Histoire de famille
Décidément, les Argentins ont une affection certaine pour les dynasties politiques à condition qu'elles défendent le flambeau du péronisme et plus précisément du populisme rampant qui le singularise. Le couple Kirchner symbolise à merveille cette nostalgie pour l'ère, pourtant sombre, de Juan Peron et de sa femme Eva. À l'instar des seconds, les premiers vont s'échanger le pouvoir mais d'une manière différente: contrairement à Eva, Cristina Kirchner va occuper le siège de présidente à la suite de sa victoire lors de l'élection de dimanche.
Cristina va donc succéder à Nestor, son mari, qui fort probablement va lui succéder ou plutôt va tenter d'emporter la mise lors du prochain scrutin en 2011. En effet, tout un chacun s'accorde pour affirmer que le sortant a l'ambition de conserver toutes les rênes du pouvoir dans le giron familial. S'il ne s'est pas présenté cette année c'est tout simplement à cause de la Constitution, celle-ci interdisant l'addition de trois mandats consécutifs, Nestor fait le pari de prendre la suite de sa femme qui à nouveau prendra la suite de son époux etc. Bref, l'exemple donné par Poutine fait école.
En effet, on s'attend à ce qu'à l'instar de ce qui a été annoncé par le maître du Kremlin, à savoir la désignation d'un candidat qui aura, s'il remporte la présidentielle de 2008, Poutine comme premier ministre, le couple Kirchner gouverne de concert. Seule différence? Le titre de la fonction. En tout cas, ici et là on fait le pari que Kirchner sera nommé chef de cabinet ou à tout autre poste doté d'une marge de manoeuvre suffisante pour qu'il puisse imprimer sur le cours de la vie politique la direction qu'il entend imposer.
Rien n'illustre mieux l'appétit dévorant des Kirchner que le soin qu'ils ont apporté à cadenasser le débat politique lors de la campagne qui vient de s'achever. Par exemple, Madame a passé la majeure partie de son temps en poursuivant une tournée à l'étranger sans que cela fasse sourciller, Monsieur s'étant employé à étouffer les chaînes de télévision par chantage publicitaire interposé. Lors de la dernière semaine, Madame a daigné répondre aux questions des journalistes en répétant que le bilan de Monsieur ne comportait aucune tache. Absolument aucune!
Pourtant son bilan n'est pas aussi brillant qu'il voudrait bien le faire croire. On pense d'abord et surtout au dossier économique. Par exemple, le taux d'inflation officiel est maintenu en dessous des 10 % alors que tous les observateurs s'accordent pour souligner qu'il approche les 20 %. En fait, Nestor Kirchner a accompli en la matière ce que l'ex-premier ministre Tony Blair avait accompli sur le front du chômage. De quoi s'agit-il? Kirchner a modifié la méthode utilisée pour calculer l'inflation de façon à ce que le résultat ne soit pas le reflet de la réalité.
Cela étant, on retiendra que l'éclatement de l'opposition a facilité, pour ainsi dire, l'atteinte de l'objectif que s'étaient fixé les Kirchner. Espérons que cette opposition se ressaisira afin d'éviter les dérives qui découlent immanquablement de la personnalisation outrancière du pouvoir.
Cristina va donc succéder à Nestor, son mari, qui fort probablement va lui succéder ou plutôt va tenter d'emporter la mise lors du prochain scrutin en 2011. En effet, tout un chacun s'accorde pour affirmer que le sortant a l'ambition de conserver toutes les rênes du pouvoir dans le giron familial. S'il ne s'est pas présenté cette année c'est tout simplement à cause de la Constitution, celle-ci interdisant l'addition de trois mandats consécutifs, Nestor fait le pari de prendre la suite de sa femme qui à nouveau prendra la suite de son époux etc. Bref, l'exemple donné par Poutine fait école.
En effet, on s'attend à ce qu'à l'instar de ce qui a été annoncé par le maître du Kremlin, à savoir la désignation d'un candidat qui aura, s'il remporte la présidentielle de 2008, Poutine comme premier ministre, le couple Kirchner gouverne de concert. Seule différence? Le titre de la fonction. En tout cas, ici et là on fait le pari que Kirchner sera nommé chef de cabinet ou à tout autre poste doté d'une marge de manoeuvre suffisante pour qu'il puisse imprimer sur le cours de la vie politique la direction qu'il entend imposer.
Rien n'illustre mieux l'appétit dévorant des Kirchner que le soin qu'ils ont apporté à cadenasser le débat politique lors de la campagne qui vient de s'achever. Par exemple, Madame a passé la majeure partie de son temps en poursuivant une tournée à l'étranger sans que cela fasse sourciller, Monsieur s'étant employé à étouffer les chaînes de télévision par chantage publicitaire interposé. Lors de la dernière semaine, Madame a daigné répondre aux questions des journalistes en répétant que le bilan de Monsieur ne comportait aucune tache. Absolument aucune!
Pourtant son bilan n'est pas aussi brillant qu'il voudrait bien le faire croire. On pense d'abord et surtout au dossier économique. Par exemple, le taux d'inflation officiel est maintenu en dessous des 10 % alors que tous les observateurs s'accordent pour souligner qu'il approche les 20 %. En fait, Nestor Kirchner a accompli en la matière ce que l'ex-premier ministre Tony Blair avait accompli sur le front du chômage. De quoi s'agit-il? Kirchner a modifié la méthode utilisée pour calculer l'inflation de façon à ce que le résultat ne soit pas le reflet de la réalité.
Cela étant, on retiendra que l'éclatement de l'opposition a facilité, pour ainsi dire, l'atteinte de l'objectif que s'étaient fixé les Kirchner. Espérons que cette opposition se ressaisira afin d'éviter les dérives qui découlent immanquablement de la personnalisation outrancière du pouvoir.
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