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Sitôt libérés, sitôt écroués

Huit soldats turcs libérés la semaine dernière après avoir été retenus par le PKK sont accusés d'avoir désobéi aux ordres

12 novembre 2007  Actualités internationales
Ankara — Huit soldats turcs, libérés la semaine dernière après avoir été retenus pendant deux semaines par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste) dans le nord de l'Irak, ont été arrêtés puis écroués par un tribunal militaire de Van, ont rapporté hier les médias.

Les conscrits ont été accusés d'avoir refusé d'obéir aux ordres et d'avoir franchi sans autorisation la frontière irakienne, a indiqué la chaîne d'information CNN-Türk. Les soldats étaient interrogés par des officiers et des procureurs militaires d'abord à Ankara puis à Van depuis leur libération, le 4 novembre dernier.

Les huit soldats avaient été capturés par le PKK lors d'une embuscade le 21 octobre qui avait coûté la vie à 12 autres militaires dans le sud-est anatolien, proche de la frontière irakienne. Les journaux turcs pensent que les soldats, dont plusieurs sont originaires du sud-est, peuplé majoritairement de kurdes, ont refusé de combattre et se sont rendus aux rebelles.

Cette attaque a fait monter la tension dans la région; le gouvernement turc avait fait adopter une texte au parlement l'autorisant à des incursions de l'autre côté de la frontière, en Irak, pour éliminer les bases rebelles du PKK implantées dans le nord.

Trois députés kurdes turcs du Parti pour une société démocratique (DTP, pro-kurde) ont assisté à la remise au gouvernement autonome kurde du nord de l'Irak des huit soldats.

Le parquet d'Ankara a lancé une enquête à l'encontre des trois parlementaires pour déterminer si leur implication dans cette libération pouvait constituer un crime au regard de la législation antiterroriste.

Le DTP est fréquemment accusé par Ankara d'être un instrument du PKK, en rébellion armée depuis 1984 pour obtenir l'indépendance des Kurdes du sud-est de la Turquie dans un conflit qui a déjà tué plus de 37 000 personnes.
 
 
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