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Cyclone au Bangladesh : des milliers de morts et des millions de sinistrés

19 novembre 2007  Actualités internationales
Barguna, Bangladesh — Plusieurs milliers de personnes, entre 5000 et 10 000 selon le Croissant-Rouge, ont été tuées par le cyclone Sidr qui a dévasté le sud du Bangladesh alors que des millions de sinistrés n'ont reçu aucun secours et souffrent de la soif et de la faim.

«Le bilan atteint 3000 morts confirmés», a déclaré à l'AFP M. Abdur Rab, président de la société du Croissant-Rouge bangladais. «Il pourrait dépasser les 5000 [morts], mais cela restera sous les 10 000», a-t-il affirmé, trois jours après le pire cyclone survenu en près de vingt ans au Bangladesh. Le gouvernement s'en tenait hier à «2217 morts».

«Mais nous en avons des [bilans] plus élevés qui nous arrivent de différentes régions du littoral», a prévenu Salina Shahid, du ministère de la Gestion des catastrophes naturelles. Au total, il y aura plusieurs «milliers de morts», avertissent les autorités.

Les sauveteurs s'attendent en effet à trouver des «milliers de cadavres» à mesure qu'ils progressent dans chaque district ravagé et coupé du monde. Les secouristes «avancent lentement dans les régions isolées, presque obligés de couper les arbres» couchés en travers des routes dans des districts rayés de la carte, a expliqué Douglas Casson Coutts du Programme alimentaire mondial (PAM).

Au Bangladesh déshérité, Sidr n'a semé que mort et désolation, balayant des dizaines de milliers de maisons en pisé, en bambou ou en paille. Le nombre de blessés atteint sûrement des milliers et les sinistrés se comptent par millions.

Au moins «900 000 familles sont dans le besoin», soit sept millions de personnes, a affirmé Shafiquzzaman Rabbani de la Croix-Rouge.

Besoin d'aide

À un kilomètre de la côte, des survivants désespérés racontent à l'AFP qu'ils vont sûrement mourir s'ils ne reçoivent pas, au plus vite, eau et nourriture.

«J'ai perdu six membres de ma famille dans le cyclone. Nous sommes trois à avoir survécu. J'ai peur que l'on ne meure de faim. Nous n'avons ni bu ni mangé depuis plusieurs jours», dit Sattar Gazi, un paysan du village de Nishanbari.

Et «nous n'avons même pas de vêtements pour envelopper les cadavres et les enterrer. Nous le faisons avec des feuilles», témoigne-t-il.

«Il n'y a ni eau, ni nourriture [...] Les corps flottent dans les rivières et jonchent les rizières», raconte Abdul Zabbar, un instituteur. «Aucun sauveteur n'est arrivé jusqu'à nous», dénonce-t-il.

Pourtant, la marine a envoyé des tonnes de vivres et de médicaments et l'armée a dépêché ses hélicoptères. L'UE, l'Allemagne, la France, les Pays-Bas la Suisse, et l'Espagne ont débloqué des millions d'euros.

Mais «des millions de gens sont sans abri et moins de 1 % de cette population a été secouru», a estimé Hariprasad Pal, administrateur du district de Jhalokati, l'un des plus meurtris avec celui de Barguna, à une centaine de kilomètres au sud de Dacca.

«En 20 ans, je n'avais jamais vu une telle catastrophe», a témoigné M. Pal, qualifiant Sidr de «grande tragédie humaine», quand des survivants parlent du cyclone du «Jugement dernier».

Sidr est la pire tempête depuis 16 ans dans ce pays ravagé par un ouragan en 1970, qui avait fait un demi-million de morts, et par un raz-de-marée en 1991, qui avait tué 138 000 personnes.

Pour éviter un bilan aussi terrible, les autorités avaient fait évacuer 1,5 million de personnes dans des bâtiments et des abris anticycloniques construits sur la côte.
 
 
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