire québécois en contexte de droit international et constitutionnel. Si on a pu céder auparavant le Labrador à Terre-Neuve à l'occasion de son entrée dans la fédération canadienne, qu'est-ce qui empêcherait la Cour Suprême d'accorder la succession de la province du Québec au sud-ouest du Québec partitionné?

    Il n'y ne serait donc plus uniquement question de partition, mais plutôt de succession d'une province déjà existante sur un territoire partitionné. Dans cette éventualité, le sud-ouest du Québec demeurerait la dixième province du Québec. La partition deviendrait alors une condition suspensive dans l'éventualité d'une déclaration d'indépendance du Québec.

    Ce serait alors les indépendantistes québécois qui enclencheraient le mécanisme de partition en déclarant leur indépendance, sans que cela affecte pour autant la survie de la dixième province canadienne circonscrite au sud-ouest du Québec et occupée par d'anciens Québécois d'appartenance canadienne. Il y aurait deux Québec, comme il y a plusieurs Congo, et il y aurait une nation ethnique québécoise, comme le défend avec tant de ferveur Mathieu Bock-Côté.

    Ce ne serait pas la première fois que la Cour Suprême inventerait une nouvelle théorie constitutionnelle défavorisant le Québec. D'ailleurs, c'est une tendance lourde depuis l'abolition de tout recours au Conseil privé de Londres.

    Louis Lapointe
    Brossard

  • Svetozar Vesic
    Abonné
    lundi 18 février 2008 13h24
    quelques "oublis" et "omissions"...
    comme d'habitude les médias nous servent la pilule qui est facile à avaler, le Kosovo se proclame indépendant, quel beau progrès de la démocratie dans le monde, tout le monde il est heureux et on passe à autre chose.
    Que l'Albanie et le Kosovo peuplé à 90% d'albanophones soit la plaque tournante de l'Europe pour la drogue, les armes et le blanchiment d'argent depuis des années, personne n'en dit mot; que les richesses naturelles (mines de Chrome, pétrole) qui y sont présentes en grandes quantité soient lorgnées par les grands intérêts occidentaux, on n'en parle pas, que l'autoproclamé 1er ministre Thaci soit un terroriste reconnu entraîné et financé par des groupes mafieux pour former le KLA, ça c'est pas grave, que le Kosovo soit le berceau de la civilisation Serbe, bien avant qu'il ne soit envahi par l'Empire Ottoman, ça n'a plus aucun intérêt de nos jours... et j'en passe.
    Non, ce qui compte aujourdh'hui, c'est de rappeler ce que les méchants Serbes ont fait aux Kosovars, pas ce que leur ont réservé les puissances occidentales pour l'avenir, elles qui se frottent les mains maintenant que leur plan (élaboré bien avant même les accords de Dayton en 95) a été mis à exécution avec succès. Continuons de gober ce qui est présenté en surface par les médias, et retournons vaquer à nos préoccupations quotidiennes, d'autres se chargeront de nous concocter les vérités auxquelles nous devrons croire.

  • andré michaud
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 13h33
    Kosovo non-indépendantOSOVO à 90%
    Selon une spécialiste,prof de l'Université de Montréal, l'économie du Kozovo tient à 90% à l'aide sociale de l'Europe...Donc le Québec est plus "autonome" que le Kosovo malgré ...les 16 milliards annuel du fédéral . Un autre preuve, comme la pluspart des pays africains, que le mot indépendance ne signifie pas automatiquement autonomie, et parfois c'est même le contraire! Les droits individuels et la force d'une économie sont plus important pour les citoyens que les déclarations d'indépendance politique qui ne sont que idéologiques.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 13h59
    @ Louis Lapointe
    Vous avez raison M. Louis Lapointe qui écrivez : «On voit maintenant le danger que constitue la position de nombreux nationalistes québécois, dont l'idéologue Mathieu Bock-Côté, à l'effet que la nation québécoise est avant tout ethnique et non pas civique.»

    Ça donnerait raison de faire la partition du Québec qui comprendrait probablement tout ce qui voterait contre l'indépendance du Québec comme le West Island de Montréal, l'Outaouais, Westmount, les réserves indiennes et tout le nord du Québec à partir de la toundra.

    D'une façon ou d'une autre, le nouveau principe de M. Dion à l'effet qu'un pays peut plus accéder à l'indépendance, seulement s'il a souffert de façon importante, ne nous permettrait pas de déclarer l'indépendance du Québec.

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 18 février 2008 14h10
    Pourquoi eux et pas nous???
    Malgré les menaces politiques de Belgrade et Moscou et d'importants handicaps économiques (territoire petit sans porte sur la mer et sans grandes richesses naturelles, industries peu nombreuses et autres), rien n'a freiné le peuple kosovar dans son désir de devenir un pays souverain.
    Bernard Gervais

    Pourquoi les pays comme les États-Unis ne reconnaîtraient-ils pas le Québec, une grande nation d'Amérique du Nord, comme indépendant??? Ils reconnaissent le Kosovo...
    Seb

    Le Kosovo déclare unilatéralement son indépendance, sans référendum, sans frontières reconnues, sans l'accord de la Serbie, sans l'accord des Russes et avec une minorité serbe
    Jacques Noël

    *****

    À tous ceux qui se posent la question pourquoi le Kosovo et pas nous?
    Je répondrais par une autre question:
    Combien de drapeaux des États-Unis flotteraient dans notre défilé d'indépendance?
    Voilà la réponse à leur questionnement.

    Certains disent que les Kosovars méritent leur indépendance... ils ont tellement souffert!
    Pourquoi donc les Kosovars sont-ils indépendants? Malgré les menaces de Belgrade et de Moscou, malgré cette économie dérisoire, sans porte sur la mer, sans ressources naturelles, sans pétrole? Le Kosovo, sans référendum, sans frontières reconnues déclare son indépendance!
    Pourquoi donc les États-Unis reconnaissent-ils le Kosovo et ne reconnaîtrait pas le Québec qui, sans l'ombre d'un doute, a tout pour être un pays indépendant fort et autonome?

    L'indépendance du Kosovo a-t-elle vraiment été voulue et vraiment désirée par les Kosovars? Ou si cette idée leur a été inséminée en douce.
    Je crois que les États-Unis désiraient l'indépendance du Kosovo, avec encore plus de ferveur que les Kosovars eux-mêmes.

    Si demain, on déclare l'indépendance du Québec, combien de drapeaux états-uniens vont-il flotter dans le cortège des festivités? Aucun.
    C'est pour cette raison que, pour nous, l'accession à l'indépendance est une lutte interminable.

    Les Kosovars ne sont définitivement pas les seuls artisans de leur indépendance.
    Voilà la différence entre nous et eux.
    Ce pays est un point géostratégique important pour l'empire US.
    Radars, boucliers à missiles, concentrations des forces du bien, s'agglutineront, peu à peu, aux portes de la désuète puissance russe.
    La Birmanie est un autre territoire convoité par l'empire pour se positionner sur un des flans de la redoutable puissance chinoise.
    On parle peut-être trop des Kosovars et pas assez du positionnement stratégique.
    Seul l'avenir nous répondra sur les vrais enjeux.
    La réponse sera dans la souffrance de cette enclave.



    Les Kosovars vivaient relativement en paix après ces années de tourmentes. Que leur réserve le futur?
    J'ai l'impression qu'un autre peuple va encore souffrir pour les enjeux mondiaux de la puissance impériale.


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Gérard Guay
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 14h37
    Ça prend des couilles et l'amour de son pays, voilà la différence...
    Voilà un peuple qui se tient debout et qui n'a pas besoin de palabres inutiles ni de grandes considérations pour décider ce qu'il fera.
    Voilà un peuple qui sait qu'il aura des difficultés à faire avaler son choix à l'Europe mais qui a décidé de donner un avenir à ses enfants, en dépit de tout.
    C'est ça la différence. Ce n'est pas un peuple de pouilleux assis dans une obscure taverne en train de se plaindre, une grosse bière à la main. Aucun "danger" que pareil scénario n'arrive ici. Nos concitoyens n'ont même pas le courage d'aller tenir le crayon qui permettrait de s'émanciper. Alors, chers Patriotes de 37-38, vous pouvez vous recoucher et vous tourner dans vos tombes en continuant d'avoir honte... et de pleurer en silence.
    Il y a longtemps que je n'espère plus rien du peuple d'ici qui est devenu veule et sans épine dorsale. Un peuple qui a perdu toute fierté et qui s'exprime maintenant en "chiak".
    Un peuple qui ne sait que conjuguer la soirée du hockey, le banquier et la grosse bière et pour qui les notions de langue et de pays riment avec banque et tapis. Heurk !

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 18 février 2008 15h13
    Il fallait s'y attendre
    Il fallait s'attendre à ce que les fédéralistes (qui en général ne savent pas pourquoi ils le sont) s'empressent de souligner les différences entre la situation du Kosovo et celle du Québec. Ce barrage de c'est-pas-pareil sert à masquer une ressemblance majeure : la volonté d'un peuple à vivre debout. Mais ça, ça ne fait pas très sérieux. N'est-ce pas Stéphane ?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 16h53
    @ Gérard Guay
    M. Gérard Guay nous décrit : «Un peuple de pouilleux assis dans une obscure taverne en train de se plaindre, une grosse bière à la main.»

    Ayoye ! Ce n'est pas comme ça que vous allez convertir les Québécois à votre option constitutionnelle. J'espère que c'est le dépit qui vous fait écrire ainsi parce qu'autrement, vous ne devriez pas trop vous forcer pour "libérer" ce genre de...monde.

    Ne vous découragez pas trop vite. Pour l'instant, vous êtes mieux de vivre ici qu'au Kosovo même s'ils sont indépendants...eux mais pour le reste.

  • Svetozar Vesic
    Abonné
    lundi 18 février 2008 16h59
    Pourquoi eux et pas nous ? facile...
    S. Charbonneau dans sa lettre de réaction est-il l'un des seuls à avoir vu le drapeau U.S. flotter à tous vents lors de la joie exprimée par les Kosovars ? bien sûr qu'ils vont les remercier, puisque ce sont eux les architectes de toute cette magouille (quoi d'étonnant d'ailleurs...). Les Kosovars auront maintenant quelques % de leur superficie "empruntée" par des bases US, et ces derniers sont très contents de pouvoir avoir un pied-à-terre en sol européen, non loin de la Russie...
    Bref, si le Québec veut l'indépendance, qu'il s'adresse aux U.S. avec un bon "deal"... mais acceptera-t-il de vivre avec toutes les conséquences? (comme brandir leur drapeau pour les remercier ?)

  • henri gabrysz
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 18h45
    beau titre
    même pas besoin de lire la suite pour voir dans l'azur du ciel le rêve et l'espoir des quistes de kystes


    mais le Kosovo a brandi le star spangled banner... et les kystes de quistes aujourd'hui seraient depuis longtemps indépendants s'ils avaient accepté l'aide des yankees en 1837

  • Nicolas Renaud
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 19h08
    couverture médiatique lamentable
    Les seuls propos réfléchis lus et entendus jusqu'ici, dans les médias comme dans ces réactions, ce sont les mots de M. Vesic plus bas. Tout le reste est exaltation naïve, désinformation et comparaisons douteuses avec nous-mêmes.

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 22h25
    Le drapeau étoilé!
    Voilà le commanditaire qu'il nous faut! Et tous les fédéralistes en seront confondus! Le drapeau étoilé que je vois nous commanditer sera celui de la Chine!

    Puissance économique reconnue mondialement, connaissant le savoir-faire québecois dans les domaines de l'hydro-électricité et des coopératives, la Chine est le parrain idéal pour le Québec indépendant.

    Et comme Mme Payette nous l'a révélée récemment, certains chinois comprennent le français! Quelle aubaine! :D

    Monsieur Desmarais, il est temps de faire jouer vos contacts chez la CITIQ, un homme décoré de la légion d'honneur tel que vous est un acteur majeur de notre indépendance! Tout le Québec est derrière vous! ;)

  • Dominic Pageau
    Abonné
    mardi 19 février 2008 00h59
    Je ne peux qu'approuver monsieur Vesic
    Ça me fait rire les omissions, on fait passer les Kosovars d'origine albanaise comme des victimes minoritaires qui ont été victime de nettoyage éthnique, voire de génocide alors qu'ils sont largement majoritaire au Kosovo et ce depuis fort longtemps. De plus, bien que controler par les Serbes, il n'y avait pas d'oppression systematique au Kosovo. C'est la majoritaire albanaise qui a débuté les hostilités en repopularisant le projet de la grande Albanie qui vise fusionner le Kosovo avec l'Albanie. Pour ce faire, ils ont commencé à nettoyer le Kosovo des indésirables, les Serbes. Puis la Serbie a réagi et a usé de militaire et paramilitaire pour répondre aux actes inhumains commis par les Albanais du Kosovo. Bref, l'OTAN, dont nous même, a prêté main forte à des terroristes sanguinaires albanais afin qu'ils puissent prendre le controle du Kosovo.

    Alors pour répondre aux fédéralistes qui disent que le Kosovo et le Québec ne sont pas comparable, que les Kosovars sont des victimes et nous des petits braillards nés dans la ouate, je dis qu'au Québec, contrairement au Kosovo, les Québecois ne se sont pas mis à tuer "l'occupant" comme des sauvages. Si je suis le résonnement(l'erreur est volontaire) des fédéralistes il faudrait qu'on prenne les armes contre le Canada anglais pour pouvoir se séparer. Comme ça, le canada va répliquer avec son armée, faisant de nous des victimes à qui on ne pourra pas refuser la souvertaineté. Je me demande aussi une autre chose, pourquoi l'entrée de Terre-Neuve dans le Canada qui a été voté après 3 référdum à seulement 50% est légitime, voire irrévocable, mais un vote à 50% oui à un troisième référendum sur la souveraineté au Québec ne serait pas légitime? Vous savez c'est quoi être conséquent?

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 19 février 2008 16h42
    @ Dominic Pageau
    M. Dominic Pageau qui demande : «pourquoi l'entrée de Terre-Neuve dans le Canada qui a été voté après 3 référendum à seulement 50% est légitime, voire irrévocable, mais un vote à 50% oui à un troisième référendum sur la souveraineté au Québec ne serait pas légitime?».

    Réponse scientifique canadienne qui pourrait venir directement de M. Dion, notre nouveau boute-en-train qui vient d'inventer un nouveau principe mondial : la souffrance donne des droits pour l'indépendance : Parce qu'il est plus facile d'entrer que de sortir d'un pays ou de la mafia comme la pâte dentifrice du tube.

  • henri gabrysz
    Inscrit
    vendredi 22 février 2008 08h13
    une marque de cornichons
    ...Vesic?

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