Unilatéralisme égale illégitimité, dit Moscou
L'ambassadeur irakien à l'ONU est fait «prisonnier» par les inspecteurs à Bagdad
Photo : Agence Reuters
Un soldat irakien regarde par une fenêtre alors que les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique arrivent à Falluga, à 100 km au nord de Bagdad.
Après dix jours de vacances dans son ranch au Texas, George W. Bush est rentré hier à Washington où il aura à prendre dans les semaines qui viennent une décision capitale sur le lancement ou non d'une offensive militaire contre l'Irak. Tout indique que le président attendra, avant d'arrêter sa décision, le prochain rapport de Hans Blix, le chef des inspecteurs en désarmement de l'ONU qui passent au peigne fin les installations irakiennes suspectes. Ce rapport est attendu le 27 janvier.
Moscou — La Russie a mis en garde les États-Unis hier contre une action militaire en Irak sans l'aval de l'ONU, la jugeant «illégitime», pendant que la Turquie exhortait le monde à éviter une guerre et une division de l'Irak, où les inspections s'étendent.
«Si des actions militaires commencent contre l'Irak sans la sanction de l'ONU, nous les considérerons comme illégitimes et injustifiées», a déclaré le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov, cité par l'agence Interfax-AVN.
Samedi, la Russie avait déjà accusé les États-Unis, sans toutefois les nommer, de se livrer à un «verbiage gratuit» concernant la détention supposée par l'Irak d'armes prohibées. Ces déclarations surviennent alors que le président américain George W. Bush a remis au premier plan la menace d'intervention militaire contre l'Irak, soulignant vendredi que les États-Unis étaient «prêts et préparés» à cette éventualité.
De son côté, la Turquie qui craint les répercussions d'un conflit en Irak sur sa minorité kurde, fait campagne en direction des pays arabes pour une solution pacifique de la crise irakienne. Le premier ministre turc Abdullah Gul, qui était hier à Charm el-Cheikh (Égypte) dans le cadre d'une tournée au Proche-Orient, a appelé «tous les pays» du Golfe à «faire des efforts» pour éviter une guerre et affiché son refus de «voir l'Irak divisé».
Un ambassadeur «prisonnier»
En Irak, les inspecteurs de l'ONU ont étendu leurs activités à l'ensemble du territoire, visitant hier des sites à Bagdad, Mossoul (400 km au nord de la capitale) et Bassorah (550 km au sud). Ils auraient établi un record avec 16 sites visités dans la journée.
Ils ont effectué une visite-surprise au siège de la Direction irakienne de contrôle des armements, à Bagdad, interdisant notamment à deux hauts responsables irakiens d'en sortir pendant plusieurs heures.
Les inspecteurs ont, selon des témoins, bouclé tous les accès du complexe de l'IMD, organisme chargé de la liaison entre Bagdad et les experts cherchant les présumées armes de destruction massive irakiennes. Pendant plusieurs heures, ils ont même empêché la sortie de l'ambassadeur de l'Irak auprès de l'ONU Mohammed al Douri, qui se trouvait sur place en compagnie du responsable de la Direction, le général Hussam Mohammed Amin. «Il se sont comportés de façon inacceptable. [...] Les gens devraient être autorisés à entrer et sortir d'une façon plus civilisée», a déploré Amin, qui y a vu une démonstration de force des inspecteurs.
Pendant plus de six heures, les experts ont fouillé chaque personne, chaque véhicule quittant le complexe. Ils ont refusé d'expliquer ce qu'ils cherchaient. Depuis leur retour, les experts de l'ONU ont été accompagnés par des membres de le Direction irakienne lors de chacune de leurs visites de sites suspects.
Moscou — La Russie a mis en garde les États-Unis hier contre une action militaire en Irak sans l'aval de l'ONU, la jugeant «illégitime», pendant que la Turquie exhortait le monde à éviter une guerre et une division de l'Irak, où les inspections s'étendent.
«Si des actions militaires commencent contre l'Irak sans la sanction de l'ONU, nous les considérerons comme illégitimes et injustifiées», a déclaré le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov, cité par l'agence Interfax-AVN.
Samedi, la Russie avait déjà accusé les États-Unis, sans toutefois les nommer, de se livrer à un «verbiage gratuit» concernant la détention supposée par l'Irak d'armes prohibées. Ces déclarations surviennent alors que le président américain George W. Bush a remis au premier plan la menace d'intervention militaire contre l'Irak, soulignant vendredi que les États-Unis étaient «prêts et préparés» à cette éventualité.
De son côté, la Turquie qui craint les répercussions d'un conflit en Irak sur sa minorité kurde, fait campagne en direction des pays arabes pour une solution pacifique de la crise irakienne. Le premier ministre turc Abdullah Gul, qui était hier à Charm el-Cheikh (Égypte) dans le cadre d'une tournée au Proche-Orient, a appelé «tous les pays» du Golfe à «faire des efforts» pour éviter une guerre et affiché son refus de «voir l'Irak divisé».
Un ambassadeur «prisonnier»
En Irak, les inspecteurs de l'ONU ont étendu leurs activités à l'ensemble du territoire, visitant hier des sites à Bagdad, Mossoul (400 km au nord de la capitale) et Bassorah (550 km au sud). Ils auraient établi un record avec 16 sites visités dans la journée.
Ils ont effectué une visite-surprise au siège de la Direction irakienne de contrôle des armements, à Bagdad, interdisant notamment à deux hauts responsables irakiens d'en sortir pendant plusieurs heures.
Les inspecteurs ont, selon des témoins, bouclé tous les accès du complexe de l'IMD, organisme chargé de la liaison entre Bagdad et les experts cherchant les présumées armes de destruction massive irakiennes. Pendant plusieurs heures, ils ont même empêché la sortie de l'ambassadeur de l'Irak auprès de l'ONU Mohammed al Douri, qui se trouvait sur place en compagnie du responsable de la Direction, le général Hussam Mohammed Amin. «Il se sont comportés de façon inacceptable. [...] Les gens devraient être autorisés à entrer et sortir d'une façon plus civilisée», a déploré Amin, qui y a vu une démonstration de force des inspecteurs.
Pendant plus de six heures, les experts ont fouillé chaque personne, chaque véhicule quittant le complexe. Ils ont refusé d'expliquer ce qu'ils cherchaient. Depuis leur retour, les experts de l'ONU ont été accompagnés par des membres de le Direction irakienne lors de chacune de leurs visites de sites suspects.
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