L'impasse serbe
Président sortant de la Serbie, Boris Tadic a été réélu par une marge si mince que c'est à se demander si sa fonction ne sera pas réduite à l'inauguration de bâtiments publics et à la pose de gerbes de fleurs aux pieds des monuments aux morts. Plus sérieusement, la fragilité de sa victoire annonce une évolution plus chaotique que celle qui était envisagée du dossier qui a dominé la campagne: le Kosovo et les liens avec l'Union européenne (UE). Car la moitié des Serbes ont signifié leur opposition à l'indépendance du Kosovo. En fait, on devrait dire plus de la moitié.
En effet, au cours du combat qui l'opposait à l'héritier de Slobodan Milosevic, l'ultranationaliste Tomislav Nikolic, Tadic a exprimé une position identique à celle qui était défendue par ce dernier: non à la souveraineté du Kosovo. À la veille du scrutin, et afin de grappiller les centaines de voix indispensables à sa réélection, Tadic est allé jusqu'à faire allégeance à l'intégrité territoriale de la Serbie dans la partie nord du Kosovo où sont concentrés les Serbes orthodoxes. C'est dire.
Avant de poursuivre, il faut spécifier que les pouvoirs constitutionnels dévolus au président sont moins nombreux et moins importants que ceux accordés au premier ministre. Et alors? Il se trouve que l'actuel premier ministre, Vojislav Kostunica, s'est abstenu d'appeler à voter pour Tadic malgré l'accord de coalition qui les lie. La raison? Kostunica est opposé au rapprochement avec l'Union européenne (UE) que défend Tadic. On aura compris que Kostunica aussi est contre le détachement du Kosovo.
Or, on s'attend à ce que les Kosovars déclarent unilatéralement leur indépendance dans les mois, voire dans les semaines qui viennent. Une fois ce geste fait, l'UE devrait dépêcher sur place un contingent imposant de policiers, de juristes et autres professionnels pour accompagner l'évolution de cette future ex-province de la Serbie. Afin de compliquer une dossier déjà passablement complexe, Kostunica a prévenu qu'un blocus serait imposé à la minute où la souveraineté du Kosovo serait annoncée.
Récapitulons. Nous avons un président réélu grâce à son opposition à la séparation du Kosovo mais favorable à un rapprochement accéléré de l'UE, au sein de laquelle les deux tiers des membres ont exprimé leur soutien indéfectible à l'indépendance du Kosovo. Nous avons un premier ministre au pouvoir plus influent que celui dont dispose le président et qui est contre le Kosovo et contre l'UE, sauf quand cette dernière ouvre le portefeuille. Nous avons enfin un chef de l'opposition qui veut se battre pour le maintien du Kosovo dans le giron de la Serbie, qui ne veut rien entendre de l'UE, mais qui écoute avec assiduité la voix du Kremlin. De Moscou d'où lui parviennent des promesses se confondant avec une posture anti-Bruxelles, anti-OTAN. Bon. Il est écrit dans le ciel que les uns et les autres jonglent avec des sentiments politiques propres à déboucher sur un énième conflit balkanique.
En effet, au cours du combat qui l'opposait à l'héritier de Slobodan Milosevic, l'ultranationaliste Tomislav Nikolic, Tadic a exprimé une position identique à celle qui était défendue par ce dernier: non à la souveraineté du Kosovo. À la veille du scrutin, et afin de grappiller les centaines de voix indispensables à sa réélection, Tadic est allé jusqu'à faire allégeance à l'intégrité territoriale de la Serbie dans la partie nord du Kosovo où sont concentrés les Serbes orthodoxes. C'est dire.
Avant de poursuivre, il faut spécifier que les pouvoirs constitutionnels dévolus au président sont moins nombreux et moins importants que ceux accordés au premier ministre. Et alors? Il se trouve que l'actuel premier ministre, Vojislav Kostunica, s'est abstenu d'appeler à voter pour Tadic malgré l'accord de coalition qui les lie. La raison? Kostunica est opposé au rapprochement avec l'Union européenne (UE) que défend Tadic. On aura compris que Kostunica aussi est contre le détachement du Kosovo.
Or, on s'attend à ce que les Kosovars déclarent unilatéralement leur indépendance dans les mois, voire dans les semaines qui viennent. Une fois ce geste fait, l'UE devrait dépêcher sur place un contingent imposant de policiers, de juristes et autres professionnels pour accompagner l'évolution de cette future ex-province de la Serbie. Afin de compliquer une dossier déjà passablement complexe, Kostunica a prévenu qu'un blocus serait imposé à la minute où la souveraineté du Kosovo serait annoncée.
Récapitulons. Nous avons un président réélu grâce à son opposition à la séparation du Kosovo mais favorable à un rapprochement accéléré de l'UE, au sein de laquelle les deux tiers des membres ont exprimé leur soutien indéfectible à l'indépendance du Kosovo. Nous avons un premier ministre au pouvoir plus influent que celui dont dispose le président et qui est contre le Kosovo et contre l'UE, sauf quand cette dernière ouvre le portefeuille. Nous avons enfin un chef de l'opposition qui veut se battre pour le maintien du Kosovo dans le giron de la Serbie, qui ne veut rien entendre de l'UE, mais qui écoute avec assiduité la voix du Kremlin. De Moscou d'où lui parviennent des promesses se confondant avec une posture anti-Bruxelles, anti-OTAN. Bon. Il est écrit dans le ciel que les uns et les autres jonglent avec des sentiments politiques propres à déboucher sur un énième conflit balkanique.
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