Le guide contre l'illuminé
Cette semaine, le grand patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed el-Baradeï, va attirer les regards de tous les puissants du globe lors de la communication du rapport consacré à la coopération des Iraniens en matière nucléaire. Si son diagnostic fait état d'une mauvaise volonté de la part de Téhéran, alors des sanctions s'en suivront et peut-être même des bombardements. Et ce, au moment où l'on ne sait plus très bien qui, du côté iranien, a la main haute sur le dossier.
Lorsqu'en 2005, les Européens ont amorcé des pourparlers avec la délégation iranienne, celle-ci était dirigée par Ali Larijani, alors proche du président Mahmoud Ahmadinejad. Au cours des premières discussions, l'attitude de Larijani était au diapason de celle d'Ahmadinejad: rigide. Il était alors réputé pour formuler des critiques sur le mode violent de la politique défendue par le prédécesseur d'Ahmadinejad, soit Mohammad Khatami.
Mais, voilà, au fil de ses rencontres avec les Européens et les représentants de l'AIEA, il a effacé les accents de l'inflexibilité pour mieux apprivoiser ceux du diplomate classique. Parallèlement, il a mis à profit les droits inhérents à sa fonction en noyautant le Conseil supérieur de sécurité nationale sur lequel le guide suprême, Ali Khameini, a un pouvoir influent.
Évidemment, les liens entre Larijani et Ahmadinejad s'étant distendus, ce dernier s'est mis en tête de se débarrasser du premier. Il a obtenu satisfaction en septembre dernier. L'épisode mérite d'être rappelé. Après la rencontre entre le guide suprême et le président Vladimir Poutine, Larijani annonce que le Russe a fait une nouvelle offre pour sortir de l'impasse nucléaire. Moscou confirme ses dires. Que fait Ahmadinejad? Il affirme qu'il n'y a rien de vrai là-dedans. Il n'en fallait pas moins pour que Larijani démissionne.
Depuis lors, il est devenu le chouchou, mais pas encore le chef de file, des opposants iraniens à Ahmadinejad. Chose certaine, son départ, et surtout les raisons qui l'ont motivé, ont enragé les parlementaires et surtout, surtout, l'élite cléricale. À tel point que les très conservateurs ayatollahs de Qom viennent de choisir l'ennemi politique no 1 du président Ahmadinejad, soit Hashemi Rafsanjani, pour présider la pesante Assemblée des experts.
Qui plus est, députés et autorités religieuses s'emploient actuellement à convaincre Larijani pour qu'il accepte de mener la liste des conservateurs dits modérés lors des législatives de 2008. Et comme leur objectif consiste, à moyen terme, à liquider Ahmadinejad et tous les membres des Gardiens de la révolution qu'il a nommés à des postes clés, ils voudraient que Larijani l'affronte lors de la prochaine présidentielle. Et ce, avec la caution même du guide suprême.
En effet, ce dernier a encouragé son principal conseiller en relations internationales et ex-ministre des Affaires étrangères à formuler une critique publique d'Ahmadinejad. Ce que celui-ci a fait comme l'ont fait des patrons de journaux. Cette inflexion du guide est attribuable au départ de Larijani, mais également à un constat. Lequel? Ahmadinejad grignote sans vergogne l'espace politique réservé dans la constitution au guide en plus de prendre des décisions qui défient la logique. Exemple? Après avoir écarté le directeur de la banque centrale, Ahmadinejad annonce, alors qu'il est en voyage en Biélorussie, une baisse du taux d'intérêt alors que les pressions inflationnistes commandaient l'inverse.
À Washington, si l'Iran est considéré comme le principal problème de la politique étrangère, on ne s'entend guère sur les mesures à prendre. Au département d'État depuis que Condoleezza Rice a remplacé les néoconservateurs par des adhérents à la realpolitik chère à Henry Kissinger, on souhaite régler le tout par la négociation en impliquant le Kremlin. Ici et là, on murmure qu'un troc se discuterait présentement avec Poutine. À ce dernier, on donnerait des gages sur le fait que, en ce qui a trait à l'indépendance du Kosovo et à l'entrée de la Géorgie dans l'OTAN, les États-Unis adopteraient profil bas. En échange de quoi, le Russe utiliserait le canal direct qu'il a avec Khameini pour faire entendre raison à ce mystique embrouillé dans ses légendes coraniques qu'est Ahmadinejad.
Le problème? Dick Cheney, le mauvais génie de Bush, est en train de faire avec l'Iran ce qu'il a fait avec l'Irak. Il jongle avec les études des services de renseignements de manière à amplifier la menace iranienne. C'est d'ailleurs cette manipulation qui est à l'origine de la démission de John Negroponte, le patron de toutes les agences de renseignements. Comme quoi, il faudrait souhaiter la réalisation d'un troisième troc: les renvois simultanés et sans primes de Cheney et Ahmadinejad.
Lorsqu'en 2005, les Européens ont amorcé des pourparlers avec la délégation iranienne, celle-ci était dirigée par Ali Larijani, alors proche du président Mahmoud Ahmadinejad. Au cours des premières discussions, l'attitude de Larijani était au diapason de celle d'Ahmadinejad: rigide. Il était alors réputé pour formuler des critiques sur le mode violent de la politique défendue par le prédécesseur d'Ahmadinejad, soit Mohammad Khatami.
Mais, voilà, au fil de ses rencontres avec les Européens et les représentants de l'AIEA, il a effacé les accents de l'inflexibilité pour mieux apprivoiser ceux du diplomate classique. Parallèlement, il a mis à profit les droits inhérents à sa fonction en noyautant le Conseil supérieur de sécurité nationale sur lequel le guide suprême, Ali Khameini, a un pouvoir influent.
Évidemment, les liens entre Larijani et Ahmadinejad s'étant distendus, ce dernier s'est mis en tête de se débarrasser du premier. Il a obtenu satisfaction en septembre dernier. L'épisode mérite d'être rappelé. Après la rencontre entre le guide suprême et le président Vladimir Poutine, Larijani annonce que le Russe a fait une nouvelle offre pour sortir de l'impasse nucléaire. Moscou confirme ses dires. Que fait Ahmadinejad? Il affirme qu'il n'y a rien de vrai là-dedans. Il n'en fallait pas moins pour que Larijani démissionne.
Depuis lors, il est devenu le chouchou, mais pas encore le chef de file, des opposants iraniens à Ahmadinejad. Chose certaine, son départ, et surtout les raisons qui l'ont motivé, ont enragé les parlementaires et surtout, surtout, l'élite cléricale. À tel point que les très conservateurs ayatollahs de Qom viennent de choisir l'ennemi politique no 1 du président Ahmadinejad, soit Hashemi Rafsanjani, pour présider la pesante Assemblée des experts.
Qui plus est, députés et autorités religieuses s'emploient actuellement à convaincre Larijani pour qu'il accepte de mener la liste des conservateurs dits modérés lors des législatives de 2008. Et comme leur objectif consiste, à moyen terme, à liquider Ahmadinejad et tous les membres des Gardiens de la révolution qu'il a nommés à des postes clés, ils voudraient que Larijani l'affronte lors de la prochaine présidentielle. Et ce, avec la caution même du guide suprême.
En effet, ce dernier a encouragé son principal conseiller en relations internationales et ex-ministre des Affaires étrangères à formuler une critique publique d'Ahmadinejad. Ce que celui-ci a fait comme l'ont fait des patrons de journaux. Cette inflexion du guide est attribuable au départ de Larijani, mais également à un constat. Lequel? Ahmadinejad grignote sans vergogne l'espace politique réservé dans la constitution au guide en plus de prendre des décisions qui défient la logique. Exemple? Après avoir écarté le directeur de la banque centrale, Ahmadinejad annonce, alors qu'il est en voyage en Biélorussie, une baisse du taux d'intérêt alors que les pressions inflationnistes commandaient l'inverse.
À Washington, si l'Iran est considéré comme le principal problème de la politique étrangère, on ne s'entend guère sur les mesures à prendre. Au département d'État depuis que Condoleezza Rice a remplacé les néoconservateurs par des adhérents à la realpolitik chère à Henry Kissinger, on souhaite régler le tout par la négociation en impliquant le Kremlin. Ici et là, on murmure qu'un troc se discuterait présentement avec Poutine. À ce dernier, on donnerait des gages sur le fait que, en ce qui a trait à l'indépendance du Kosovo et à l'entrée de la Géorgie dans l'OTAN, les États-Unis adopteraient profil bas. En échange de quoi, le Russe utiliserait le canal direct qu'il a avec Khameini pour faire entendre raison à ce mystique embrouillé dans ses légendes coraniques qu'est Ahmadinejad.
Le problème? Dick Cheney, le mauvais génie de Bush, est en train de faire avec l'Iran ce qu'il a fait avec l'Irak. Il jongle avec les études des services de renseignements de manière à amplifier la menace iranienne. C'est d'ailleurs cette manipulation qui est à l'origine de la démission de John Negroponte, le patron de toutes les agences de renseignements. Comme quoi, il faudrait souhaiter la réalisation d'un troisième troc: les renvois simultanés et sans primes de Cheney et Ahmadinejad.
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