« Notre patience est à bout »
Ankara fustige Washington et fait attendre une délégation irakienne
Photo : Agence Reuters
Un garde kurde de la province de Sirnak, au Pakistan, a pris le temps de se rouler une cigarette hier lors d’une patrouille.
La Turquie a fustigé hier les appels à la retenue américains et averti qu'elle était déterminée à chasser du nord de l'Irak les séparatistes kurdes turcs qui y sont repliés avant de repousser à aujourd'hui des entretiens avec une délégation venue de Bagdad.
La Turquie perd patience, a prévenu le président turc Abdullah Gül après l'annonce d'une nouvelle attaque des séparatistes kurdes retranchés dans le nord de l'Irak.
En visite à Bucarest, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part vivement critiqué les appels à la modération de la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice après une attaque sanglante des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui opèrent depuis le territoire irakien.
«Bien sûr qu'elle [Mme Rice] peut souhaiter que la Turquie n'organise pas d'opération en dehors de ses frontières, mais la décision à propos de la nécessité d'une telle intervention nous appartient», a déclaré M. Erdogan.
«Est-ce que les gens ne se demandent pas ce que les Américains sont venus chercher en Irak, à 10 000 kilomètres de chez eux?, a-t-il dit. Moi, je suis dérangé [par le PKK]. En quoi les Américains étaient-ils dérangés par l'Irak?», a-t-il lancé.
M. Erdogan a également enjoint à l'Union européenne (UE) d'agir contre le PKK. «Les pays de l'UE considèrent le PKK comme une organisation terroriste, ils l'ont déclaré, mais ce n'est pas suffisant. Nous attendons que des mesures soient prises», a-t-il déclaré.
Le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, a appelé hier la Turquie à la retenue en soulignant que l'intégrité territoriale de l'Irak était fondamentale.
À Ankara, le président turc Abdullah Gül a aussi tenu des propos très fermes. «Notre patience est à bout et nous ne tolérerons pas que le sol irakien soit utilisé pour des activités terroristes», a-t-il averti lors d'une réunion des pays voisins de la mer Noire.
L'attaque de dimanche, qui a aussi fait 34 morts parmi les rebelles, a considérablement augmenté la pression en Turquie en faveur d'une intervention militaire d'Ankara contre le PKK, autorisée la semaine dernière par le Parlement turc.
L'état-major turc a annoncé hier que ses troupes avaient repoussé mardi soir une nouvelle attaque des rebelles près de la frontière irakienne et neutralisé — c'est-à-dire vraisemblablement tué — plus de 30 assaillants.
C'est dans ce climat de tension qu'une délégation irakienne dirigée par le ministre de la Défense, Abdel Qader Mohammed Jassim, est arrivée à Ankara pour tenter d'éviter une intervention unilatérale turque dans le Kurdistan irakien. Selon le ministre, l'Irak va faire des propositions concrètes à Ankara pour freiner les activités des rebelles kurdes basés dans le nord de l'Irak, a indiqué l'agence de presse turque Anatolie.
Mais les 11 membres de la délégation, qui comprend de hauts responsables de la sécurité, un militaire américain et des représentants de factions kurdes administrant le nord de l'Irak, ont dû attendre jusqu'à ce matin pour s'entretenir avec des responsables turcs, selon une source irakienne.
La presse turque accuse les dirigeants irakiens de malhonnêteté en promettant beaucoup sans rien livrer. Elle est particulièrement sévère envers le président irakien Djalal Talabani, un Kurde, qui a dit son impuissance devant le PKK.
Le département d'État américain a annoncé que Condoleezza Rice se rendra en Turquie les 2 et 3 novembre. Lors d'une audition devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants mercredi, Mme Rice a confié avoir informé par téléphone le premier ministre turc qu'elle prenait la situation «extrêmement au sérieux».
Erdogan doit rencontrer le président George W. Bush le 5 novembre.
La Turquie perd patience, a prévenu le président turc Abdullah Gül après l'annonce d'une nouvelle attaque des séparatistes kurdes retranchés dans le nord de l'Irak.
En visite à Bucarest, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part vivement critiqué les appels à la modération de la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice après une attaque sanglante des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui opèrent depuis le territoire irakien.
«Bien sûr qu'elle [Mme Rice] peut souhaiter que la Turquie n'organise pas d'opération en dehors de ses frontières, mais la décision à propos de la nécessité d'une telle intervention nous appartient», a déclaré M. Erdogan.
«Est-ce que les gens ne se demandent pas ce que les Américains sont venus chercher en Irak, à 10 000 kilomètres de chez eux?, a-t-il dit. Moi, je suis dérangé [par le PKK]. En quoi les Américains étaient-ils dérangés par l'Irak?», a-t-il lancé.
M. Erdogan a également enjoint à l'Union européenne (UE) d'agir contre le PKK. «Les pays de l'UE considèrent le PKK comme une organisation terroriste, ils l'ont déclaré, mais ce n'est pas suffisant. Nous attendons que des mesures soient prises», a-t-il déclaré.
Le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, a appelé hier la Turquie à la retenue en soulignant que l'intégrité territoriale de l'Irak était fondamentale.
À Ankara, le président turc Abdullah Gül a aussi tenu des propos très fermes. «Notre patience est à bout et nous ne tolérerons pas que le sol irakien soit utilisé pour des activités terroristes», a-t-il averti lors d'une réunion des pays voisins de la mer Noire.
L'attaque de dimanche, qui a aussi fait 34 morts parmi les rebelles, a considérablement augmenté la pression en Turquie en faveur d'une intervention militaire d'Ankara contre le PKK, autorisée la semaine dernière par le Parlement turc.
L'état-major turc a annoncé hier que ses troupes avaient repoussé mardi soir une nouvelle attaque des rebelles près de la frontière irakienne et neutralisé — c'est-à-dire vraisemblablement tué — plus de 30 assaillants.
C'est dans ce climat de tension qu'une délégation irakienne dirigée par le ministre de la Défense, Abdel Qader Mohammed Jassim, est arrivée à Ankara pour tenter d'éviter une intervention unilatérale turque dans le Kurdistan irakien. Selon le ministre, l'Irak va faire des propositions concrètes à Ankara pour freiner les activités des rebelles kurdes basés dans le nord de l'Irak, a indiqué l'agence de presse turque Anatolie.
Mais les 11 membres de la délégation, qui comprend de hauts responsables de la sécurité, un militaire américain et des représentants de factions kurdes administrant le nord de l'Irak, ont dû attendre jusqu'à ce matin pour s'entretenir avec des responsables turcs, selon une source irakienne.
La presse turque accuse les dirigeants irakiens de malhonnêteté en promettant beaucoup sans rien livrer. Elle est particulièrement sévère envers le président irakien Djalal Talabani, un Kurde, qui a dit son impuissance devant le PKK.
Le département d'État américain a annoncé que Condoleezza Rice se rendra en Turquie les 2 et 3 novembre. Lors d'une audition devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants mercredi, Mme Rice a confié avoir informé par téléphone le premier ministre turc qu'elle prenait la situation «extrêmement au sérieux».
Erdogan doit rencontrer le président George W. Bush le 5 novembre.
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