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La rupture

Pour justifier l'imposition de l'état d'urgence au Pakistan, le général Pervez Moucharraf a invoqué la menace islamiste ainsi que l'activisme jugé frondeur de certains magistrats. Diplomatie oblige, il a pris soin de ne pas mentionner la série de dissensions constatées ces derniers mois entre lui et l'administration Bush. Or celles-ci ont été centrales dans sa prise de décision.
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  • Kim Huynh - Abonné
    6 novembre 2007 16 h 01
    Democratie ne fontionne pas dans ce pays
    Il 'est impossible de promoter la democratie dans ce pays fragmente' et complexe. La guerre contre le terrorisme cependant vas suffrir quand M Bush a choisi un allie imparfait.
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    6 novembre 2007 19 h 41
    L'égarement momentané de Pervez!
    Pas simple à discerner ce qui se cache sous ce Pakistan. Il y a toutefois des choses qui sautent aux yeux. Une des premières est la douceur avec laquelle cet auto-coup d'État passe dans les informations et surtout à la Maison Blanche.
    Méchant contraste, quand on pense à la couverture médiatique du terrible régime Birman. Des pages et des pages de condamnations, des déclarations de représailles états-uniennes intenses et soutenues de façon continue pendant des semaines.
    Le régime Birman, cette junte répressive en place depuis des décennies a soulevé l'ire internationale après la simple réprimande musclée d'une manifestation de moines.
    Par contre, au Pakistan, on ne s'émeut pas trop, Bush se dit «préoccupé», et Rice déclare être «déçue», suivent quelques petites menaces de rupture diplomatique de la part de la Maison Blanche, mais des menaces, un peu pour la forme, car en réalité, rien de bien terrible dans cette relation d'affaires louches, n'est sérieusement envisagé.

    Musharaff, ce dictateur "sans effusion de sang", faisait de bonnes affaires. Il recevait, directement des bureaux de l'axe du bien, 150 millions US par mois, 11 milliards depuis 2001. Payant payant. Ces milliards sont en fait les ficelles qui guidaient les mouvements de ce bon dictateur un peu manipulé.
    Officiellement cet argent servait à la guerre contre le terrorisme et plus spécialement à débusquer Oussama, celui qui nous apparaît régulièrement (quand l'administration Bush a besoin de milliards supplémentaires pour leur croisade du bien) pour nous tenir informer de ses intentions et de son recrutement, c'est ce que l'on peut appeler: un maître terroriste transparent.

    Force est de constater que malgré ces milliards, les mois passent, les années s'écoulent, et... Ben Laden reste introuvable. Le reportage " Les ratés d'une traque", des journalistes français, Éric de Lavarene et Emmanuel Razavi, apporte de l'eau au moulin de la réflexion sur cette chasse à finir de Ben Laden, à voir ( http://www.dailymotion.com/video/x1g3oo_ben-laden- ).

    M. Truffaut note que les Talibans ont réduit la fonction d'Hamid Karzaï de président de l'Afghanistan à celle de maire de Kaboul. Il y a bien des seigneurs de guerre qui font la grosse vie en Afghanistan, les reportages de la courageuse Michèle Ouimet sont éclairant sur tout cet univers de corruption totale qui règne dans ce pays dévasté. Karzaï est la marionnette qui occupe le secteur qu'on lui laisse occuper. Les gouvernements de polichinelles sur une scène de castelet, ont plus de crédibilité que celui de Karzaï, donc, s'il vous plaît, cessons de parler de ce personnage comme s'il avait une quelconque importance!

    Pas simple comprendre ce Pakistan. Les bêtises de certains États-Uniens déclarant voir l'Inde comme un allier important, est une belle trouvaille. L'histoire nous amène à cette constatation, mais la réalité est, d'après moi, plus complexe et moins limpide. On ne sait pas ce que Negroponte est allé susurrer à l'oreille de Pervez au mois de septembre dernier. On se doute bien qu'il a prononcé le nom de Benazir Bhutto et on se dit que Musharaff a fait la grimace et que Negroponte a trouvé les mots pour convaincre Pervez de ne pas grimacer en public, mais pour le reste... ouf! Il y a bien des choses qu'on ne sait pas... et l'Inde... on peut remonter jusqu'à Gandhi pour s'en convaincre, qui sait? Avec des milliards, l'Inde peut devenir un pays très ami pour Musharaff et si les milliards ne sont plus suffisants et que les mouvements imposés par ces ficelles deviennent contre les principes du bon dictateur, celui-ci peut faire une montée de lait dictatoriale, qui sait?

    L'adversité avec l'Inde est historique, mais un autre fait de l'Histoire beaucoup plus récente celui-là, est l'origine des Talibans. Qui donc ont armé et entraîné ces Talibans? Avec quel argent? Je ne crois pas que Pervez Musharaff était le mécène qui mettait sur pied cette armée de soldats armés de convictions jusqu'aux dents. Bien avant qu'on ait établi son existence, l'axe du bien supportait généreusement ces vaillants soldats pour mettre à mal l'armée russe.

    Tout ce que l'on peut dire, c'est que les affaires ne tournent pas exactement comme les manipulateurs de Washington avaient prévu. Le retour de Benazir a engendré un remue-ménage surprenant. La chaleur de l'accueil n'avait pas été prévue. Cet espoir de démocratie que le peuple a démontré au monde entier et surtout aux manipulateurs de l'axe du bien a été une révélation. La Maison Blanche a bien vu que si ce pays glissait vers la démocratie, leur contrôle deviendrait bien plus difficile.
    Finalement, j'ai l'impression que la pagaille pakistanaise déclenchée par Pervez, les sert bien. Tout ce qu'ils ont à faire, c'est de grimacer un peu pour signifier devant les médias que ce n'est pas beau du tout ce que pervers Pervez fait, mais que... bon... on verra! Avec diplomatie, ils devraient lui faire retrouver le bon chemin. Après tout, il n'a pas dit vouloir annuler les élections, il veut les retarder, tout au plus!
    Pour le reste, liberté de presse, téléphones coupés, internet brouillé, arrestation massive,... bah! Ce n'est tout de même pas la Birmanie!


    Serge Charbonneau
    Québec



    P.S.: La remarque finale de M. Truffaut est bien drôle: «Pervez signale aux États-Unis que la rupture est désormais envisagée», comme si quelqu'un pouvait menacer de rompre
    avec l'Empire! Voyons, l'Empire! 2 milliards par jour pour régler ces petits problèmes d'incompréhension.
    Et l'Empire de répondre: Tu veux rompre nos liens, mon petit Pervez! Humm! Tu es sérieux là Pervez? Humm!
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