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Ankara légalise le port du voile à l'université

7 février 2008  Actualités internationales
Ankara - Le Parlement turc a adopté la nuit dernière un amendement constitutionnel autorisant le port du voile dans les universités, qui doit encore être entériné par un vote final sur l'ensemble de la révision controversée, a annoncé le vice-président de l'assemblée Nevzat Pakdil.

Sur les 514 députés qui ont participé au vote à bulletin secret, 401 ont voté «oui» et 99 «non» ce qui est suffisant pour modifier la loi fondamentale, a-t-il dit.

L'article clé du projet déclare notamment que «personne ne peut être privé de son droit à l'éducation supérieure», allusion aux jeunes femmes voilées.

Un ultime vote doit avoir lieu dans la foulée sur toutes les modifications pour conclure un premier tour de débat marathon et houleux entamé douze heures auparavant sur le texte qui a provoqué de fortes tensions politiques.

Un deuxième tour de vote est prévu samedi pour finaliser la révision proposée par le parti issu du mouvement islamiste au pouvoir AKP et un parti d'opposition nationaliste MHP.

Le projet a soulevé une levée de boucliers des milieux laïcs et de l'opposition social-démocrate qui affirment qu'il érode les principes laïcs de la Turquie et qu'il risque d'entraîner l'accès des femmes voilées à la fonction publique et aux écoles, strictement interdite actuellement.

Le gouvernement du Parti de la Justice et du développement (AKP) assure défendre la liberté individuelle des étudiantes musulmanes et estime que cette réforme s'inscrit dans le processus d'adhésion à l'Union européenne. La révision devrait mettre fin à une jurisprudence obligeant les étudiantes à se dévoiler.

Le camp pro-laïc - l'armée, la magistrature et l'administration universitaire - perçoit le foulard comme le symbole de l'islam politique, dans ce pays au régime laïque mais dont la population est musulmane à 99%.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, un ancien islamiste, a voulu dissiper les craintes, assurant que le projet ne visait qu'à permettre «aux filles de ne plus attendre devant les portes des universités».
 
 
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