Musculation turque
Aux mesures militaires décidées il y a 15 jours à peine afin d'étouffer l'activisme des Kurdes turcs repliés en Irak, le gouvernement turc vient d'en greffer quelques autres. La nature de celles-ci? Économique et diplomatique. Annoncées au terme d'un conseil ministériel anormalement long — plus de sept heures —, ces mesures mettent tout d'abord en lumière un changement ou plutôt une musculation prononcée de la contre-offensive menée par Ankara.
Sur le plan économique et selon le souhait manifesté la semaine dernière par le Conseil national de sécurité, on envisage l'imposition à court terme d'un embargo sur les exportations et les importations avec les trois provinces kurdes d'Irak. Si le gouvernement turc passe aux actes, s'il ferme le seul poste-frontière en fonction, alors il est écrit dans le ciel que, sur ce front, les Kurdes vont subir des ravages. Il faut savoir que l'essentiel de l'économie du Kurdistan irakien repose sur ses relations avec la Turquie.
En ce qui concerne maintenant la diplomatie, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Ankara a adopté une attitude passablement butée. En effet, à la suite des menaces formulées par le premier ministre turc — on pense à celles visant tout particulièrement l'Irak —, le gouvernement de ce dernier pays avait opté pour une certaine bonne volonté. Pour faire court, il formule une série de mesures qu'il va présenter à Ankara.
Une fois sur place, les dirigeants turcs font savoir qu'il y a un préalable à toute négociation. Lequel? Le premier ministre turc Recep Erdogan exige que Bagdad lui livre les 150 principaux leaders du mouvement nationaliste kurde. Autrement dit, Erdogan demande à Nouri al-Maliki qu'il s'engage dans une guerre avec le Kurdistan irakien. On exagère à peine. Quoi d'autre? Il faut rappeler et souligner qu'Ankara refuse encore et toujours de reconnaître le gouvernement des provinces autonomes kurdes enclavées en Irak.
La posture quelque peu frondeuse d'Erdogan a eu pour conséquence un énième resserrement des liens entre Bagdad et Téhéran. Après discussion entre les deux capitales, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a renvoyé chez lui le chef de la diplomatie turque les mains vides. De quoi s'agit-il? L'Iranien n'a pas donné sa caution à l'opération militaire turque en territoire irakien.
Cette musculation des rapports de force, Ankara l'a également manifestée à l'endroit des États-Unis. Erdogan a réitéré sa requête demandant aux militaires américains en Irak d'aller dans le nord du pays afin de nettoyer les caches ou les camps administrés par les Kurdes turcs. Autrement dit (bis), Ankara voudrait que Washington s'aliène un de ses piliers les plus fermes dans le cadre de sa politique au Moyen-Orient.
À moins qu'Erdogan n'opte pour une réduction du ton employé ces derniers jours, la fébrilité qu'il manifeste pour un recours avant tout militaire annonce un autre conflit à l'horizon.
Sur le plan économique et selon le souhait manifesté la semaine dernière par le Conseil national de sécurité, on envisage l'imposition à court terme d'un embargo sur les exportations et les importations avec les trois provinces kurdes d'Irak. Si le gouvernement turc passe aux actes, s'il ferme le seul poste-frontière en fonction, alors il est écrit dans le ciel que, sur ce front, les Kurdes vont subir des ravages. Il faut savoir que l'essentiel de l'économie du Kurdistan irakien repose sur ses relations avec la Turquie.
En ce qui concerne maintenant la diplomatie, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Ankara a adopté une attitude passablement butée. En effet, à la suite des menaces formulées par le premier ministre turc — on pense à celles visant tout particulièrement l'Irak —, le gouvernement de ce dernier pays avait opté pour une certaine bonne volonté. Pour faire court, il formule une série de mesures qu'il va présenter à Ankara.
Une fois sur place, les dirigeants turcs font savoir qu'il y a un préalable à toute négociation. Lequel? Le premier ministre turc Recep Erdogan exige que Bagdad lui livre les 150 principaux leaders du mouvement nationaliste kurde. Autrement dit, Erdogan demande à Nouri al-Maliki qu'il s'engage dans une guerre avec le Kurdistan irakien. On exagère à peine. Quoi d'autre? Il faut rappeler et souligner qu'Ankara refuse encore et toujours de reconnaître le gouvernement des provinces autonomes kurdes enclavées en Irak.
La posture quelque peu frondeuse d'Erdogan a eu pour conséquence un énième resserrement des liens entre Bagdad et Téhéran. Après discussion entre les deux capitales, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a renvoyé chez lui le chef de la diplomatie turque les mains vides. De quoi s'agit-il? L'Iranien n'a pas donné sa caution à l'opération militaire turque en territoire irakien.
Cette musculation des rapports de force, Ankara l'a également manifestée à l'endroit des États-Unis. Erdogan a réitéré sa requête demandant aux militaires américains en Irak d'aller dans le nord du pays afin de nettoyer les caches ou les camps administrés par les Kurdes turcs. Autrement dit (bis), Ankara voudrait que Washington s'aliène un de ses piliers les plus fermes dans le cadre de sa politique au Moyen-Orient.
À moins qu'Erdogan n'opte pour une réduction du ton employé ces derniers jours, la fébrilité qu'il manifeste pour un recours avant tout militaire annonce un autre conflit à l'horizon.
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