Lettres: Quelle image de Afrique?
Bonnie Campbell - Ph. D et Professeure de Science politique, UQAM
18 décembre 2007
Actualités internationales
Monsieur Jean-François Lépine, Nous avons regardé avec beaucoup d'intérêt votre émission Une heure sur Terre du 11 décembre qui portait sur l'Afrique et l'exploitation croissante de ses ressources naturelles.
Indépendamment de la justesse et de l'intérêt de certains des problèmes que vous soulevez, nous trouvons dommage qu'il y ait eu de nouveau une heure d'émission sur l'Afrique où l'on ne voit que des réserves fauniques, des dirigeants corrompus, des enfants soldats dans des villages misérables, des Africains qui ne sont que la main-d'oeuvre subalterne et non qualifiée, alors que l'on trouve aussi dans les pays l'Afrique des villes modernes, des ingénieurs, des dirigeants politiques remarquables, de multiples exemples d'innovation et de prise en charge.
C'est précisément ce type de point de vue que vos deux invités africains ont fait valoir. Mais que valent des mots face aux images que vous choisissez de montrer ?
Par ailleurs, sur la présence chinoise, vos invités africains ont également fait valoir que cette présence pouvait aussi créer un espace face à des intérêts occidentaux qui n'ont que trop abusé de la situation, notamment en ce qui concerne l'exploitation de ses ressources naturelles. Et là encore, ce n'est pas ce que vos images montraient.
À ce sujet, le manque de respect des engagements pris en Afrique, faut-il le rappeler, n'est pas le propre seulement des Chinois.
Le résultat de votre émission est de contribuer à la perpétuation de l'image d'un continent à la dérive, dirigé par des homes corrompus, dont les ressources devraient être protégées des Chinois comme s'il s'agissait d'une grande réserve faunique et surtout peuplée par des gens misérables qui ont besoin d'être assistés.
Une telle présentation de «l'Afrique», alors que ce continent est composé de plus de 50 pays aussi différents les uns des autres que le Canada, les États-Unis et le Mexique, perpétue des attitudes condescendantes et paternalistes et des réflexes de charité qui masquent sa richesse créatrice et culturelle et les rapports asymétriques dans lesquels ce continent est maintenu, notamment par l'Occident.
Indépendamment de la justesse et de l'intérêt de certains des problèmes que vous soulevez, nous trouvons dommage qu'il y ait eu de nouveau une heure d'émission sur l'Afrique où l'on ne voit que des réserves fauniques, des dirigeants corrompus, des enfants soldats dans des villages misérables, des Africains qui ne sont que la main-d'oeuvre subalterne et non qualifiée, alors que l'on trouve aussi dans les pays l'Afrique des villes modernes, des ingénieurs, des dirigeants politiques remarquables, de multiples exemples d'innovation et de prise en charge.
C'est précisément ce type de point de vue que vos deux invités africains ont fait valoir. Mais que valent des mots face aux images que vous choisissez de montrer ?
Par ailleurs, sur la présence chinoise, vos invités africains ont également fait valoir que cette présence pouvait aussi créer un espace face à des intérêts occidentaux qui n'ont que trop abusé de la situation, notamment en ce qui concerne l'exploitation de ses ressources naturelles. Et là encore, ce n'est pas ce que vos images montraient.
À ce sujet, le manque de respect des engagements pris en Afrique, faut-il le rappeler, n'est pas le propre seulement des Chinois.
Le résultat de votre émission est de contribuer à la perpétuation de l'image d'un continent à la dérive, dirigé par des homes corrompus, dont les ressources devraient être protégées des Chinois comme s'il s'agissait d'une grande réserve faunique et surtout peuplée par des gens misérables qui ont besoin d'être assistés.
Une telle présentation de «l'Afrique», alors que ce continent est composé de plus de 50 pays aussi différents les uns des autres que le Canada, les États-Unis et le Mexique, perpétue des attitudes condescendantes et paternalistes et des réflexes de charité qui masquent sa richesse créatrice et culturelle et les rapports asymétriques dans lesquels ce continent est maintenu, notamment par l'Occident.
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