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Conférence de paix sur le Darfour - La négociation est mise en exergue, mais elle ne sera pas ajournée

Syrte, Libye — Les délégations rebelles et gouvernementale participant à la conférence de paix sur le Darfour à Syrte, en Libye, ont convenu hier de se retrouver à huis clos aujourd'hui pour tenter de s'entendre sur un ordre du jour. Le médiateur de l'ONU, Jan Eliasson, a déclaré close la session publique inaugurale des pourparlers et a estimé qu'il avait vu des signes encourageants laissant entrevoir une solution de règlement du conflit.

Il a toutefois reconnu que la participation d'un plus grand nombre de groupes rebelles était nécessaire. Des responsables de l'ONU et de l'Union africaine doivent se rendre au Darfour dans les prochains jours pour tenter de convaincre les mouvements rebelles absents à Syrte de renoncer à leur boycottage, a-t-on appris de sources diplomatiques.

«Nous ne devons pas perdre cet élan favorable amorcé par un dialogue sérieux et prometteur», a-t-il déclaré, ajoutant que les médiateurs avaient demandé aux représentants de déterminer un calendrier et d'identifier les points les plus urgents. «Ce processus doit s'achever par le résultat que nous souhaitons. Le processus global va se poursuivre et ne sera pas ajourné. Le mot "ajourner" n'a pas sa place ici.»

Les groupes rebelles soudanais ont exhorté les autres mouvements qui boycottent la réunion à les rejoindre. La présence de tous, ont-ils souligné, est nécessaire pour trouver une solution à un conflit qui a fait 200 000 morts en quatre ans et demi dans la province de l'ouest du Soudan.

«Les factions présentes à la réunion sont convenues de demander à nouveau la participation de tous ceux qui ne sont pas venus, et aujourd'hui la rencontre se poursuit dans cet esprit», a dit à Reuters un délégué rebelle, Alhadi Agabeldour.

«Rien ne sera décidé, notamment sur un cessez-le-feu, tant que nous n'aurons pas atteint cet objectif — que plus de mouvements [rebelles] participent à cette réunion. Et pour cela, il nous faut du temps», a-t-il ajouté.

«Des contacts sont en cours pour faire venir les autres», a confirmé un autre délégué rebelle, Ahmed Ibrahim Diraige.

Un expert du gouvernement soudanais, Abdelrahman Ibrahim, a expliqué que «le gouvernement [souhaitait] que l'ONU fasse pression sur ceux qui ne participent pas [afin qu'ils participent].»

Un autre responsable gouvernemental, Abdelrahman Moussa, a déclaré que Khartoum avait «demandé aux médiateurs de l'ONU et de l'UA de signifier clairement à ceux qui ne participent pas [qu'ils] devront en payer le prix».

Les médiateurs ont fait savoir hier qu'ils poursuivraient leurs efforts pour convaincre les groupes rebelles absents de prendre part aux négociations de Syrte.

À la veille de ces deux premiers jours de la conférence parrainée par l'ONU et l'Union africaine, deux groupes rebelles, le Mouvement justice et égalité (JEM) et l'Armée de libération du Soudan-Unité, avaient annoncé qu'ils ne viendraient pas.

C'est la première fois que l'on essaie de réunir des rebelles du Darfour et des représentants du gouvernement soudanais autour d'une table de négociations depuis les pourparlers d'Abuja, au Nigeria, en 2006 sous l'égide de l'Union africaine.

À l'ouverture de la réunion samedi, le gouvernement soudanais a annoncé un cessez-le-feu immédiat et unilatéral.
 
 
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