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Israël suspend les livraisons de carburant dans la bande de Gaza

Le ministère de la Défense ferme le point de passage de Soufa

29 octobre 2007  Actualités internationales
Des Palestiniens quittent Gaza par le point de passage d’Erez. Hier, Israël a annoncé la fermeture  du point de passage de Soufa, entre Israël et la bande de Gaza.
Photo : Agence Reuters
Des Palestiniens quittent Gaza par le point de passage d’Erez. Hier, Israël a annoncé la fermeture du point de passage de Soufa, entre Israël et la bande de Gaza.
Gaza, bande de Gaza — Israël a commencé à suspendre des livraisons de carburant cruciales dans la bande de Gaza hier, afin d'accroître la pression sur le gouvernement du Hamas, a-t-on appris de sources officielles israéliennes et palestiniennes.

Ahmed Ali, directeur adjoint de la Petroleum Authority dans la bande de Gaza, a précisé que les livraisons de carburant avaient été réduites de 30 % par rapport aux approvisionnements habituels. Il a mis en garde contre de graves pénuries dans le territoire. «La vie» des habitants de Gaza «est désormais en danger», a-t-il ajouté.

La compagnie israélienne Dor Alon, unique fournisseur en carburants du territoire, a confirmé avoir suspendu les livraisons et avoir agi sur ordre du ministère de la Défense. Le territoire palestinien dépend d'Israël pour la quasi-totalité de ses approvisionnements en carburant et plus de la moitié de ses livraisons d'électricité.

Ahmed Ali, dont la société redistribue le carburant à des compagnies palestiniennes privées, a précisé que l'État hébreu avait livré 200 000 litres de diesel, contre 350 000 litres en temps normal, et 90 000 litres d'essence, au lieu des 150 000 litres habituels.

Selon lui, il faudra plusieurs jours avant que la suspension des livraisons ne se fasse sentir, le territoire ayant une réserve d'environ quatre jours en carburant. Mais les routiers venus au principal dépôt de carburant de Gaza se sont plaints de ne pouvoir remplir complètement leur réservoir, alors que certains automobilistes sont repartis les mains vides.

Alaa Araj, conseiller économique du gouvernement Hamas, a dénoncé la décision israélienne, la jugeant «hystérique». L'État hébreu «veut rendre totalement infirme la société palestinienne», a-t-il jugé.

La porte-parole du gouvernement israélien Miri Eisin a affirmé hier qu'il n'était «pas question» de provoquer une crise humanitaire dans la bande de Gaza. «Les terroristes bombardent les points de passage des carburants, et nous ne voyons pas la nécessité de fournir les terroristes», a-t-elle souligné.

Malgré sa rivalité avec le Hamas, le gouvernement Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, en Cisjordanie, a condamné la mesure israélienne. «Elle menace le processus de paix et nous avons pris contact avec Israël pour y mettre un terme», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Riad Malki.

D'autres restrictions

Dans la semaine, le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak a donné son feu vert à un projet de coupures d'électricité visant la bande de Gaza dans le but de dissuader les Palestiniens de tirer des roquettes sur l'État hébreu depuis ce territoire. Mais le gouvernement n'a pas encore mis sa menace à exécution.

La bande de Gaza a été déclarée «entité ennemie» par Israël en septembre. Ce statut permet à l'État hébreu d'imposer de nouvelles restrictions sur le territoire sous contrôle du Hamas depuis juin dernier, comme la limitation de la circulation de marchandises et de la fourniture de carburant et d'électricité.

Dans un entretien accordé hier à Radio Israël, le ministre adjoint de la Défense Matan Vilnai a affirmé que la suspension des livraisons de carburants et d'électricité n'était pas une réponse aux tirs de roquettes. «Il s'agit de poursuivre notre désengagement depuis le retrait des troupes» organisé à l'été 2005, a-t-il expliqué.

Le ministère de la Défense a annoncé hier dans un communiqué la fermeture du point de passage de Soufa, entre Israël et la bande de Gaza. Il est utilisé pour le transport de cargaisons.

Les Palestiniens et les organisations israéliennes de défense des droits de l'homme rappellent que malgré son retrait en 2005 du territoire palestinien, le gouvernement israélien contrôle toujours les frontières de la bande de Gaza, limitant les importations et exportations, ainsi que les mouvements de personnes. Par conséquent, l'État hébreu reste, selon eux, responsable du sort des 1,4 million d'habitants de l'étroite bande côtière.
 
 
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