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Irak - Nouvelles inspections sur fond de bruits de bottes

Des manifestants se sont rassemblés par milliers au Pakistan (la photo) et par centaines à Bahreïn pour dénoncer les menaces de guerre pesant sur Bagdad.
Photo : Agence Reuters
Des manifestants se sont rassemblés par milliers au Pakistan (la photo) et par centaines à Bahreïn pour dénoncer les menaces de guerre pesant sur Bagdad.
Bagdad — Des experts en désarmement de l'ONU ont procédé hier à de nouvelles inspections en Irak tandis qu'aux États-Unis, plusieurs éléments renforçaient l'hypothèse d'une prochaine intervention militaire contre le régime de Saddam Hussein.

George W. Bush s'est ainsi rendu hier dans la plus grande base américaine au Texas pour galvaniser les troupes dans l'éventualité d'une intervention militaire. «Si la force devient nécessaire pour démanteler les armes de destruction massive de l'Irak [...] pour assurer la sécurité de notre pays et maintenir la paix, [...] l'Amérique agira de manière décisive et l'Amérique l'emportera parce que nous avons les meilleurs militaires au monde», a assuré Bush sous les applaudissements de milliers de soldats à la base Fort Hood de Killeen.

À Washington, le Pentagone a annoncé qu'une partie des 45 000 hommes du 1er Corps expéditionnaire de Marine avaient reçu l'ordre de rejoindre dans le Golfe les milliers de militaires américains déjà déployés dans la région.

Des porte-parole du 1er Corps expéditionnaire à Camp Pendleton, en Californie, ont confirmé qu'un ordre de déploiement avait été reçu cette semaine, mais ils se sont refusés à chiffrer les effectifs concernés ou à avancer une date. D'autres responsables de la Défense ont cependant dit sous le couvert de l'anonymat que le départ était proche.

Manifestations

Devant ces bruits de bottes, des manifestants se sont rassemblés par milliers au Pakistan et par centaines à Bahreïn pour dénoncer les menaces de guerre pesant sur Bagdad.

Au Pakistan, des manifestants ont brûlé un mannequin à l'effigie du président américain au cours de rassemblements organisés à l'appel d'une coalition islamique de six partis qui, surfant sur la vague d'un sentiment antiaméricain, a fortement progressé aux élections d'octobre. «La guerre se poursuivra jusqu'à la destruction de Bush», criait la foule à Multan, dans la province du Pendjab.

Aux Nations unies, le chef des inspecteurs en désarmement, Hans Blix, a déclaré hier que le rapport sur les armes irakiennes qu'il remettra prochainement au Conseil de sécurité comporterait les résultats d'analyses d'échantillons prélevés en Irak.

Blix, qui a l'intention de se rendre à Bagdad du 18 au 20 janvier, a ajouté qu'il avait l'intention d'interroger au cours de cette visite les autorités irakiennes sur l'inventaire de 12 000 pages qu'elles ont remis le mois dernier à l'ONU.

Blix doit remettre un rapport provisoire jeudi prochain au Conseil de sécurité et il doit lui livrer le 27 janvier un document plus fouillé livrant son appréciation de la déclaration de Bagdad sur son armement ainsi que les conclusions des inspections effectuées à ce jour sur le terrain.

Nouvelles inspections

En Irak, des inspecteurs de l'ONU ont visité hier quatre sites suspects et ils se préparent à d'autres inspections dans le sud et le nord du pays.

Un porte-parole de l'ONU à Bagdad a précisé qu'une équipe de la Cocovinu (Commission de contrôle, de vérification et d'inspection de l'ONU) s'était rendue à plus de 200 km à l'ouest de Bagdad pour visiter un ancien dépôt de munitions utilisé avant la guerre du Golfe de 1991 pour entreposer des armes chimiques. Ils ont aussi inspecté une zone adjacente utilisée dans les années 1980 pour tester des armes chimiques, a-t-il ajouté. Ces deux sites implantés dans le désert avaient déjà été visités par des équipes d'inspecteurs.

Bush a dit n'avoir pas encore pris la décision d'attaquer l'Irak. Mais l'annulation du voyage qu'il devait effectuer en janvier en Afrique et la poursuite des préparatifs militaires font dire à nombre d'experts qu'il finira par ordonner une intervention.

Le quotidien irakien Al-Irak s'interroge sur la sincérité des propos tenus par Bush au Nouvel An, lorsque le président américain a dit qu'il espérait encore un dénouement pacifique de la crise.

«Bush reste le premier fauteur de troubles ou le maître des fauteurs de troubles sur Terre», écrit le journal dans un éditorial publié à la une. Il affirme que Bush n'a parlé de règlement pacifique que pour désamorcer une montée du mécontentement de l'opinion publique.
 
 
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