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Paradoxes sur le Kosovo

Quelques leçons et paradoxes sur le Kosovo, qui accède aujourd'hui à l'indépendance, entre la colère des uns, les applaudissements des autres... et quelques silences embarrassés.
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    dimanche 17 février 2008 23h11
    Sans fondement. Un délire...
    Sans fondement aucun, j'ai juste envie de jouer au devin, comme ça, juste pour le plaisir.

    Première prédiction:
    Le Canada ne tardera pas à reconnaître ce nouveau pays où le drapeau états-unien flotte partout.

    Deuxième prédiction:
    Je vois dans ma boule de cristal, (je deviens gaga!) oui je vois, l'OTAN demander du renfort pour défendre ce jeune pays.

    Le Kosovo, quel magnifique territoire pour le bouclier à missile!
    Les ondes de ma boule de cristal ne parviennent pas à m'éclairer concernant la réaction de la dictature de Poutine. Et la Chine...?

    Le délire:
    Chose sûre, cette situation fait en sorte que nous aurons besoin de beaucoup d'armes pour défendre la démocratie, ce qui est très intéressant lorsqu'on a investi dans l'armement.
    De bonnes années en perspective.

    Et de la chair à canon... on en aura probablement besoin.
    Poutine va-t-il aller jusqu'à pointer ses missiles vers l'Europe?
    Et la Chine, va-t-elle gaspiller ses ressources économiques pour un conflit?

    Pendant l'indépendance du Kosovo, Olmert approuve un grand nettoyage à Gaza.
    Tuerie au Pakistan démocratique.
    Tuerie à Bagdad démocratique.
    Tuerie à Kandahar où nos soldats sèment la démocratie.

    Payant payant pour les usines d'armes, la démocratie.

    Il y a aussi l'Afrique où il faut semer la démocratie, M. Bush, ce personnage de paix y fait une tournée pour pacifier!

    Le monde est comme moi, en plein délire!

    Je crois, qu'il serait peut-être temps de déclarer l'indépendance du Québec.
    Après tout, si le Kosovo peut le faire, pourquoi pas nous?

    Le territoire est nul pour le bouclier à missile, me dites-vous!
    Vous avez raison. En plus, je crois que les installateurs se sentiraient plus à l'aise en négociant (sic) avec le gouvernement fédéral, qu'avec des séparatistes québécois.
    Nous ne ferions probablement pas notre indépendance avec la bannière étoilée.

    Et puis, tant qu'à tout mêler, M. Bush aura-t-il son prix Nobel de la paix?
    Pensons à Annapolis et à tous ses efforts pour pacifier la planète!

    Si M. Desmarais a reçu la plus haute distinction française, la grand-Croix de son protégé Sarkozy, pourquoi Bush ne recevrait-il pas le Nobel de la Paix?

    Parfois, le monde est un roman qui nous perd un peu!


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Louis Lapointe
    Abonné
    lundi 18 février 2008 11h45
    La partition
    Bonjour M. Brousseau,

    Et si le Canada reconnaissait la déclaration d'indépendance du Kosovo en l'interprétant comme étant la partition d'une ancienne entité de la Yougoslavie.

    Il en ferait alors un précédent pour la partition du Québec advenant une éventuelle séparation de celui-ci. Cela serait cohérent avec la reconnaissance antérieure de la nation québécoise par le gouvernement Harper dont le caractère ethnique est toujours demeuré ambigu au sein du Bloc Québécois à cause d'une division entre les tenants d'une nation civique et ceux d'une nation ethnique au sein du mouvement souverainiste. On voit maintenant le danger que constitue la position de nombreux nationalistes québécois, dont l'idéologue Mathieu Bock-Côté, à l'effet que la nation québécoise est avant tout ethnique et non pas civique.

    Suivant cette nouvelle théorie de la partition ethnique, s'appuyant sur le précédent du Kosovo à laquelle se rangerait probablement Stéphane Dion, il existerait au Québec deux nations ethniques, celle formée par les Québécois de souche et celle des Canadiens d'appartenance, comme il y avait en Serbie des Albanais et des Serbes. Dans cette perspective, la situation du Québec se comparerait à celle de la Serbie et celle du sud-ouest du Québec, au Kosovo.

    Pour les défenseurs de cette nouvelle théorie, il aura maintenant un précédent pour défendre à l'échelle internationale l'idée que si on peut séparer une ancienne République de l'ex-Yougoslavie, on peut également séparer une ancienne province du Canada. Il ne faut surtout pas oublier que la fédération canadienne est perçue à l'échelle mondiale comme étant un modèle de décentralisation. Ce n'est un secret pour personne, le Québec est déjà considéré à plusieurs égards comme étant un État autonome au sein d'une confédération très décentralisée.

    En s'inspirant du précédent du Kosovo, nul doute que la Cour Suprême du Canada pourrait rendre un jugement plus nuancé qu'elle n'aurait pu le faire auparavant, advenant une demande de renvoi au sujet d'une hypothétique partition du sud-ouest du Québec, dans l'éventualité d'une séparation du Québec.

    Ce ne serait pas la première fois qu'on subdiviserait le territoire québécois en contexte de droit international et constitutionnel. Si on a pu céder auparavant le Labrador à Terre-Neuve à l'occasion de son entrée dans la fédération canadienne, qu'est-ce qui empêcherait la Cour Suprême d'accorder la succession de la province du Québec au sud-ouest du Québec partitionné?

    Il n'y ne serait donc plus uniquement question de partition, mais plutôt de succession d'une province déjà existante sur un territoire partitionné. Dans cette éventualité, le sud-ouest du Québec demeurerait la dixième province du Québec. La partition deviendrait alors une condition suspensive dans l'éventualité d'une déclaration d'indépendance du Québec.

    Ce serait alors les indépendantistes québécois qui enclencheraient le mécanisme de partition en déclarant leur indépendance, sans que cela affecte pour autant la survie de la dixième province canadienne circonscrite au sud-ouest du Québec et occupée par d'anciens Québécois d'appartenance canadienne. Il y aurait deux Québec, comme il y a plusieurs Congo, et il y aurait une nation ethnique québécoise, comme le défend avec tant de ferveur Mathieu Bock-Côté.

    Ce ne serait pas la première fois que la Cour Suprême inventerait une nouvelle théorie constitutionnelle défavorisant le Québec. D'ailleurs, c'est une tendance lourde depuis l'abolition de tout recours au Conseil privé de Londres.

    Louis Lapointe
    Brossard

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 18 février 2008 15h43
    Des musulmans alliés
    Peut-être les Américains approuvent-ils l'indépendance unilatérale du Kosovo dans l'espoir d'y installer quelques missiles. Peut-être aussi ont-ils besoin d'un pays allié massivement musulman pour distraire ceux qui voient l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak comme une guerre de la civilisation (?) chrétienne contre la civilisation musulmane, oubliant de voir que les ressources pétrolières de cette région sont convoitées par les USA.
    Je penche fortement pour la deuxième hypothèse.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Sylvio Le Blanc
    Abonné
    lundi 18 février 2008 23h03
    Brousseau et le Kosovo
    On reconnaît bien là l'indécrottable fédéraliste de Radio-Canada. Faudrait-il attendre, idéalement, pour se séparer, que ça ressemble au Rwanda de 1994?

    Brousseau n'a pas lu ce que son collègue Alexandre Shields a écrit dans le «Devoir» de ce jour, en page A 8 : «Il aura fallu un siècle pour que le rêve devienne réalité. «Mieux vaut tard que jamais, les Européens réparent enfin leur erreur du début du XXe siècle, quand ils avaient donné le Kosovo à la Serbie», a quant à lui expliqué Povataj Kushtrim, parti en France avec ses parents en 1991 peu après la suppression du statut d'autonomie par Milosevic.»

    Sylvio Le Blanc

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