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Effort de 7,4 milliards pour les Palestiniens

L'aide internationale promise à la conférence de Paris dépasse toutes les attentes

Reuters   18 décembre 2007  Actualités internationales
Paris — L'Autorité palestinienne a reçu hier à Paris un soutien financier massif de la communauté internationale qui a promis de lui apporter 7,4 milliards de dollars d'aide en trois ans, au-delà des 5,6 milliards réclamés par les Palestiniens eux-mêmes. Le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a immédiatement salué un «vote de confiance» à l'égard de l'Autorité palestinienne, aux prises avec le mouvement islamiste Hamas qui a pris le contrôle en juin de la bande de Gaza et confrontée aux restrictions d'accès imposées par Israël. «Le vrai vainqueur, c'est l'État palestinien», a assuré le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, sous les applaudissements, en concluant cette rencontre qui a réuni 87 pays et institutions internationales.

«Nous visions 5,6 milliards de dollars, nous avons obtenu 7,4 milliards», dont 3,4 prévus dès 2008, «ce qui est pas mal, ce qui est même beaucoup», a-t-il annoncé.

Cette réunion «a donné un signal fort de soutien politique et financier au gouvernement du président Mahmoud Abbas et du premier ministre Salam Fayyad, et à leur vision du futur État palestinien», a souligné le communiqué final de la «Conférence des donateurs pour l'État palestinien».

De Gaza, le Hamas a immédiatement dénoncé la conférence de Paris comme étant une «dangereuse conspiration».

Le mouvement islamiste a estimé que l'objectif réel des donateurs était d'approfondir les divisions entre Palestiniens et de «renforcer les forces de sécurité» du président Abbas.

La conférence visait à conforter les espoirs de paix encore fragiles nés de la réunion fin novembre à Annapolis (États-Unis), où Israéliens et Palestiniens se sont engagés à oeuvrer en vue d'un État palestinien fin 2008.

La Commission européenne, principal contributeur d'aide aux Palestiniens, a annoncé le déblocage de 650 millions de dollars tandis que les États-Unis vont fournir, en 2008, une contribution de 555 millions de dollars.

Parmi les principaux contributeurs, l'Arabie saoudite a promis 500 millions de dollars, selon les organisateurs.

L'argent servira à doper une économie palestinienne moribonde par le paiement des salaires de quelque 160 000 fonctionnaires et la construction d'infrastructures.

M. Abbas, qui se voit politiquement conforté par le résultat de la réunion, avait appelé la communauté internationale à rapidement financer son gouvernement pour éviter une «catastrophe totale» dans les Territoires.

Il a insisté sur l'arrêt de «toutes les activités de colonisation sans exception» de la part d'Israël.

M. Abbas a reçu l'appui du Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Union européenne, Russie, ONU) qui se réunissait en marge de la conférence et a exprimé son «inquiétude» quant à l'extension de la colonisation à Jérusalem-est après le lancement par Israël d'un appel d'offres pour la construction de 307 logements supplémentaires à Har Homa.

Dans un communiqué, le Quartette a également appelé Israël à faciliter les accès aux Territoires palestiniens pour permettre un succès du programme de réformes économiques de l'Autorité palestinienne. Il a exprimé «son soutien total» au plan de M. Fayyad.

La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a elle aussi souligné la nécessité de lever les entraves à la circulation.

«Il y a des considérations de sécurité qui doivent être prises en compte, mais j'estime qu'en travaillant ensemble, Israéliens, Palestiniens, et la communauté internationale peuvent faire des progrès pour améliorer la circulation et rendre possibles les projets économiques», a-t-elle déclaré.

La Banque mondiale a estimé la semaine dernière que l'économie palestinienne ne serait relancée qu'à condition qu'Israël lève ses barrages routiers qui entravent la circulation. Ce à qui se refuse toujours Israël, qui invoque des raisons de sécurité.

D'ailleurs, la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a de son côté lié développement des territoires palestiniens et sécurité pour Israël. «Pour parvenir à la paix, la sécurité d'Israël doit être un intérêt palestinien, juste comme un État palestinien est un intérêt israélien», a-t-elle dit.

L'armée israélienne maintient, selon les chiffres de l'ONU, plus de 550 barrages en Cisjordanie, qu'elle juge essentiels à sa sécurité.

«Cette conférence est littéralement le dernier espoir du gouvernement [palestinien] d'échapper à la faillite», avait prévenu la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lui appelé la communauté internationale à relancer l'activité économique dans la bande de Gaza, où les conditions de vie sont «effroyables».

Selon une enquête du Programme d'alimentation mondial publiée hier, le revenu moyen par foyer à Gaza a baissé de 30 % ces six derniers mois.

Sur le terrain, le chef militaire du mouvement radical Djihad islamique pour la bande de Gaza, le commandant Majed Al-Harazine, a été tué hier ainsi que son adjoint, dans un raid aérien israélien visant leur véhicule, a annoncé le groupe.

Ces décès portent à 5978 le nombre des personnes tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, en grande majorité des Palestiniens, selon un bilan établi par l'AFP.

Le ministre israélien de la Défense, Éhoud Barak, a déclaré hier qu'Israël saurait trouver la solution aux tirs de roquettes des groupes armés palestiniens sur son territoire à partir de la bande de Gaza, au cours d'une visite à Sdérot, une ville du sud d'Israël cible régulière de ces tirs depuis sept ans.
 
 
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