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Moucharraf promet des élections d'ici le 15 février

Bhutto réclame plus que des déclarations vagues

Les avocats pakistanais ont de nouveau manifesté hier à Islamabad.
Photo : Agence Reuters
Les avocats pakistanais ont de nouveau manifesté hier à Islamabad.
Islamabad — Le président Pervez Moucharraf a annoncé hier, sous la pression de la rue et de Washington, que les législatives, prévues initialement pour la mi-janvier avant qu'il n'instaure l'état d'urgence il y a six jours, auraient lieu avant le 15 février.

«Il n'y a pas l'ombre d'un doute dans mon esprit: les élections doivent avoir lieu, et avant le 15 février 2008», a-t-il déclaré à la télévision d'État. Il a également renouvelé sa promesse d'abandonner ses fonctions de chef des armées avant de prêter serment pour un second mandat présidentiel, une condition imposée par la Constitution pour que sa réélection le 6 octobre par des assemblées nationales et provinciales tout acquises à sa cause puisse être validée.

Peu avant, le procureur général du Pakistan, Malik Mohammad Qayyum, a également assuré que l'état d'urgence serait levé avant les législatives, «dans un ou deux mois».

Si Washington s'est réjoui de cette annonce, la chef de file de l'opposition Benazir Bhutto a réclamé des mesures concrètes plutôt que des «déclarations vagues».

«Nous cherchons une date pour dissoudre toutes les assemblées simultanément et organiser, dans le même temps, des élections pour l'Assemblée nationale et les quatre assemblées provinciales», a déclaré Moucharraf aux médias officiels après avoir présidé une séance du conseil de sécurité nationale. «Sur la base de ces calculs, nous devons organiser des élections d'ici le 15 février 2008», a-t-il ajouté.

Mercredi soir, l'ancienne première ministre Benazir Bhutto, qui négociait jusqu'alors un accord de partage du pouvoir avec le président Pervez Moucharraf, a opéré un revirement et appelé à «manifester massivement contre l'état d'urgence».

De nombreux rivaux et analystes politiques pensent qu'elle joue un double jeu et que son vibrant appel de mercredi n'avait d'autre objectif que d'accroître la pression sur M. Moucharraf.

Dans le même temps, la police a averti l'ancienne première ministre Benazir Bhutto, déjà la cible en octobre de l'attentat suicide le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, que des kamikazes islamistes se tenaient prêts à viser un rassemblement de son parti aujourd'hui à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad.

Le meeting du Parti du peuple pakistanais (PPP) de Mme Bhutto prévu aujourd'hui est interdit pour cause d'état d'urgence par la police, qui entend l'empêcher à tout prix.

Benazir Bhutto a annoncé hier soir qu'elle maintenait son meeting, doutant de la promesse «vague» de Moucharraf et exigeant de lui notamment une date précise pour les élections. Si les juges valident la réélection de Moucharraf, il est peu probable que cela lui permette de rétablir son autorité morale ou la confiance des investisseurs étrangers. Mais, estiment les analystes, il n'est pas en danger tant que l'armée restera loyale, qu'il parviendra à endiguer les manifestations de l'opposition et que ses alliés occidentaux auront besoin de lui pour contenir la menace d'al-Qaïda.

Le parti de Bhutto, le Parti du peuple pakistanais, le plus grand de l'opposition, a déclaré que des milliers de ses militants avaient été arrêtés dans la nuit de mercredi à hier.

Aftab Cheema, un responsable de la police de Lahore, a confirmé l'arrestation de 150 militants du PPP dans la ville en ajoutant que des opérations similaires avaient été menées dans toute la province du Punjab.

Benazir Bhutto menace de conduire une «longue marche» sur Islamabad si Moucharraf refuse de quitter l'uniforme et de respecter le calendrier électoral.
 
 
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