samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 09h44
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Musculation turque

Aux mesures militaires décidées il y a 15 jours à peine afin d'étouffer l'activisme des Kurdes turcs repliés en Irak, le gouvernement turc vient d'en greffer quelques autres. La nature de celles-ci? Économique et diplomatique. Annoncées au terme d'un conseil ministériel anormalement long — plus de sept heures —, ces mesures mettent tout d'abord en lumière un changement ou plutôt une musculation prononcée de la contre-offensive menée par Ankara.

Sur le plan économique et selon le souhait manifesté la semaine dernière par le Conseil national de sécurité, on envisage l'imposition à court terme d'un embargo sur les exportations et les importations avec les trois provinces kurdes d'Irak. Si le gouvernement turc passe aux actes, s'il ferme le seul poste-frontière en fonction, alors il est écrit dans le ciel que, sur ce front, les Kurdes vont subir des ravages. Il faut savoir que l'essentiel de l'économie du Kurdistan irakien repose sur ses relations avec la Turquie.

En ce qui concerne maintenant la diplomatie, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Ankara a adopté une attitude passablement butée. En effet, à la suite des menaces formulées par le premier ministre turc — on pense à celles visant tout particulièrement l'Irak —, le gouvernement de ce dernier pays avait opté pour une certaine bonne volonté. Pour faire court, il formule une série de mesures qu'il va présenter à Ankara.

Une fois sur place, les dirigeants turcs font savoir qu'il y a un préalable à toute négociation. Lequel? Le premier ministre turc Recep Erdogan exige que Bagdad lui livre les 150 principaux leaders du mouvement nationaliste kurde. Autrement dit, Erdogan demande à Nouri al-Maliki qu'il s'engage dans une guerre avec le Kurdistan irakien. On exagère à peine. Quoi d'autre? Il faut rappeler et souligner qu'Ankara refuse encore et toujours de reconnaître le gouvernement des provinces autonomes kurdes enclavées en Irak.

La posture quelque peu frondeuse d'Erdogan a eu pour conséquence un énième resserrement des liens entre Bagdad et Téhéran. Après discussion entre les deux capitales, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a renvoyé chez lui le chef de la diplomatie turque les mains vides. De quoi s'agit-il? L'Iranien n'a pas donné sa caution à l'opération militaire turque en territoire irakien.

Cette musculation des rapports de force, Ankara l'a également manifestée à l'endroit des États-Unis. Erdogan a réitéré sa requête demandant aux militaires américains en Irak d'aller dans le nord du pays afin de nettoyer les caches ou les camps administrés par les Kurdes turcs. Autrement dit (bis), Ankara voudrait que Washington s'aliène un de ses piliers les plus fermes dans le cadre de sa politique au Moyen-Orient.

À moins qu'Erdogan n'opte pour une réduction du ton employé ces derniers jours, la fébrilité qu'il manifeste pour un recours avant tout militaire annonce un autre conflit à l'horizon.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Serge Charbonneau - Abonné
    1 novembre 2007 05 h 20
    L'assassinat de Sarajevo
    Long débat au conseil des ministres turcs. Sanctions économiques et diplomatiques, en plus du muscle militaire. Cette méthode ne vous rappelle pas la méthode employée par Washington? On jurerait que la manoeuvre a été suggérée!

    Dans cette histoire, plusieurs éléments restent dans l'ombre. Les installations pétrolières de la région. Il doit sans doute y avoir quelqu'un qui les vise et qui voit leur potentiel économique, stratégique et même diplomatique? Mais, on fait comme si elles n'existaient pas. Je crois que les Kurdes auraient déjà leur pays si leur sous-sol était sec!

    Ça me fait toujours sourire, lorsque j'entends parler des décisions d'un gouvernement de pays occupé! Comme si ce gouvernement pouvait décider quoi que ce soit! Il y a de quoi éclater de rire! Maliki peut bien dire n'importe quoi, ce n'est pas lui qui mène le pays. Le cerveau est à Washington et les bras du contrôleur sont représentés par des milliers d'hommes armés jusqu'aux dents répartis stratégiquement sur tout le territoire. Donc, de rapporter avec sérieux les propos de ce président fantoche de Maliki ne sert qu'à divertir la galerie.
    Il faut plutôt déceler où se situent les intérêts de Washington. C'est l'Empire qui tire les ficelles, qui peut mettre de l'huile ou étouffer le feu, qui peut placer les barils de poudre de façon stratégique et allumer la mèche. 750 milliards par année pour la puissance de l'Empire, avec ce petit budget de défense (sic), il y a de quoi tirer bien des ficelles et pas nécessairement les plus pacifiques. L'axe du bien est très belliqueux.

    Ce conflit au Kurdistan n'est peut-être que la mèche au baril de poudre. En étant sombre, on pourrait imaginer que c'est peut-être "l'Assassinat de Sarajevo" de la troisième guerre mondiale dont ce grand pacificateur et président US, M. Bush, faisait allusion!

    Ce matin, dans cette crise kurde, un titre qui n'est peut-être pas si anodin qu'il le laisse paraître:
    « L'Iran entre en scène »

    Le faux pas de l'Iran que Washington attend avec impatience se profile à l'horizon.
    Si l'Iran s'implique au Kurdistan, ce sera probablement le catalyseur pour resserrer les liens Kurdes-US et une brèche se fera dans la tranquillité iranienne. On pourra justifier, alors une attaque plus massive vers Téhéran. Les Iraniens vont sans doute faire une manoeuvre que la Maison Blanche, dans sa grande sagesse paisible, jugera excessive et mériteront des représailles.

    Un autre élément dont on ne dit mot, comme s'ils étaient d'une valeur négligeable: les Kurdes, les pauvres Kurdes!
    Les représentants de l'axe du bien semblent se foutre de ces êtres humains, nés au mauvais endroit au mauvais moment. Ces Kurdes ont été bien utiles pour le procès de Saddam et, jusqu'ici, pour la stabilité des puits d'or noir du nord irakien. Maintenant, s'ils se font massacrer, leur massacre peut s'avérer utile pour la suite des événements. L'axe du bien, sait profiter et mettre en place bien des stratégies.


    Serge Charbonneau
    Québec
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    1 novembre 2007 08 h 04
    Des problèmes ? Des bombes !
    Le président américain va tout arranger ça comme en Irak sans "zigoner" inutilement. Après avoir bombardé l'Iran, ce qu'il menace de faire prochainement, il n'a qu'à agir de même en Turquie. Pourquoi pas, tant qu'à y être, ajouter la Corée du nord et, peut-être le Venezuela et Cuba s'il lui reste encore quelques bombes en réserve pour redresser tous ces torts, de ceux qui ne les aiment pas, avant les prochaines élections américaines.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Roland Berger - Abonné
    1 novembre 2007 10 h 39
    Encore des maudits « séparatisses»...
    Comme dirait Jean Chrétien, encore des maudits « séparatisses ». Ces Kurdes ne sont que des mécréants qui veulent faire un pays du territoire qu'ils occupent depuis plus d'un millénaire mais que les puissances occidentales refusent de leur reconnaître. Et pire encore, ces maudits « séparatisses » sont assis sur des nappes de pétrole qui font l'envie des maîtres de Washington, tous trempés dans l'or noir jusqu'au cou.
    Roland Berger
    London, Ontario
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    1 novembre 2007 12 h 49
    @ M. Roland Berger
    Faut relire une des fables de Lafontaine, LE LOUP ET L'AGNEAU qui commence par : «La raison du plus fort est toujours la meilleure, nous l'allons montrer tout à l'heure.»

    On a beau dire et écrire que l'injustice, c'est pas juste, on n'en finira jamais.

    Les Kurdes vont souffrir de vouloir être indépendants. Si ils sont maltraités déjà, qu'ils n'hésitent pas à confronter le pouvoir central mais, si les choses vont assez bien pour eux, ils sont bien mieux vivants peureux et assez heureux que braves et morts ou blessés gravement, ce qui ne donnera pas un Kurdistan indépendant. L'homme est un loup pour l'homme.

    Il y a quelques fois des exceptions à cette règle générale comme en Irak : Le loup américain a de la misère à manger l'agneau Irakien qui commence à lui donner une grave indigestion. Chose semblable, en Palestine.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
4 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012