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Forte opposition à la révision socialiste de la Constitution - Chávez fustige l'«empire américain» devant de nombreux partisans

1 décembre 2007  Actualités internationales
Une marée humaine de militants a répondu hier à l’appel du chef de l’État vénézuélien.
Photo : Agence Reuters
Une marée humaine de militants a répondu hier à l’appel du chef de l’État vénézuélien.
Caracas — Confronté à un mouvement de contestation sans précédent, le président vénézuélien, Hugo Chávez, a promis de «mettre K.O. l'empire américain», hier, lors d'une énorme manifestation de ses partisans, avant le référendum de demain sur une révision socialiste de la Constitution.

Une marée humaine de plusieurs dizaines de milliers de militants a répondu à l'appel du chef de l'État, en envahissant l'avenue Simon Bolivar, principale artère de la capitale, où l'opposition avait réuni la veille un rassemblement similaire.

«Dimanche prochain, nous allons à nouveau mettre K.- O. l'impérialisme américain», a lancé M. Chávez, qui a lancé sous les vivas un salut à son mentor cubain Fidel Castro, du haut d'une estrade.

«Le Venezuela ne sera une colonie ni des États-Unis ni de personne. Ce pays est libre», a-t-il affirmé, en assurant qu'il allait «gouverner jusqu'en 2050» et poursuivre la chaîne d'information américaine CNN, accusée d'avoir lancé un «appel au meurtre» contre lui.

«Oui avec Chávez», «Chávez pour toujours», crient ses sympathisants, dont la plupart avaient revêtu des chemises et casquettes rouges, la couleur du régime.

«Notre président représente l'espérance, le changement, la fin de la pauvreté. C'est un homme du peuple qui vit pour le peuple», lance Alberto Cebolla, un agent de la compagnie pétrolière nationale PDVSA (Petroleos de Venezuela), bailleur de fonds des programmes sociaux du régime.

«Nous ne sommes pas les fils à papa qui ont manifesté pour l'opposition», ironise cet homme joufflu de 30 ans, qui a parcouru 500 kilomètres depuis l'État de Zulia, dans le nord du pays, pour écouter le «Comandante».

En béret et treillis militaire, Carlos Bolivar, un ouvrier de 49 ans, qui assure avoir pu reprendre ses études grâce à l'aide gouvernementale, explique être venu soutenir «un homme qui a donné sa vie pour défendre les pauvres».

«Chávez est ce qui est arrivé de meilleur au pays», glisse Narlis Martinez, une travailleuse socia-

le de 37 ans, en tirant par la main sa fillette pour la rapprocher de l'estrade.

Affrétés depuis plusieurs régions du pays, des dizaines d'autobus, remplis de militants, ont fait route depuis l'aube, en direction de Caracas, pour grossir les rangs de la manifestation.

Pour la première fois, le président vénézuélien, qui accuse l'opposition de préparer un plan avec les États-Unis pour le «neutraliser» après le référendum, se trouve sous la menace d'un revers électoral. Les derniers sondages prévoient un scrutin extrêmement serré, alimentant la crainte de violences.

Doute

Même les classes populaires affichent leur doute devant cette réforme constitutionnelle, qui lui permet de se présenter indéfiniment à la présidentielle et de censurer la presse en cas de crise, tout en érigeant le socialisme en modèle économique.

Nouveau porte-parole des anti-Chávez, l'ancien général Raúl Baduel, ex-ministre de la Défense, qui jouit encore d'un certain prestige dans les rangs militaires, a dénoncé «une fraude en cours et un coup d'État».

Depuis Cuba, Castro a accusé hier les États-Unis de vouloir provoquer «un meurtre du chef de

l'État ou une guerre civile au Venezuela», dans l'une de ses fréquentes tribunes publiées par la presse officielle.

Le vieux dirigeant cubain, en convalescence depuis 16 mois, a averti le «gouvernement irresponsable de l'empire» qu'une telle hypothèse déclencherait une «explosion de l'économie mondiale».
 
 
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