samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

L'imbroglio kurde

Les parlementaires chiites et sunnites ont convenu de faire un front commun contre les Kurdes. Quand on sait que les premiers dépensent leur énergie à alimenter la culture du ressentiment les uns envers les autres, ce fait mérite d'être souligné trois fois plutôt qu'une. Il est en tout cas révélateur d'une profonde inquiétude: que les Kurdes fassent tout simplement sécession et signent de ce fait l'implosion de l'Irak.

Il est vrai que, depuis l'été dernier, les dirigeants de la province kurde multiplient les gestes propres à angoisser les responsables chiites et surtout sunnites. Exemple spectaculaire entre tous, en août dernier les responsables du gouvernement régional ont décidé de composer leur propre loi d'exploitation du pétrole plutôt que d'attendre celle promise par le gouvernement central depuis des lunes.

Dans la foulée de l'adoption de ce texte qui implique une dénationalisation de facto, même si elle est régionale, de la production de l'or noir, les Kurdes ont conclu une série d'accords avec des compagnies étrangères pour l'extraction et le raffinage dans une région où sont concentrées les plus importantes réserves. Juste avant Noël, c'est à noter, la société norvégienne DNO indiquait que le volume d'hydrocarbures d'un des sites était en fait le double de celui estimé jusqu'à présent.

Du premier ministre Nouri al-Maliki au simple député, tout ce que la capitale compte de notables politiques s'emploie donc à contrer les Kurdes en clamant que l'or noir appartient à tous. Comme par hasard, voilà que le gouvernement central promet la présentation prochaine d'une loi sur le sujet après avoir tergiversé au cours des trois dernières années.

Comme par hasard (bis), ce même gouvernement vient d'adopter une loi autorisant la réintégration d'ex-baasistes dans la fonction publique et un certain nombre de corps de métiers. À ce propos, on se souviendra que la décision de renvoyer les ex-baasistes qui étaient ingénieurs ou policiers, enseignants ou médecins a eu pour effet pervers de nourrir les rangs des milices vouées à la défense des sunnites.

Cela étant, la loi corrigeant ce qui a été fait hier a été reçue avec des grincements de dents au sein de la communauté kurde. On s'en doute, les ravages provoqués sur ordre de Saddam Hussein demeurent très vifs dans la mémoire collective d'un peuple à qui l'on avait promis l'indépendance au lendemain de la... Première Guerre mondiale.

À cette série de faits vient de se greffer une nouvelle susceptible de renforcer le sentiment national des Kurdes. De quoi s'agit-il? On a appris récemment que les militaires américains avaient communiqué à l'état-major turc des informations relatives aux mouvements des militants du PKK dans le nord de l'Irak pour faciliter le bombardement de leurs bases. Bref, la table est mise pour une déclaration unilatérale d'indépendance.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Gabriel RACLE - Inscrit
    15 janvier 2008 08 h 57
    Imbroglio, oui, mais lequel?
    S'agit-il vraiment d'un imbroglio kurde, c'est la question que l'on peut se poser véritablement. En effet, les réactions des dirigeants du Kurdistan autonome irakien s'inscrivent dans une logique historique, celle de la récupération de leurs droits. Il faudrait refaire toute l'histoire du peuple kurde pour en saisir toute la portée. On peut se référer, pour les années les plus récentes, au document du Monde diplomatique, « Histoire d'un peuple divisé, » qui mentionne brièvement les principaux événements concernant le peuple kurde entre le 10 août 1920 et le 8 septembre 2002. On y notera en particulier le rôle joué par la politique des États-Unis en faveur des Kurdes.
    L'imbroglio actuel est plutôt celui de l'Irak, un pays créé artificiellement après la Première Guerre mondiale, pour réunir des entités historiquement distinctes, et l'anéantissement des espoirs kurdes placés dans le Traité de Sèvres, signé le 10 août 1920 entre les Alliés de la PremièreGuerre mondiale et la Turquie, qui prévoyait la création d'un Kurdistan autonome dans l'Est de l'Anatolie et dans la province de Mossoul et, à la suite de la révolte de Mustapha Kemal et de sa victoire, le Traité de Lausanne de 1923, qui a entraîné l'abandon des droits kurdes.
    Le nouvel État irakien, sous mandat britannique, aurait dû, selon les décisions de la Société des Nations, garantir une certaine autonomie aux Kurdes. Cette promesse n'a pas non plus été tenue. De promesses non tenues en promesses non tenues, de répressions en répressions, turques, iraniennes ou irakiennes, les Kurdes sont devenus très méfiants et, détenant maintenant une parcelle d'autonomie, ils entendent bien en assurer la vitalité et la viabilité, grâce aux ressources pétrolières de leur territoire.
    La démarche kurde est logique. Il ne faut pas oublier l'Accord de Washington de septembre 1998, entre le PDK et l'UPK sur la formation d'un gouvernement et d'un Parlement intérimaire au Kurdistan irakien., ni l'Iraq Liberation Act étatsunien d'octobre 1998, qui prévoit un soutien accru à l'opposition irakienne, dont les partis kurdes, en vue de déstabiliser le président Saddam Hussein. Fort de la présence actuelle des États-Unis en Irak, et des appuis historiques de ce pays à leur mouvement, les Kurdes veulent prendre leur place dans cette région, puisque la possibilité semble leur en être offerte.
    L'imbroglio est irakien, fondé sur des divisions religieuses historiques et sur l'invasion du pas par les États-Unis qui, en déstabilisant la région, ont donné un coup de pied dans une fourmilière dont les occupants se répandent dans toutes les directions. Et l'histoire n'est sans doute pas terminée.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • André Loiseau - Abonné
    15 janvier 2008 14 h 59
    Belle analyse de M. Racle...
    ...qui vient compléter celle de l'éditorialiste. On apprend plein de choses dans ces lettres de réactions.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roland Berger - Abonné
    15 janvier 2008 17 h 14
    Moralité battue en brèche
    Les « pauvres » Kurdes sont dans la même situation que les « pauvres » Québécois. Moralement, ils sont dans leur droit d'exiger pleine souveraineté sur le territoire de leurs ancêtres. Mais la morale n'a rien à voir avec la politique menée par les grands de ce monde. Les Kurdes sont des h... de terroristes, et les Québécois, des terroristes potentiels, ont décidé les États-Unis et leurs alliés. Il n'y a que la morale du pétrole, de l'argent.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012