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La revanche russe

Figure de proue de l'opposition à Vladimir Poutine, Garry Kasparov a écopé d'une peine d'emprisonnement alors qu'un autre adversaire de l'autocrate, et non président de la Russie, était appréhendé. Eux et leurs compagnons d'infortune ont osé manifester leur désapprobation en marchant dans la rue alors qu'on leur avait seulement permis de se rassembler et de rester... immobiles! À six jours des élections législatives, cet épisode met en relief la farouche volonté de Poutine de gommer toute critique de ses politiques de l'horizon politique du pays.

Non content d'avoir transformé les réseaux de télévision en autant de vecteurs de propagande, d'avoir instrumentalisé le pouvoir judiciaire et d'avoir supprimé la désignation des gouverneurs et des maires par les citoyens, Poutine envoie des signaux que bien des observateurs interprètent comme suit: le maître du Kremlin s'apprêterait à tordre, si l'on peut dire, le sens de la Constitution dans le but de se présenter une autre fois. Telle qu'elle est rédigée, la loi fondamentale interdit à quiconque de d'additionner trois mandats consécutifs.

Ce recours aux méthodes employées lors de l'hiver communiste, Poutine le justifie, par télévisions interposées, en affirmant que la Russie est un pays assiégé par les États-Unis. D'après lui, les révolutions de velours réalisées en Géorgie, en Ukraine, en Serbie et au Monténégro ont en fait été conçues et menées par les agents de la CIA. D'après lui encore, l'élargissement de l'OTAN aux républiques baltes, Hongrie et autres satellites de l'ex-Empire de l'Union Soviétique est la preuve que le gouvernement américain s'emploie à empêcher tout essor de l'éternel russe.

On s'en doute, la posture adoptée par Poutine puise dans la somme des contrariétés observées après la chute du Mur. Dans un article publié dans le présent numéro de la revue Foreign Affairs, l'universitaire Dimitri K. Simes souligne que, du président Bush père à Bush fils en passant par Bill Clinton, les dirigeants américains ont commis une erreur d'appréciation énorme. Tous estimaient et estiment encore que la fin de l'Union soviétique est à mettre au crédit des États-Unis. Selon Simes, ce ne fut pas le cas.

En effet, les différentes administrations américaines ont trop sous-estimé l'importance qu'ont eue les gestes faits par Mikhail Gorbatchev. Le principal acteur de la désintégration de l'Empire soviétique, c'était lui, et non Reagan ou Bush père. Convaincus du contraire, les locataires de la Maison-Blanche ont eu le tort de considérer la Russie comme leurs prédécesseurs considéraient autrefois l'Allemagne et le Japon. À savoir que la Russie est un pays défait, même si aucun soldat américain n'avait été aperçu dans les environs du Kremlin.

Cette évaluation américaine de la situation russe a eu pour conséquence une série de refus aux requêtes d'aide financière formulées par Moscou. Ce faisant, on a aiguisé ce sentiment

de revanche que personnifie aujourd'hui Vladimir Poutine. Avec le risque que le Russie rejoigne le camp des adversaires des États-Unis.
 
 
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    27 novembre 2007 06 h 34
    Le bien vaincra de tout!
    « Vladimir Poutine a accusé hier les États-Unis de chercher à discréditer les élections législatives du 2 décembre en Russie et a interprété la décision de l'OSCE de ne pas y envoyer d'observateurs comme une manoeuvre inspirée par Washington. »

    Quelles sont donc les raisons précises qui ont motivé la décision de l'OSCE. Manque de coopération de Moscou? Y a-t-il un journaliste qui pourrait nous donner plus de précision? Est-ce trop demander aux journalistes de nous en dire un peu plus?

    « L'arrestation de dizaines de manifestants, dont l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov » On dirait octobre 70

    La force indéniable des bons sentiments: Bush et sa grande préoccupation pour la liberté de parole en Russie.

    « Le président russe a affirmé hier que le retrait des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe était largement dû à des pressions américaines. »

    Sans farce, est-ce vraiment possible que les États-Unis fassent des pressions? Est-ce vraiment possible que les États-Unis tentent de discréditer la démocratie ou tout simplement le processus électoral de Russie? Est-ce possible? En seraient-ils capables? Et si oui, le crieraient-ils sur tous les toits?

    Poutine dit: «De telles manoeuvres visent à nier toute légitimité à ce scrutin, c'est tout à fait clair». Est-il en plein délire? Chavez qui a son référendum le même jour (le 2 décembre) dit qu'on tente saboter le processus démocratique et d'instaurer la violence, voire même, tenter un autre coup d'État. Lui aussi délire-t-il?

    Poutine: « Nous avons des renseignements, une fois de plus, selon lesquels ce retrait a été décidé sur la recommandation du département d'État américain. »
    Que savons-nous de la marche souterraine du monde? Les services secrets russes, ou la CIA ou le MOSSAD ou l'ISI, tout ce monde des services d'espionnage et de renseignement, en savent-ils plus que nous?
    J'ai l'impression que oui, beaucoup plus.
    Nous, nous n'avons que les journalistes comme agents de renseignement et depuis quelque temps, une bonne partie de leur boulot, consiste à répéter ce que des agences médiatiques (comme AFP), ce que les politiciens, ce que les experts (sic), les spécialistes (sic) disent. Où sont donc les journalistes qui sortent sur le terrain? Où est donc le journaliste qui nous a rapidement dit ce que l'OSCE a vécu pour en arriver à un refus de vouloir observer les élections russes?

    Que disent les journalistes, sur place, en Russie? Ils disent que le son de cloche est différent. Ils disent que Poutine est aimé et supporté. La population russe est-elle une bande d'imbéciles, de profonds imbéciles? Et qui sommes-nous pour juger, comme M. Truffaut, de ce qui est bien pour eux?
    Sommes-nous des démocrates? Respectons-nous le désir de la majorité?
    Ils sont manipulés, direz-vous? Le sommes-nous? Dans l'histoire récente, l'avons-nous été? Y a-t-il des rapports secrets qui vous ont entrouvert l'idée que nous sommes souvent manipulés? Vous souvenez-vous des armes de destruction massive? Vous souvenez-vous des dictatures misent en place au nom de la liberté et de la démocratie? Vous souvenez-vous du dossier des bijoux de famille de la CIA? Vous souvenez-vous du Watergate? Vous souvenez-vous de l'Irangate? Vous souvenez-vous de ces défenseurs de la liberté qu'étaient les contras? Vous souvenez-vous de ces combattants de l'occupation communiste qu'étaient les Talibans? Avec une meilleure mémoire historique, je pourrais dresser une longue liste de choses bien dissimulées, bien hypocrites, lorsqu'elles ont été vécues et qui furent révélées longtemps après. Il n'en reste pas moins que cette hypocrisie a existé et existe toujours. Hypocrisie, propagande, manipulation, toutes ces choses qu'on repousse du revers de la main pour ne laisser la place qu'aux bons sentiments. La justice, la liberté, la démocratie, le bien, le mal...

    Êtes-vous surpris de la déclaration du maître du bien, M. Bush qui s'est dit «très préoccupé» par la situation qui prévalait en Russie, tout comme en Birmanie, tout comme au Venezuela, tout comme en Bolivie, mais finalement pas tellement au Pakistan, ni en Irak, ni en Afghanistan, ni en Colombie.
    Non, mais, est-ce sérieux de rapporter que Bush est très préoccupé? Non, mais, vous voulez rire ou vous êtes complètement gaga?

    Qui donc est le plus crédible? Parce qu'ici, c'est une parole contre une autre.
    Poutine qui dit qu'on sabote sciemment la crédibilité du scrutin ou Sean McCormack, le porte-parole du département d'État américain qui dit que Washington n'était à aucun moment intervenu dans la décision de l'OSCE de retirer ses observateurs. «Il n'y a pas eu d'interférence, absolument aucune».
    Qui dit vrai? Il faudrait le demander à Scott McClellan (vous avez oublié Scott McClellan, relire Bush au parfum de M. Truffaut et on s'en reparle... http://www.ledevoir.com/2007/11/23/commentaires/07 )

    Depuis qu'ils sont occupés, les Irakiens ont-ils l'impression d'avoir plus de justice, plus de liberté, plus de démocratie? (il faudrait aussi parler de la corruption... voir la corruption en Haïti, Devoir du 16 novembre, http://www.ledevoir.com/2007/11/16/commentaires/07 )
    Il faudrait aussi demandé aux Afghans? aux Pakistanais?

    Poutine veut que la Russie ait une défense forte. Chavez aussi. Ahmadinejad aussi. Sont-ils tous fous? Se sentent-ils menacés? Saddam aurait-il aimé avoir une défense plus forte? Les Afghans aimeraient-ils avoir une vraie armée avec des F-18, des portes-avions, des missiles, des sous-marins, même des armes nucléaires? Bien peu de gens ont des F-18 en quantité, des armes dernier cri, en quantité et de façon presque illimitée. Il faudrait aussi glisser un mot sur le bouclier à missiles US.

    Pour M. Truffaut, bien assis dans son bureau et possédant une sorte de science infuse, Poutine qui n'est, selon lui, même pas un président élu, mais un autocrate, est un méchant, écoeurant, un personnage inqualifiable, bien pire que Musharaff qui finalement ne fait que mettre un peu d'ordre démocratique dans son pays de liberté.

    M. Kasparov a été arrêté, emprisonné, la manifestation réprimée (on s'énerve le poil des jambes avec les manifs réprimées, fallait sentir les gaz lacrymogènes, les balles de caoutchouc et voir les arrestations multiples au sommet de Québec... la répression de manif, ce n'est pas seulement en Russie ou en Birmanie).
    Il faut être conscient du coup médiatique terriblement efficace de l'arrestation de Kasparov. Se faire arrêter est le moyen le plus génial de pousser de l'avant son point de vue. Imaginez que Kasparov manifeste bien sagement et ne se fasse pas arrêter! Aucun impact, M. Truffaut aurait eu à chercher avec plus d'imagination pour dénigrer la Russie (quoique pour l'imagination, il n'en manque pas...).
    Le coup médiatique est tellement efficace, qu'il faut être naïf pour ne pas y voir une manoeuvre subtile de dénigrement efficace. On voit Kasparov avec le signe de victoire derrière la vitre d'un autobus, on le voit debout encadré de policiers, les photographes sont tous là pour participer à ce coup de maître. On n'en attendait pas moins de ce maître des échecs.

    Les journalistes (sic) partisans indéfectibles du bien, ont cette manie de juger et de condamner sans appel, ceux qu'ils considèrent méchants. J'ai été élevé dans une justice qui dit qu'on ne condamne pas jusqu'à preuve du contraire, on ne condamne pas sur des rumeurs. Il faut avoir des faits. Jusqu'ici, la terrible calamité russe n'est pas arrivée. Les Russes sont heureux et les Russes sont en grande partie fiers de leur président. Pour me prouver le contraire, M. Truffaut, il faut aller en Russie. Et me montrer des témoignages de Russes mécontents. Pas des experts, des universitaires vendus aux idées néolibérales, mais les gens de la rue, oui, les manipulés, ceux que vous considérez comme des imbéciles.

    Ahhhh! Ce risque que la Russie rejoigne le camp des adversaires des États-Unis.
    Le bien contre le mal... Vous êtes avec moi ou contre moi... Ceux qui serrent la main de mon ennemi sont mes ennemis et je vais les descendre.
    Pas question de monde pluripolaire. Washington possède le bien, lorsqu'il ne le possède pas, il prend les moyens pour l'acquérir afin de sauvegarder le droit de parole, les droits de l'homme, peut-être de la femme (il faut demander à Êve au musée du créationnisme), il faut sauvegarder la liberté des capitaux, la liberté des profits et la pauvreté du pauvre monde. Ceux qui ne disent pas comme nous, sont des fous, des dictateurs et des méchants.

    Vive le bien, M. Truffaut, vive le bien!


    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S.: Pour M. Scott McClellan, on s'en reparle...
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  • Yvon Montoya - Abonné
    27 novembre 2007 08 h 30
    Brave gars...
    Atrocement superficiel et comme pour un autre article sur Karl Marx celui-là, on n'a pas le goût de commenter et M. Charbonneau s'en est bien tiré. Vous faites des répétitions d'autres commentaires et articles. Vous vous devez de nous offrir des réflexions qui informent et non à aller fouiller dans les poubelles d'autres salles de rédaction. Vous devez comprendre que vous vous adressez à des personnes qui en savent autant sinon plus que vous. C'est supposé être Le Devoir et c'est pour ça que nous prenons abonnement. Nous, moi, nous avons des bibliothèques chargées et des revues et des radios et de amis dans ces pays (et quelques autres les autres aussi), nous connaissons les langues et nous possédons des bagages politico-intellectuels permettant de faire la différence entre une information et une répétition. L'angle d'attaque de votre article est déjà suspect et ressort tous les lieux communs entendus et cités par les ignorants à la mode démocratique bonne-conscience. Mille excuses pour cette colère matinale mais il est vrai que j'ai d'autres chats à fouetter et je n'ai pas de temps à perdre.
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  • Claude Guay - Abonné
    27 novembre 2007 08 h 37
    Et le mal sera annihilé!
    Bonjour,

    La réaction de M. Charbonneau ne manque pas de sens. Notre point de vue sur ce qui se passe ailleurs est nécessairement partial et partiel.

    Nous ne savons pas tout et nous ne savons que ce qu'on veut bien nous laisser savoir. Le voisin me sourit et a l'air heureux, mais je ne sais pas ce qui se passe dans sa tête et entre les quatre murs de sa maison. Plus je vieillis et plus je me sens incapable de juger de quoi que ce soit et surtout, de ce qui se passe vraiment en pays étranger. J'exècre M. Bush: Il nous a menti et il a menti à tous les américains. Comment alors expliquer qu'il ait été réélu? Les américains sont-ils aveugles? Peut-on vraiment croire que les États-Unis d'Amérique soient un pays plus démocratique que la Russie? Peut-on vraiment croire que Kasparov n'y serait pas mis au ban de la société là aussi s'il dérangeait trop les bien-pensants du royaume.

    On se révolte contre les japonais qui vont à la pêche à la baleine et on ne comprend pas que des étrangers puissent remettre en question la chasse aux phoques.

    J'ignore ce qui se passe en Russie. J'ignore ce qui se passe en Chine et au Japon. J'ignore ce qui se passe aux États-Unis et je n'ai qu'une bien faible idée de ce qui se passe à Québec et à Ottawa. Je pense que reconnaître notre ignorance est le premier de nos actes libérateurs. Mais la liberté acquise alors est bien exigeante et je comprend (même si je n'approuve pas) tous ceux qui se cherchent un guide, un maître à penser, un parti unique, un sauveur, un leader, un chef qui a toutes les réponses à toutes les questions, qui sait, lui, ce qu'il nous faut. Quant aux constitutions, je pense qu'elles ne doivent pas être immuables afin de pouvoir répondre aux besoins changeant d'une nation: voir à ce sujet les nombreuses constitutions de France. L'outil qui est trop rigide finit toujours par casser.

    Ceci dit en toute humilité.

    Merci.

    Claude Guay
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  • Sylvain Lavoie - Inscrit
    27 novembre 2007 12 h 50
    L'hégémonie du bien...pour qui ?
    Il y a tout de même un point fort intéressant sur lequel M. Truffaut met le doigt : «cette mentalité d'assiégé» n'est pas seulement caractéristique du peuple russe mais largement répandue en son sein et entretenue sciemment par le régime actuel ( elle a été le pilier du régime depuis 1917...). Pour être allé sur le terrain, j'ai pu constaté que «l'autre» démonisé y est omniprésent...Ainsi on retrouve dans le discours populaire; les oligarques mis au pas par Poutine sont des juifs qui se sont une fois de plus enrichi sur le dos du bon peuple ( le protocole des Patriarches de Sion...)...Les caucasiens sont tous des terroristes ou des mafieux...ou encore les malheurs de la Russie sont imputables aux «étrangers» et j'en passe. Ceci pour démontrer à quel point l'autre est utile dans la réthorique Poutinienne, ça permet de faire resserer les rangs à la nation. Il est fréquent d'entendre en Russie que la démocratie est une invention occidentale et que les russes doivent s'en prémunir comme d'une maladie honteuse et se doivent même de la reformuler: on parle ici de la «démocratie souveraine» de Poutine qui ressemble étrangement au concept de «démocratie populaire» a la différence près que dans cette dernière ,l'opposition n'avait pas le droit légal d'exister...Dans la Russie de Poutine, sont «existence» est permise par la constitution. Bref dans la Russie de Vladimir, l'enfer c'est aussi les autres, qu'ils soient juifs, caucasiens ou encore «occidentaux».
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  • Normand Chaput - Abonné
    27 novembre 2007 16 h 45
    @charbonneau
    encore un peu plus et on ne vous entendra plus. Et j en serai le premier desole
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  • Claude Boucher - Inscrit
    27 novembre 2007 22 h 47
    Réponse à Serge Charbonneau
    Mon bon monsieur, vous disjonctez encore plus que monsieur Truffaut!
    Nous avons (il y a) des journalistes, sur place, qui font dans une situation difficile (pensez à l'assassinat de la journaliste russe dont le nom m'échappe à cette heure tardive!) leur boulot, et qui sont sur le terrain bien plus que vous ne le pensez.
    Je ne suis ni pro-Poutine, ni et surtout pas pro-Bush, mais la propagande américaine, qui existe bel et bien, a le mérite de permettre la diversité et la pluralité d'opinion, malgré une concentration déplorable des média.
    J'ai été sur le terrain, en Géorgie, alors même que le pays tentait de se défaire de la présence soviétique et des maîtres de Moscou. J'ai rencontré le bon peuple (je dormais chez le bon peuple), qui m'ont souligné leur nostaligie (on s'ennuie du voyage annuel gratuit à Moscou et des salaires de crève-faim mais payé rubis sur l'ongle, mais non, on ne retournerait pas à l'époque de l'URSS pour rien au monde. J'ai aussi entendu, par la bouche même des victimes, les horreurs commises sur les prisonniers politiques. C'est de cette Russie dont rêve Poutine.
    J'ai aussi vécu durant trois ans au Guatemala, où j'ai assisté à mon grand désarroi à un processus électoral dans lequel figurait, comme candidat présidentiel, Efrain Rios Montt, probablement le plus sanguinaire des dictateurs qu'ait connu l'Amérique latine. J'ai vu le bon peuple envouté par les discours populistes de cet homme, et cherché à comprendre comment les autochtones guatémaltèques pouvaient même penser à voter pour celui à qui on attribue les pries massacres commis contre ce même peuple.
    La démocratie dont vous parlez, celle dont vous semblez rêver, semble se résumer à la simple adhésion de la majorité d'un peuple à une idéologie et au leader qui en fait la promotion. À ce compte-là, cher monsieur, Staline, Hitler et bien d'autres étaient de parfaits démocrates.
    La démocratie, la vraie, implique la pluralité des opinions, et le débat ouvert, sans utilisation de la force militaire ou autre pour l'entraver. Elle implique aussi le plus haut respect de la minorité par la majorité. Cette démocratie-là, qui même ici est en train de se perdre, avec les discours et politiques populistes du tandem Harper-Dumont, est celle dont je continue de rêver.
    Alors, monsieur Charbonneau,sans pour autant glorifier le travail de monsieur Truffaut, ayez au moins l'obligeance de reconnaître le travail valeureux de nombreux journalistes qui risquent souvent leur vie avant même que l'eau de votre café n'ait bouilli le matin. Et de grâce, un peu de rigueur intellectuelle, et moins de contorsion factuelle.
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  • Francis Loranger - Inscrit
    28 novembre 2007 11 h 47
    Précisions et références
    Certes, les renseignements et thèses avancés par Serge Truffaut mériteraient une réflexion plus approfondie et mieux documentée, mais les faits cités n'en demeurent pas moins exacts, au-delà de la subjectivité du point de vue. Il suffit, pour s'en convaincre, de consulter les articles du dernier journal russe véritablement critique, Novaïa Gazeta (Новая газета), et les reportages de l'unique radio nationale indépendante, Écho de Moscou (Эхо Москвы).

    http://www.novayagazeta.ru/
    http://www.echo.msk.ru/

    La journaliste Anna Politkovskaïa, abattue en octobre 2006 dans des circonstances non élucidées, appartenait à ce journal ; deux de ses collègues furent assassinés avant elle. Les non-russophones peuvent lire en traduction les analyses de divers journaux russes, partisans et détracteurs du pouvoir, dans l'hebdomadaire Courrier international.

    http://www.courrierinternational.com

    La popularité de Vladimir Poutine est indéniable, tout autant que le musellement de la presse et de la télévision par son pouvoir autoritaire. Après plusieurs décennies de régime soviétique succédant à un régime impérial tout aussi liberticide, la prédilection du peuple russe pour un dirigeant autocratique qui a su rétablir, grâce à son exceptionnelle intelligence stratégique, la gloire militaire et la puissance économique de son pays, n'étonne guère. À travers son histoire mouvementée, le peuple russe s'est accoutumé aux potentats. Il ne pardonna d'ailleurs jamais à Mikhaïl Gorbatchev ses demi-mesures et la dissolution de l'Union soviétique. Malgré les souffrances endurées sous son régime et la révélation de l'horreur des goulags, la popularité de Staline ne cesse de croître, parce qu'il incarne l'apothéose de la puissance soviétique déchue.

    Bien entendu, il appartient aux Russes d'élire leurs représentants... mais on peut avancer sans risque de se fourvoyer que les autorités russes disposent d'un service de propagande efficace pour orienter les citoyens dans la bonne voie ! Pour conjurer toute menace, le gouvernement a au préalable réformé la loi électorale afin d'interdire presque tous les partis d'opposition. Et peu importe l'exclusivité de ce choix électoral que tous reconnaissent à la population russe, on ne saurait tolérer l'incarcération arbitraire et abusive d'opposants politiques. La guerre sanguinaire menée contre le peuple tchétchène, l'odieuse entrave de la liberté d'expression, les enfreintes répétées aux libertés civiques, son recours systématique au népotisme et ses liens mafieux fournissent des motifs suffisants d'inquiétude et de critique envers le régime de Vladimir Poutine.
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    28 novembre 2007 13 h 44
    Maintenant, regardons Poutine réaliser son rêve!
    « C'est de cette Russie dont rêve Poutine.
    Et de grâce, un peu de rigueur intellectuelle, et moins de contorsion factuelle. »
    Une déclaration de M. Claude Boucher

    Je ne sais vraiment pas de quelle Russie rêve Poutine. Vous êtes bien chanceux, mon bon M. Boucher, de partager si intimement ses rêves.
    Moi, tout je ce que vois et c'est bien peu, par les reportages de journalistes comme Alexandra Szacka, c'est que Poutine est bien populaire dans son pays.
    Si les Russes le refusent et lui préfèrent un Kasparov ou n'importe qui d'autre, je ne les traiterai pas d'imbéciles. Comme je n'aimerais pas que les grands penseurs et observateurs étrangers décident qui est bon pour me représenter.
    Je ne crois nullement que les Russes soient moins intelligents que nous.

    On entend peu les nombreux journalistes en Russie. Ici, nous avons plutôt des opinions d'anciens journalistes qui ne sortent plus.

    Moi aussi, j'ai vécu plusieurs mois au Guatemala. J'ai connu la chaleur de ce peuple. Par contre, je ne l'ai pas vu voter. Je n'ai pas vu ce peuple s'intéresser à la politique. J'ai plutôt vu ces petits indigènes accueillants et gênés, cultiver le maïs sur leurs montagnes transformées en escalier. J'ai plutôt vu leur crainte des uniformes et leur sourire lorsqu'ils me saluaient. Jamais ils n'ont manqué de me rappeler que nous étions passés l'heure du midi quand je leur disais en les croisant: "Buenos dias". Ils me répondaient avec un large sourire aux lèvres: "Buenas tardes". Jusqu'à midi, on dit Buenas dias, tout l'après-midi c'est Buenas tardes et passé six heures précises, c'est Buenas noches, il ne faut surtout pas se tromper!

    J'ai vécu aussi six mois au Venezuela, j'y ai fait un reportage que vous pouvez visionner (malheureusement en qualité réduite et en trois parties) sur le site de Cybersolidaire ( http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2006/ ).

    J'essaie toujours d'avoir une certaine rigueur intellectuelle et j'essaie aussi d'éviter les contorsions intellectuelles. J'ai probablement bien des lacunes et il est bon de me les rappeler. Cependant, je crois que les éditorialistes chevronnés qui ont leur chaire éditoriale, font aussi souvent preuve d'un manque de rigueur intellectuelle et s'adonnent souvent à des contorsions factuelles.

    Je remercie le Devoir qui permet la pluralité des opinions. Il est bien vrai que la démocratie implique la pluralité des opinions. Il est aussi vrai qu'une opinion valable se forge en fonction des informations disponibles.

    Je m'insurge souvent sur les textes d'opinion. Je remets en doute les opinions tranchées, les jugements sans appel, les personnages classifiés. Poutine en est un. Il y a quelques années, lorsque le personnage Poutine ne contredisait pas trop la politique états-unienne, les massacres qu'il commettait en Tchétchénie passaient pour une lutte antiterroriste. Aujourd'hui il devient dictateur et son image ressemble à celle de Staline.

    Je ne connais pas suffisamment la Russie pour trancher, mais bien des choses m'amènent à avoir de sérieux doutes sur cette diabolisation. Chose sûre, Poutine s'oppose aux politiques US, entre autres, au bouclier à missiles.

    Par contre, je connais très bien l'Amérique latine, j'y ai de nombreux amis et je connais particulièrement bien le Venezuela. L'image forgée de Chavez, depuis son accession au pouvoir a toujours été de la désinformation grotesque. Il faut juste s'ouvrir un peu plus les yeux pour bien voir la réalité.

    Je ne suis pas du genre à vouloir sauver le bon peuple. Je fais confiance aux Russes, aux Vénézuéliens, aux Boliviens pour mener leur pays comme ils l'entendent et se sauver eux-mêmes.

    Je ne suis pas pro Poutine et encore moins pro Bush, ni même pro Chavez, mais je sais reconnaître une opinion déguisée en information.
    Il faut savoir reconnaître l'exploitation, la désinformation la propagande. Il faut connaître l'histoire et il faut s'efforcer de voir tous les côtés de la réalité.
    Au Venezuela, j'ai vu les changements s'effectuer sous mes yeux et j'ai constaté l'espoir dans la population.

    La diabolisation existe, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Poutine dérange et au nom de la démocratie et de la liberté, on le dénigre. Je ne crois pas que tout est blanc et que tout est noir. Poutine a ses défauts et probablement qu'il a aussi ses qualités. Il est nettement exagéré d'en faire un Staline ou un Hitler et de présumer de ses rêves.

    Je respecte les journalistes qui savent mettre leurs opinions en retrait pour mettre de l'avant les faits.

    Remettre en question les opinions tranchées comme celles de M. Truffaut, m'apparaît salutaire pour la saine réflexion.


    Merci à vous, mon bon M. Boucher, pour m'avoir permis de préciser mon approche du journalisme.

    Je remarque que M. Francis Loranger nous met en garde lui aussi contre ce dictateur sanguinaire de Poutine. Un manipulateur antidémocratique qui tue et bafoue la liberté d'expression tout comme Chavez d'ailleurs.

    Employant tout la force des demi-vérités, il nous convainc totalement que ce Poutine représente une menace à la bonne marche du monde en général et au bien-être des Russes en particulier.

    C'est clair, l'image de Poutine est celle du méchant. Nul besoin d'en ajouter. Regardons-le tout simplement aller maintenant.
    Regardons aussi aller M. Bush, cet artisan de la paix, en liste pour le prix Nobel.
    Cessons de discourir et regardons-les. Leurs actes valent plus que leurs mots et que les nôtres... On s'en reparle!


    Serge Charbonneau
    Québec
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  • Sergus Sergus - Inscrit
    28 novembre 2007 18 h 47
    "Figure de proue de l'opposition"???!!! - Serge, you need a brain transplant
    L'author needs a brain transplant. And I'm serious.
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