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Bruxelles ou Moscou ?

Le premier tour de l'élection serbe s'est déroulé comme prévu: les deux finalistes sont ceux que tout le monde attendait. Il y a le président sortant, Boris Tadic, politicien qui, scrutant l'horizon européen, n'aiguise pas le sentiment national des Serbes au contraire de son principal adversaire, Tomislav Nikolic, qui, lui, se distingue par des envolées chères aux viragos de l'extrême droite. Soit dit en passant, Nikolic occupe le poste de leader du Parti radical serbe par défaut: son prédécesseur, Vojislav Seselj, a été emprisonné pour... crimes contre l'humanité.

D'ici le 3 février, date du second tour, le discours des vainqueurs de la joute d'avant-hier va tourner essentiellement, si ce n'est exclusivement, autour du sujet Kosovo-Union européenne. Épousant les aspirations de 60 % de ses concitoyens, Tadic va essayer de gagner la partie en militant pour l'arrimage de la Serbie à l'Union européenne. Avant la finale, ce dernier va bénéficier d'un coup de main émanant de Bruxelles.

En effet, le 28 janvier, le gouvernement serbe et les représentants de l'UE vont signer l'Accord de stabilisation et d'association devant se conclure par l'adhésion du pays à l'UE. À moins que les Pays-Bas ne fassent obstruction pour une raison d'ailleurs légitime: La Haye pourrait bloquer la signature à cause du manque de collaboration des Serbes concernant les arrestations des criminels de guerre Radovan Karadzic et Ratko Mladic.

On s'en doute, Nikolic va entonner avec force les accents du populisme qui séduit une bonne frange de la population qui ne veut aucun rapprochement avec cette UE dont pratiquement tous les membres défendent l'indépendance du Kosovo. Province à majorité albanaise, le Kosovo est considéré par les Serbes comme le berceau de leur culture. Plutôt que de militer pour un tournant européen, Nikolic et les siens se posent en chantres du tournant pro-russe tous azimuts. Économiquement, socialement, culturellement, politiquement et militairement, Nikolic désire tant le mariage avec la Russie qu'il est allé jusqu'à proposer l'installation de radars russes sur le territoire serbe.

Qui plus est, son opposition à l'Europe et à l'indépendance du Kosovo est si marquée qu'il s'est engagé, s'il est élu et si le Kosovo obtient son indépendance avec l'aval de Bruxelles, à couper les liens diplomatiques avec les nations qui ont reconnu le Kosovo, à imposer un blocus commercial aux Kosovars, à ne pas reconnaître leurs passeports, etc. En un mot, le nationaliste Nikolic n'est pas disposé à faire dans la dentelle. Et ce, à la grande satisfaction de...

À la grande satisfaction de Vladimir Poutine. On ne soulignera jamais assez que le maître du Kremlin a usé de son droit de veto au Conseil de sécurité pour bloquer l'indépendance du Kosovo et promis de punir ceux qui auront donné leur aval à cette indépendance. Par quel moyen? L'économie. Afin de contourner l'obstacle onusien, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont décidé de confier le dossier à l'UE en lui donnant le mandat d'encadrer le processus de divorce avec la Serbie. Au cours des prochaines semaines, l'UE va dépêcher près de 2000 policiers au Kosovo. Parions que les Russes vont couper le robinet énergétique.
 
 
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    22 janvier 2008 03 h 36
    Pauvre Serbie, pauvre Kosovo
    Un autre nid de nationalistes meurtriers revanchards et religieux que les grandes nations se disputent. Places aux assasinats ciblés ou non et à toutes sortes de problèmes.
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  • Gabriel RACLE - Inscrit
    22 janvier 2008 07 h 52
    Un choix déterminant
    Il est difficile de prévoir les résultats du second tour de l'élection présidentielle serbe du 3 février. Il est possible qu'une frange de l'électorat, qui a voté au premier tour pour l'ultranationaliste Nikolic, prenne peur devant ses rodomontades et ses menaces de couper les liens avec le reste de l'Europe pour s'allier à Moscou. Poutine est bien évidemment ravi de semer le trouble dans cette région et de jouer le pion serbe sur l'échiquier européen. C'est une réponse aux États-Unis qui veulent installer leur bouclier anti-missiles en République tchèque et en Pologne. Poutine n'est pas fâché de leur damer le pion sur le même territoire européen.

    Mais qu'en pense exactement la population raisonnable serbe? S'il est élu, Nikolic peut certes causer des problèmes, surtout économiques, à un Kosovo indépendant. Mais ce pays dispose de deux atouts : à l'interne la volonté de sa communauté majoritaire albanaise qui veut son indépendance à tout prix et est prête à consentir les sacrifices que cela peut entraîner. À l'extérieur, l'appui de Washington et de la plupart des capitales européennes et sa position géographique. Le Kosovo dispose de frontières communes avec divers pays comme le Monténégro, qui a pris son indépendance de la Serbie en 2006, l'Albanie et la Macédoine. Il peut donc rétablir des communications par l'entremise de ces pays, même si cette restructuration sera complexe et prendra du temps, puisque les liens « normaux » existent avec la Serbie.

    Par ailleurs, si la Serbie nationaliste rompt ses relations avec des pays de l'Union européenne, elle se passe elle-même la corde au cou, car elle est enclavée dans les pays de l'Union européenne. Ce point pourrait amener des électeurs à modifier leur bulletin de vote, de crainte des conséquences de cet étranglement.

    La Serbie reste à distance de la Fédération de Russie et il est douteux que Moscou y envoie son armée pour envahir le Kosovo. L'ère soviétique n'est plus et, par ailleurs, l'OTAN, avec près de 17 000 hommes, se trouve au Kosovo et l'Union européenne va renforcer sa présence policière en prévision de troubles éventuels à la frontière serbe, dans la partie nord du pays en particulier, où se troue concentrée la minorité serbe. Latinka Perovic, historienne serbe réputée, résume ainsi ses craintes au Courrier des Balkans : «Je ne vois personne qui serait prêt à participer à une cinquième guerre. Malheureusement, je ne vois personne non plus pour empêcher les leaders politiques de répéter encore une fois cette aventure!» Et Moscou va-t-il prendre le risque d'une guerre économique ou énergétique avec l'Europe
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  • octavian moga - Inscrit
    22 janvier 2008 12 h 13
    Aimeriez-vous céder les Cantons de l'est
    Si vous êtez d'accord à céder le sud du quebec a une minorité anglophone est sûr que les serbs v'ont conceder le Kosovo aux albanaises
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  • Landry Lucien - Inscrit
    22 janvier 2008 15 h 14
    Dommage.
    Depuis 3:00 du matin et après rien. Le Devoir perd sa dynamique à ne pas nous montrer les réactions de ses lecteurs. Nous avons d'autres journaux à lire. On m'a dit que c'était bien mais là, bof.Aucun intérêt. Autant prendre ce journal dans sa version papier et en faire autre chose.
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