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Annapolis - Progrès entre Palestiniens et Israéliens en vue de nouvelles négociations

Reuters   27 novembre 2007  Actualités internationales
Manifestation à Jérusalem, hier, contre les pourparlers qui s’amorcent entre Palestiniens et Israéliens, à Annapolis, au Maryland.
Photo : Agence Reuters
Manifestation à Jérusalem, hier, contre les pourparlers qui s’amorcent entre Palestiniens et Israéliens, à Annapolis, au Maryland.
Washington — Palestiniens et Israéliens ont affirmé hier avoir réalisé des progrès importants en vue de nouvelles négociations de paix, à la veille d'une conférence internationale à Annapolis organisée par George W. Bush afin de relancer un processus moribond.

«Je me réjouis à l'idée de poursuivre le dialogue sérieux que nous menons avec vous et le président de l'Autorité palestinienne pour voir si oui ou non la paix est possible», a déclaré à la Maison-Blanche le président américain, où il a reçu successivement le premier ministre israélien Éhoud Olmert et Mahmoud Abbas. «Je suis optimiste, je sais que vous êtes optimiste», a-t-il ajouté.

Le président américain a déclaré que son dialogue avec le premier ministre israélien et le chef de l'État palestinien visait «à voir si la paix est ou non possible».

À la veille de la conférence d'Annapolis qui rassemblera dans l'enceinte de l'Académie navale américaine une cinquantaine de participants, Mahmoud Abbas a fait part de «ses grands espoirs de voir cette conférence produire des négociations sur le statut définitif [...] qui mèneraient à un accord de paix entre Israël et les Palestiniens».

M. Olmert a souligné sa volonté de faire avancer le processus de paix. «Nous ne voulons pas maintenir le statu quo», a-t-il assuré. Il a toutefois déclaré que les Palestiniens devaient faire cesser les attaques menées depuis la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, avant la mise en oeuvre d'un futur accord de paix avec Israël.

Bush a remercié Abbas pour ne pas avoir pas ménagé ses efforts afin de «mettre en oeuvre une vision d'un État palestinien». «Les États-Unis ne peuvent pas imposer leur vision, mais ils peuvent aider à faciliter» les choses, a dit Bush à Abbas.

«Notre espoir est grand de pouvoir, à l'issue de la conférence, commencer des négociations sur les questions du statut final, afin de parvenir à un accord de paix entre Palestiniens et Israéliens pour que la paix et la sécurité prévalent», a déclaré le président de l'Autorité palestinienne pendant leur entrevue.

Le chef de la diplomatie saoudienne a pour sa part déclaré que l'Arabie saoudite s'attendait à ce que les États-Unis fassent des propositions précises en cas de blocage des discussions entre Palestiniens et Israéliens.

Lorsque les États-Unis ont invité la Syrie à se joindre à la conférence, ils ont promis «d'user de toute leur influence» pour parvenir à un accord de paix, a déclaré le prince Saoud al Fayçal. Selon le ministre, cela signifie que «les États-Unis mettront en avant leurs propres idées» en cas de blocage.

Bush s'est félicité de la large participation arabe, qui doit «signifier le soutien international» aux deux parties dans leurs efforts «en vue de l'établissement d'un État palestinien et de l'avènement de la paix entre ces deux peuples».

Mais les tensions restent vives. Un haut responsable israélien a déclaré qu'il était peu probable qu'il y ait des discussions directes, voire une poignée de mains, avec les représentants syriens ou saoudiens lors de la conférence. «Ils [les dirigeants arabes] ne le feront pas à moins qu'ils n'obtiennent quelque chose de concret d'Israël», a dit ce responsable qui a demandé l'anonymat.

Dans la vieille ville de Jérusalem, au moins 15 000 Israéliens ont manifesté devant le Mur des lamentations contre la conférence d'Annapolis.

L'Iran a de son côté qualifié la réunion de «ruse» devant servir les intérêts d'Israël. «Tous les responsables politiques du monde entier savent que cette conférence est vouée à l'échec», a déclaré le guide suprême de la révolution islamique, l'ayatollah Ali Kamenei.

Après avoir espéré longtemps qu'Annapolis soit l'occasion d'aborder de front les problèmes de fond (frontières du futur État, statut de Jérusalem et sort des réfugiés de 1948), Washington s'est finalement résolu à en repousser la discussion au lendemain de la conférence.

Aiguillonnés par la diplomatie américaine, les négociateurs israéliens et palestiniens ont poursuivi hier leurs efforts pour aboutir à un document commun servant de base de travail à la conférence. Il doit fixer les objectifs des négociations sur un règlement final qui suivront la réunion d'Annapolis. La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a réuni les négociateurs en chef palestinien Ahmad Qoreï et israélienne Tzipi Livni pour tenter de parvenir à un accord sur un document commun avant la réunion d'aujourd'hui.

Le porte-parole du département d'État, Sean McCormack, a déclaré que les deux parties convergeaient vers un texte et il a précisé que Condoleezza Rice allait rencontrer les principaux négociateurs afin de parvenir à un accord, à quelques heures de l'ouverture de la conférence .

Sans confirmer l'imminence d'un accord, le ministère israélien des Affaires étrangères a confirmé des progrès. «Les équipes de négociateurs ont fait d'importants progrès dans le sens d'un accord sur un document conjoint», a déclaré le porte-parole de ce ministère, Mark Regev.

Un négociateur palestinien a affirmé qu'un accord était proche avec les Israéliens sur un document conjoint servant de cadre pour les futures négociations. «Ce document [...] déterminera les termes de référence des négociations — à savoir la Feuille de route et les résolutions internationales — et les modalités selon lesquelles les négociations se dérouleront après Annapolis», a précisé Yasser Abed Rabbo.

«Les négociations sur le statut final [des territoires palestiniens] commenceront mercredi en présence du président Mahmoud Abbas», a-t-il aussi dit. Cette affirmation a toutefois été démentie par les Israéliens qui ont parlé de «la semaine prochaine» et du Proche-Orient pour leur lieu.

La conférence d'Annapolis doit donner le coup d'envoi aux premières négociations de paix formelles depuis sept ans, pour régler un conflit vieux de près de soixante ans et parvenir à terme à la création d'un État palestinien indépendant coexistant pacifiquement avec son voisin israélien.

Les efforts des États-Unis risquent toutefois de se heurter à la situation sur le terrain, où les colonies, la barrière de séparation et les barrages israéliens ont morcelé la Cisjordanie en îlots isolés, et à la méfiance qui règne entre les protagonistes après des années de violences.

Selon un bilan établi par l'AFP, 5939 personnes ont été tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, en grande majorité des Palestiniens.

Plusieurs milliers de colons se sont rassemblés hier soir à Jérusalem pour dénoncer à l'avance toute concession territoriale en Cisjordanie ou à Jérusalem-est.

À Gaza, le Hamas a rejeté par avance les conclusions d'Annapolis, estimant qu'elles «n'engageront pas le peuple palestinien».

Les principaux acteurs du conflit, à l'exception du Hamas et de l'Iran, seront présents à Annapolis, ainsi que l'Arabie saoudite et la Syrie.
 
 
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