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Kasparov : échec et mat

L'opposant au Kremlin a annoncé hier qu'il se retirait de la course à la présidentielle russe

13 décembre 2007  Actualités internationales
Garry Kasparov
Photo : Agence Reuters
Garry Kasparov
Moscou — Garry Kasparov, ancien champion du monde d'échecs et opposant au Kremlin, a annoncé hier qu'il jetait l'éponge dans la course à la présidentielle russe de mars 2008, affaiblissant un peu plus une opposition moribonde.

«Ma campagne électorale finit demain [jeudi]. Dans tout Moscou, on n'a pas réussi à trouver une salle où mes militants pourraient se rassembler», a déclaré M. Kasparov, chef du mouvement d'opposition L'Autre Russie, en marge du Congrès civil, qui rassemble des ONG russes de défense des droits de l'homme.

Pour pouvoir briguer la présidence, les candidats dits «indépendants» (dont les partis ne sont pas représentés au Parlement) doivent être formellement soutenus par un «groupe d'initiative» composé d'au moins 500 personnes.

Garry Kasparov estime qu'il ne pourra pas, en raison de l'ostracisme dont il est victime de la part du pouvoir, trouver une salle et réunir son groupe avant le 18 décembre, date limite pour déposer sa candidature.

«Nous payons [les propriétaires des salles], ils sont d'accord, il n'y a pas de problème. Et ensuite, ils rappellent et disent qu'ils refusent, qu'ils ne peuvent plus donner de salle pour des raisons techniques», a souligné M. Kasparov.

La coalition hétéroclite L'Autre Russie, qui rassemble démocrates, libéraux et nationaux-bolchéviques, avait choisi en septembre l'ancien champion d'échecs pour la représenter à la présidentielle des 2 et 23 mars prochain.

M. Kasparov avait commencé à collecter les deux millions de signatures requises pour se présenter, un défi considéré comme insurmontable pour son mouvement, sans grande assise régionale et sans accès aux télévisions publiques russes.

Engagé en politique depuis 2005 et la création de son propre mouvement, le Front civique uni, M. Kasparov dit vouloir «défier la dictature de Poutine». Il est devenu en quelques mois un symbole de l'opposition au Kremlin, surtout aux yeux de la presse étrangère et des Occidentaux. Faute de visibilité dans les médias locaux, il est méconnu des Russes en tant qu'opposant.

«L'Autre Russie ne se bat pas pour le pouvoir, mais lutte pour qu'une vraie élection ait lieu», a souligné l'ancien champion d'échecs, indiquant ainsi qu'il chercherait à peser sur le scrutin où le premier vice-premier ministre Dmitri Medvedev est donné vainqueur, fort du soutien du président sortant Vladimir Poutine.

Organisateur des «Marches du désaccord» dans les grandes villes de Russie, Garry Kasparov a été condamné à cinq jours de prison fin novembre pour manifestation illégale. Il avait déjà été interpellé en avril dans des conditions similaires.
 
 
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