La revanche russe
Figure de proue de l'opposition à Vladimir Poutine, Garry Kasparov a écopé d'une peine d'emprisonnement alors qu'un autre adversaire de l'autocrate, et non président de la Russie, était appréhendé. Eux et leurs compagnons d'infortune ont osé manifester leur désapprobation en marchant dans la rue alors qu'on leur avait seulement permis de se rassembler et de rester... immobiles! À six jours des élections législatives, cet épisode met en relief la farouche volonté de Poutine de gommer toute critique de ses politiques de l'horizon politique du pays.
Non content d'avoir transformé les réseaux de télévision en autant de vecteurs de propagande, d'avoir instrumentalisé le pouvoir judiciaire et d'avoir supprimé la désignation des gouverneurs et des maires par les citoyens, Poutine envoie des signaux que bien des observateurs interprètent comme suit: le maître du Kremlin s'apprêterait à tordre, si l'on peut dire, le sens de la Constitution dans le but de se présenter une autre fois. Telle qu'elle est rédigée, la loi fondamentale interdit à quiconque de d'additionner trois mandats consécutifs.
Ce recours aux méthodes employées lors de l'hiver communiste, Poutine le justifie, par télévisions interposées, en affirmant que la Russie est un pays assiégé par les États-Unis. D'après lui, les révolutions de velours réalisées en Géorgie, en Ukraine, en Serbie et au Monténégro ont en fait été conçues et menées par les agents de la CIA. D'après lui encore, l'élargissement de l'OTAN aux républiques baltes, Hongrie et autres satellites de l'ex-Empire de l'Union Soviétique est la preuve que le gouvernement américain s'emploie à empêcher tout essor de l'éternel russe.
On s'en doute, la posture adoptée par Poutine puise dans la somme des contrariétés observées après la chute du Mur. Dans un article publié dans le présent numéro de la revue Foreign Affairs, l'universitaire Dimitri K. Simes souligne que, du président Bush père à Bush fils en passant par Bill Clinton, les dirigeants américains ont commis une erreur d'appréciation énorme. Tous estimaient et estiment encore que la fin de l'Union soviétique est à mettre au crédit des États-Unis. Selon Simes, ce ne fut pas le cas.
En effet, les différentes administrations américaines ont trop sous-estimé l'importance qu'ont eue les gestes faits par Mikhail Gorbatchev. Le principal acteur de la désintégration de l'Empire soviétique, c'était lui, et non Reagan ou Bush père. Convaincus du contraire, les locataires de la Maison-Blanche ont eu le tort de considérer la Russie comme leurs prédécesseurs considéraient autrefois l'Allemagne et le Japon. À savoir que la Russie est un pays défait, même si aucun soldat américain n'avait été aperçu dans les environs du Kremlin.
Cette évaluation américaine de la situation russe a eu pour conséquence une série de refus aux requêtes d'aide financière formulées par Moscou. Ce faisant, on a aiguisé ce sentiment
de revanche que personnifie aujourd'hui Vladimir Poutine. Avec le risque que le Russie rejoigne le camp des adversaires des États-Unis.
Non content d'avoir transformé les réseaux de télévision en autant de vecteurs de propagande, d'avoir instrumentalisé le pouvoir judiciaire et d'avoir supprimé la désignation des gouverneurs et des maires par les citoyens, Poutine envoie des signaux que bien des observateurs interprètent comme suit: le maître du Kremlin s'apprêterait à tordre, si l'on peut dire, le sens de la Constitution dans le but de se présenter une autre fois. Telle qu'elle est rédigée, la loi fondamentale interdit à quiconque de d'additionner trois mandats consécutifs.
Ce recours aux méthodes employées lors de l'hiver communiste, Poutine le justifie, par télévisions interposées, en affirmant que la Russie est un pays assiégé par les États-Unis. D'après lui, les révolutions de velours réalisées en Géorgie, en Ukraine, en Serbie et au Monténégro ont en fait été conçues et menées par les agents de la CIA. D'après lui encore, l'élargissement de l'OTAN aux républiques baltes, Hongrie et autres satellites de l'ex-Empire de l'Union Soviétique est la preuve que le gouvernement américain s'emploie à empêcher tout essor de l'éternel russe.
On s'en doute, la posture adoptée par Poutine puise dans la somme des contrariétés observées après la chute du Mur. Dans un article publié dans le présent numéro de la revue Foreign Affairs, l'universitaire Dimitri K. Simes souligne que, du président Bush père à Bush fils en passant par Bill Clinton, les dirigeants américains ont commis une erreur d'appréciation énorme. Tous estimaient et estiment encore que la fin de l'Union soviétique est à mettre au crédit des États-Unis. Selon Simes, ce ne fut pas le cas.
En effet, les différentes administrations américaines ont trop sous-estimé l'importance qu'ont eue les gestes faits par Mikhail Gorbatchev. Le principal acteur de la désintégration de l'Empire soviétique, c'était lui, et non Reagan ou Bush père. Convaincus du contraire, les locataires de la Maison-Blanche ont eu le tort de considérer la Russie comme leurs prédécesseurs considéraient autrefois l'Allemagne et le Japon. À savoir que la Russie est un pays défait, même si aucun soldat américain n'avait été aperçu dans les environs du Kremlin.
Cette évaluation américaine de la situation russe a eu pour conséquence une série de refus aux requêtes d'aide financière formulées par Moscou. Ce faisant, on a aiguisé ce sentiment
de revanche que personnifie aujourd'hui Vladimir Poutine. Avec le risque que le Russie rejoigne le camp des adversaires des États-Unis.
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