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Les paysans mexicains se mobilisent contre les effets du libre-échange

1 février 2008  Actualités internationales
Mexico — Des milliers de paysans mexicains ont dénoncé hier à Mexico la suppression des droits de douane sur les produits agricoles, qui les expose, selon eux, à la concurrence des produits américains, et ont demandé la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

De petits agriculteurs venus de différentes régions sont arrivés entre mercredi et hier matin dans la capitale mexicaine, en tracteur, en camion ou en autobus, parfois accompagnés de vaches.

Selon les organisations paysannes et l'opposition de gauche, les paysans mexicains ne pourront pas affronter, ni en prix ni en volume, la concurrence des produits américains. Et s'ils ne trouvent pas de débouchés viables pour leur production, ils grossiront les rangs des illégaux qui émigrent vers les États-Unis.

Même l'Église catholique a apporté son soutien aux revendications des agriculteurs et à leur demande de renégociation du chapitre agricole de l'ALENA.

Des intellectuels et artistes mexicains se sont également joints au mouvement et exigent «des mesures pour protéger ceux qui produisent nos aliments, notamment le maïs et le haricot».

Les paysans ont mis en avant la menace qui se profile pour la production nationale de maïs et de haricot (à la base de l'alimentation des 106 millions de Mexicains) en adoptant le slogan «Sans maïs, il n'y a pas de pays, sans haricot non plus».

Le député de gauche Victor Quintana a demandé «d'exclure au moins le maïs et le haricot» de la liste des produits qui peuvent entrer au Mexique sans droit de douanes, «car c'est un désastre pour l'agriculture mexicaine, pour la sécurité alimentaire de la population, la sécurité nationale et la gouvernabilité démocratique du pays».

La Confédération paysanne nationale (CNC) a affirmé que les dés sont pipés car les subventions que reçoivent les agriculteurs américains sont largement supérieures à celles obtenues par les Mexicains.

Le ministère mexicain de l'Agriculture se veut rassurant et ne s'attend pas à des changements significatifs du fait que le dispositif de protection douanière a été progressivement allégé depuis 1994.

«Aujourd'hui, notre tâche fondamentale dans ce pays et dans tous les secteurs, c'est élever la productivité», a déclaré la semaine dernière le ministre de l'Agriculture, Alberto Cardenas, en réponse aux préoccupations des paysans.

La disparition des barrières douanières pour un millier de produits agricoles, le 1er janvier 2008, «ne va pas avoir d'impact économique, nous n'allons pas avoir de crise car le cours des grains [maïs et haricot] est élevé sur le marché international. La grande crise est passée . Cette mobilisation n'a pas lieu d'être. C'est en 2002 qu'elle était justifiée», a indiqué Rita Schwentesius, chercheuse à l'université d'agronomie de Chapingo, près de Mexico.
 
 
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