Le Kosovo, «fier et libre»
Un grand rêve se réalise malgré Belgrade et Moscou
Photo : Agence Reuters
Les Kosovars du monde entier ont accueilli dans une explosion de joie (comme ici à Berlin) la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo.
Journée historique hier pour le Kosovo, qui a proclamé unilatéralement son indépendance, rêve de plusieurs générations d'Albanais de cette désormais ex-province du sud de la Serbie. Une déclaration rejetée catégoriquement par Belgrade, avec le soutien de la Russie qui réclame son annulation. Et dans une région où les tensions ethniques sont vives, la crainte de voir la situation dégénérer est bien réelle.
«Le Kosovo est une République, un État indépendant, démocratique et souverain», a déclaré le président du Parlement kosovar, Jakup Krasniqi, sous un tonnerre d'applaudissements des députés qui venaient de voter à l'unanimité la proclamation fondatrice, au cours d'une session extraordinaire.
«Nous n'avons jamais perdu foi dans le rêve qu'un jour nous compterions parmi les nations libres du monde», avait lancé auparavant l'ancien guérillero devenu premier ministre, Hashim Thaci. Le Kosovo, a-t-il dit, est désormais «fier et libre» et ne sera «plus jamais» gouverné par Belgrade. Jakup Krasniqi, Hashim Thaci et le président kosovar Fatmir Sejdiu ont paraphé la proclamation, consignée sur un parchemin, avant de dévoiler le nouveau drapeau: une carte du Kosovo dorée sur fond bleu clair avec six étoiles, une pour chacun des six principaux groupes ethniques du Kosovo.
«Nous, les dirigeants démocratiquement élus de notre peuple, déclarons par la présente que le Kosovo est un État indépendant et souverain», dit le texte, après un préambule évoquant les souffrances du passé et regrettant l'absence d'un accord avec Belgrade. La République du Kosovo veut s'inscrire d'entrée dans la «famille européenne» et dans le cadre du plan Ahtisaari qui a ouvert la voie à l'indépendance, soumise pour une durée indéterminée à une supervision internationale.
Le premier ministre Thaci a d'ailleurs souhaité la «bienvenue» à la mission de l'Union européenne, baptisée Eulex, qui doit se déployer au Kosovo pour superviser les débuts de l'indépendance. Forte à terme de 1800 personnes, elle devrait prendre le relais de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) afin d'assister les institutions kosovares, principalement au chapitre de la police et de la justice. La MINUK a commencé à administrer le Kosovo en 1999, après que des bombardements de l'OTAN eurent contraint le président Slobodan Milosevic à retirer de la province les forces serbes, qui combattaient la guérilla de l'Armée de libération du Kosovo. Une force commandée par l'OTAN, la KFOR, est chargée depuis 1999 d'assurer la sécurité au Kosovo.
Respect des Serbes
Dans son discours, M. Thaci a aussi insisté sur le respect du caractère «pluriethnique» de la nouvelle république. «Aucune des minorités ne doit avoir peur», a-t-il assuré, lisant ensuite laborieusement quelques mots en serbe, l'autre langue officielle de cette «ex-province» désormais peuplée à 90 % d'Albanais de souche, majoritairement musulmans: «C'est aussi pour vous des temps nouveaux qui commencent.»
Ce discours, les 120 000 derniers Serbes du Kosovo ont pour la plupart refusé de l'entendre, terrés dans leurs enclaves protégées par les 17 000 hommes de la KFOR. Déjà, ignorant par avance la souveraineté kosovare, ils ont annoncé dès vendredi qu'ils organiseraient dans leurs zones les élections municipales prévues en mai en Serbie et formeraient leur propre «Parlement du Kosovo». Parmi les scénarios possibles figure une sécession du nord du Kosovo, où vivent 40 000 des 120 000 Serbes sur le territoire.
Les Albanais du Kosovo, eux, avaient toutefois le coeur à la fête. Des dizaines de milliers sont descendus dans les rues, au centre de Pristina, capitale du Kosovo. «L'indépendance était le rêve de mon grand-père comme de mon père, et j'ai grandi avec cet espoir», a lancé Agim Berhami au journal français Libération. Il brandissait le quotidien Expres, dont la une était barrée d'un immense «Fuck YU» — Yu pour Yougoslavie — avec au-dessus les portraits de Slobodan Milosevic, l'ex-homme fort de Belgrade, de Tito, qui créa la Yougoslavie socialiste, et du roi Nicolas Pasic.
Il aura fallu un siècle pour que le rêve devienne réalité. «Mieux vaut tard que jamais, les Européens réparent enfin leur erreur du début du XXe siècle, quand ils avaient donné le Kosovo à la Serbie», a quant à lui expliqué Povataj Kushtrim, parti en France avec ses parents en 1991 peu après la suppression du statut d'autonomie par Milosevic.
Rejet total
Sans surprise, la Serbie a prévenu qu'elle s'opposerait par tous les moyens «diplomatiques, politiques et économiques» à une proclamation «illégale». «La Serbie ne reconnaîtra jamais l'indépendance du Kosovo», a répété le président, Boris Tadic. Il a par la même occasion demandé aux institutions internationales de déclarer «nulle et non avenue» cette déclaration qui «viole les principes fondamentaux du droit international».
Le ministre serbe chargé du Kosovo, Slobodan Samardzic, a pour sa part affirmé que Belgrade renforcerait sa présence dans l'enclave serbe du nord du Kosovo (environ 15 % du nouveau pays), agitant le spectre d'une sécession et d'un rattachement à la Serbie.
«Pour la Serbie, il n'y a pas et il n'y aura jamais d'État fantoche du Kosovo sur son territoire», a renchéri le premier ministre serbe, le nationaliste Vojislav Kostunica. Il s'en est même pris au président américain George W. Bush et à «ses partisans européens» qui ont encouragé les Albanais à proclamer l'indépendance. «La politique destructrice, cruelle et immorale des États-Unis a conduit à cette illégalité sans précédent», a-t-il lancé.
À Moscou, la Russie, alliée de Belgrade, a aussitôt réclamé l'annulation de la proclamation et a demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette dernière a eu lieu, mais elle a simplement permis de constater que le Conseil était divisé sur la question. «Aucun pays n'a soutenu la demande de la Russie d'annuler la proclamation d'indépendance du Kosovo», a déclaré l'ambassadeur de Grande-Bretagne, John Sawers.
Quoi qu'il en soit, ont martelé les Russes, cette proclamation constitue «une violation de la souveraineté de la Serbie», «de la Charte de l'ONU et de la résolution 1244 du Conseil de sécurité» qui a mis fin au conflit de 1998-1999, selon le ministère russe des Affaires étrangères.
La Chine est «très préoccupée» par la déclaration d’indépendance du Kosovo, a fait savoir ce lundi le ministre chinois des Affaires étrangères.
La Chine, qui est membre du Conseil de sécurité de l’ONU, craint que cette déclaration d’indépendance ne fasse du tort à la paix et à la stabilité dans les Balkans et ne sape les efforts pour créer une société multiethnique dans la région, a déclaré le ministre Liu Jianchao.
Appels à la modération
Washington a «pris note» de la proclamation et a appelé toutes les communautés du Kosovo au calme. «Nous évaluons cette question et nous en discutons avec nos alliés européens», a déclaré le porte-parole du département d'État, Sean McCormack. Les États-Unis, qui ont été les principaux artisans de l'indépendance du Kosovo, appellent toutes les parties «à exercer la plus haute retenue et à s'abstenir de toute provocation», a-t-il poursuivi.
Plusieurs pays de l'Union européenne ont eux aussi pris acte de la proclamation kosovare et ont appelé à la modération, dans l'attente d'une déclaration officielle qui devrait être faite aujourd'hui à Bruxelles à l'issue d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères. La majorité de ses membres sont prêts à la reconnaître. Mais six pays (Chypre, Grèce, Espagne, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie) ont dit clairement qu'ils ne la reconnaîtraient pas, la jugeant dangereuse car de nature à alimenter les séparatismes partout dans le monde.
Signe de la réalité de cette possibilité, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, deux régions séparatistes et pro-russes de Géorgie, ont annoncé peu après la proclamation kosovare qu'elles allaient demander à la Russie et à l'ONU de reconnaître leur indépendance. Et le Sri Lanka, qui combat les séparatistes tamouls, a estimé que la proclamation kosovare, cette «violation de la Charte des Nations unies», était un «grave précédent» qui pourrait «constituer une menace grave pour la paix et la sécurité internationale».
Le Kosovo étant géré par l'ONU et l'OTAN y patrouillant depuis la fin de la guerre entre les forces serbes et les Albanais du Kosovo en 1999, la force de l'OTAN au Kosovo, la KFOR, a annoncé qu'elle allait «continuer à assumer ses responsabilités», «sauf décision contraire du conseil de sécurité de l'ONU», a dit le secrétaire général de l'organisation après la proclamation d'indépendance.
Violences
Signe des tensions qui règnent dans la région, des violences ont éclaté hier soir dans la capitale serbe, Belgrade, où des échauffourées ont opposé plusieurs centaines de militants ultranationalistes aux policiers anti-émeute, notamment devant l'ambassade des États-Unis. Une trentaine de personnes, dont une quinzaine de policiers, ont été blessées, selon des responsables hospitaliers. Les vitres de deux restaurants McDonald's du centre-ville ont été brisées par les protestataires, présentés par les autorités comme des hooligans.
La police anti-émeute a tiré des balles en caoutchouc, lancé des grenades lacrymogènes et donné des charges à coup de matraque pour disperser les manifestants. Les émeutiers ont également lancé des pierres sur l'ambassade de Slovénie, pays qui exerce actuellement la présidence tournante de l'Union européenne. Les États-Unis et l'Union européenne sont accusés par les Serbes d'avoir encouragé le Kosovo à proclamer son indépendance.
Par ailleurs, deux grenades ont été lancées à Kosovska Mitrovica, dans le nord du Kosovo, sans faire de victimes. L'une a explosé dans la cour d'un tribunal de l'ONU, l'autre, lancée contre le bâtiment où doit s'installer la mission de supervision européenne, n'a pas explosé.
Avec l'Agence France-Presse, Associated Press, Libération et Reuters
«Le Kosovo est une République, un État indépendant, démocratique et souverain», a déclaré le président du Parlement kosovar, Jakup Krasniqi, sous un tonnerre d'applaudissements des députés qui venaient de voter à l'unanimité la proclamation fondatrice, au cours d'une session extraordinaire.
«Nous n'avons jamais perdu foi dans le rêve qu'un jour nous compterions parmi les nations libres du monde», avait lancé auparavant l'ancien guérillero devenu premier ministre, Hashim Thaci. Le Kosovo, a-t-il dit, est désormais «fier et libre» et ne sera «plus jamais» gouverné par Belgrade. Jakup Krasniqi, Hashim Thaci et le président kosovar Fatmir Sejdiu ont paraphé la proclamation, consignée sur un parchemin, avant de dévoiler le nouveau drapeau: une carte du Kosovo dorée sur fond bleu clair avec six étoiles, une pour chacun des six principaux groupes ethniques du Kosovo.
«Nous, les dirigeants démocratiquement élus de notre peuple, déclarons par la présente que le Kosovo est un État indépendant et souverain», dit le texte, après un préambule évoquant les souffrances du passé et regrettant l'absence d'un accord avec Belgrade. La République du Kosovo veut s'inscrire d'entrée dans la «famille européenne» et dans le cadre du plan Ahtisaari qui a ouvert la voie à l'indépendance, soumise pour une durée indéterminée à une supervision internationale.
Le premier ministre Thaci a d'ailleurs souhaité la «bienvenue» à la mission de l'Union européenne, baptisée Eulex, qui doit se déployer au Kosovo pour superviser les débuts de l'indépendance. Forte à terme de 1800 personnes, elle devrait prendre le relais de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) afin d'assister les institutions kosovares, principalement au chapitre de la police et de la justice. La MINUK a commencé à administrer le Kosovo en 1999, après que des bombardements de l'OTAN eurent contraint le président Slobodan Milosevic à retirer de la province les forces serbes, qui combattaient la guérilla de l'Armée de libération du Kosovo. Une force commandée par l'OTAN, la KFOR, est chargée depuis 1999 d'assurer la sécurité au Kosovo.
Respect des Serbes
Dans son discours, M. Thaci a aussi insisté sur le respect du caractère «pluriethnique» de la nouvelle république. «Aucune des minorités ne doit avoir peur», a-t-il assuré, lisant ensuite laborieusement quelques mots en serbe, l'autre langue officielle de cette «ex-province» désormais peuplée à 90 % d'Albanais de souche, majoritairement musulmans: «C'est aussi pour vous des temps nouveaux qui commencent.»
Ce discours, les 120 000 derniers Serbes du Kosovo ont pour la plupart refusé de l'entendre, terrés dans leurs enclaves protégées par les 17 000 hommes de la KFOR. Déjà, ignorant par avance la souveraineté kosovare, ils ont annoncé dès vendredi qu'ils organiseraient dans leurs zones les élections municipales prévues en mai en Serbie et formeraient leur propre «Parlement du Kosovo». Parmi les scénarios possibles figure une sécession du nord du Kosovo, où vivent 40 000 des 120 000 Serbes sur le territoire.
Les Albanais du Kosovo, eux, avaient toutefois le coeur à la fête. Des dizaines de milliers sont descendus dans les rues, au centre de Pristina, capitale du Kosovo. «L'indépendance était le rêve de mon grand-père comme de mon père, et j'ai grandi avec cet espoir», a lancé Agim Berhami au journal français Libération. Il brandissait le quotidien Expres, dont la une était barrée d'un immense «Fuck YU» — Yu pour Yougoslavie — avec au-dessus les portraits de Slobodan Milosevic, l'ex-homme fort de Belgrade, de Tito, qui créa la Yougoslavie socialiste, et du roi Nicolas Pasic.
Il aura fallu un siècle pour que le rêve devienne réalité. «Mieux vaut tard que jamais, les Européens réparent enfin leur erreur du début du XXe siècle, quand ils avaient donné le Kosovo à la Serbie», a quant à lui expliqué Povataj Kushtrim, parti en France avec ses parents en 1991 peu après la suppression du statut d'autonomie par Milosevic.
Rejet total
Sans surprise, la Serbie a prévenu qu'elle s'opposerait par tous les moyens «diplomatiques, politiques et économiques» à une proclamation «illégale». «La Serbie ne reconnaîtra jamais l'indépendance du Kosovo», a répété le président, Boris Tadic. Il a par la même occasion demandé aux institutions internationales de déclarer «nulle et non avenue» cette déclaration qui «viole les principes fondamentaux du droit international».
Le ministre serbe chargé du Kosovo, Slobodan Samardzic, a pour sa part affirmé que Belgrade renforcerait sa présence dans l'enclave serbe du nord du Kosovo (environ 15 % du nouveau pays), agitant le spectre d'une sécession et d'un rattachement à la Serbie.
«Pour la Serbie, il n'y a pas et il n'y aura jamais d'État fantoche du Kosovo sur son territoire», a renchéri le premier ministre serbe, le nationaliste Vojislav Kostunica. Il s'en est même pris au président américain George W. Bush et à «ses partisans européens» qui ont encouragé les Albanais à proclamer l'indépendance. «La politique destructrice, cruelle et immorale des États-Unis a conduit à cette illégalité sans précédent», a-t-il lancé.
À Moscou, la Russie, alliée de Belgrade, a aussitôt réclamé l'annulation de la proclamation et a demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. Cette dernière a eu lieu, mais elle a simplement permis de constater que le Conseil était divisé sur la question. «Aucun pays n'a soutenu la demande de la Russie d'annuler la proclamation d'indépendance du Kosovo», a déclaré l'ambassadeur de Grande-Bretagne, John Sawers.
Quoi qu'il en soit, ont martelé les Russes, cette proclamation constitue «une violation de la souveraineté de la Serbie», «de la Charte de l'ONU et de la résolution 1244 du Conseil de sécurité» qui a mis fin au conflit de 1998-1999, selon le ministère russe des Affaires étrangères.
La Chine est «très préoccupée» par la déclaration d’indépendance du Kosovo, a fait savoir ce lundi le ministre chinois des Affaires étrangères.
La Chine, qui est membre du Conseil de sécurité de l’ONU, craint que cette déclaration d’indépendance ne fasse du tort à la paix et à la stabilité dans les Balkans et ne sape les efforts pour créer une société multiethnique dans la région, a déclaré le ministre Liu Jianchao.
Appels à la modération
Washington a «pris note» de la proclamation et a appelé toutes les communautés du Kosovo au calme. «Nous évaluons cette question et nous en discutons avec nos alliés européens», a déclaré le porte-parole du département d'État, Sean McCormack. Les États-Unis, qui ont été les principaux artisans de l'indépendance du Kosovo, appellent toutes les parties «à exercer la plus haute retenue et à s'abstenir de toute provocation», a-t-il poursuivi.
Plusieurs pays de l'Union européenne ont eux aussi pris acte de la proclamation kosovare et ont appelé à la modération, dans l'attente d'une déclaration officielle qui devrait être faite aujourd'hui à Bruxelles à l'issue d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères. La majorité de ses membres sont prêts à la reconnaître. Mais six pays (Chypre, Grèce, Espagne, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie) ont dit clairement qu'ils ne la reconnaîtraient pas, la jugeant dangereuse car de nature à alimenter les séparatismes partout dans le monde.
Signe de la réalité de cette possibilité, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, deux régions séparatistes et pro-russes de Géorgie, ont annoncé peu après la proclamation kosovare qu'elles allaient demander à la Russie et à l'ONU de reconnaître leur indépendance. Et le Sri Lanka, qui combat les séparatistes tamouls, a estimé que la proclamation kosovare, cette «violation de la Charte des Nations unies», était un «grave précédent» qui pourrait «constituer une menace grave pour la paix et la sécurité internationale».
Le Kosovo étant géré par l'ONU et l'OTAN y patrouillant depuis la fin de la guerre entre les forces serbes et les Albanais du Kosovo en 1999, la force de l'OTAN au Kosovo, la KFOR, a annoncé qu'elle allait «continuer à assumer ses responsabilités», «sauf décision contraire du conseil de sécurité de l'ONU», a dit le secrétaire général de l'organisation après la proclamation d'indépendance.
Violences
Signe des tensions qui règnent dans la région, des violences ont éclaté hier soir dans la capitale serbe, Belgrade, où des échauffourées ont opposé plusieurs centaines de militants ultranationalistes aux policiers anti-émeute, notamment devant l'ambassade des États-Unis. Une trentaine de personnes, dont une quinzaine de policiers, ont été blessées, selon des responsables hospitaliers. Les vitres de deux restaurants McDonald's du centre-ville ont été brisées par les protestataires, présentés par les autorités comme des hooligans.
La police anti-émeute a tiré des balles en caoutchouc, lancé des grenades lacrymogènes et donné des charges à coup de matraque pour disperser les manifestants. Les émeutiers ont également lancé des pierres sur l'ambassade de Slovénie, pays qui exerce actuellement la présidence tournante de l'Union européenne. Les États-Unis et l'Union européenne sont accusés par les Serbes d'avoir encouragé le Kosovo à proclamer son indépendance.
Par ailleurs, deux grenades ont été lancées à Kosovska Mitrovica, dans le nord du Kosovo, sans faire de victimes. L'une a explosé dans la cour d'un tribunal de l'ONU, l'autre, lancée contre le bâtiment où doit s'installer la mission de supervision européenne, n'a pas explosé.
Avec l'Agence France-Presse, Associated Press, Libération et Reuters
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