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Le dilemme kurde

Après les incursions de soldats turcs dans les provinces kurdes de l'Irak, voilà que les premiers confirment avoir bombardé hier les endroits où les militants armés du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) se seraient repliés. Que retenir des derniers événements? Leur gradation s'avère le prélude à une offensive plus massive de la part des militaires turcs. D'autant que, dans ce dossier, le gouvernement turc et le puissant état-major des forces armées de ce pays sont sur la même longueur d'onde, contrairement à d'autres sujets. Ils sont même au diapason de la population, qui rêve d'en finir une fois pour toutes avec cette épine qu'est à leurs yeux les désirs d'autonomie des Kurdes de Turquie, d'Irak, d'Iran et de Syrie.

Simultanément à l'exercice du feu, les politiciens turcs ont multiplié les déclarations, voire les menaces, stipulant que si le cabinet du premier ministre irakien Nouri al-Maliki et le contingent américain présent en Irak ne s'emploient pas à combattre le PKK avec plus de fermeté qu'ils ne l'ont fait jusqu'à présent, ils poursuivront leur action militaire aussi longtemps que nécessaire. La réaction, d'ailleurs très logique, des autorités irakiennes a été de rappeler que tant et aussi longtemps que Bagdad et ses environs n'auront pas été sécurisés, il ne sera pas question d'effectuer une soustraction au nombre de soldats stationnés dans la capitale.

Il y a la logique, mais il y a également une crainte. Laquelle? S'aliéner Massoud Barzani. Aujourd'hui président de la province autonome du Kurdistan irakien, Barzani a commencé sa carrière, si on peut dire, en s'acoquinant avec le PKK. S'il n'a pas milité dans les rangs de cette formation, il en a toujours été proche. À un point tel qu'il peine à cacher le soutien qu'il apporte à l'usage du territoire qu'il gère par les militants turcs du PKK.

Cela étant, peut-être est-il permis de formuler une hypothèse liée, elle, à un vote du Sénat américain. De quoi s'agit-il? Il y a un mois à peine, une majorité d'élus américains a appuyé une résolution proposant une plus grande décentralisation administrative en Irak. En fait, les auteurs de ce texte se font les ardents défenseurs d'une partition — qui, évidemment, ne dit pas son nom — de l'Irak en trois provinces qui seraient dotées d'une somme de pouvoirs telle que le gouvernement, dans les faits, serait une coquille vide. Et alors? À la suite de ce geste, on peut se demander si les Kurdes ne se sont pas sentis encouragés à aller de l'avant dans leur projet d'indépendance à court terme de leur enclave en Irak et de l'arrimage à moyen ou long terme de celle située en Turquie.

Pour l'administration Bush, un conflit entre Turcs et Kurdes serait catastrophique, car ces deux peuples sont considérés comme leurs plus solides alliés dans cette région du monde. D'ores et déjà, les accrochages entre eux constituent une addition de dilemmes à un inventaire aussi lourd que sanglant.
 
 
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  • Michbonn - Abonnée
    25 octobre 2007 07 h 41
    Régions kurdes autonomes
    J'étais en Turquie en septembre. Ce que j'ai lu dans les journeaux turcs (anglophones) faisait plutôt état d'une résolution concernant la région kurde de Turquie
    à savoir que les américains souhaitaient que la Turquie se dote d'un systéme politique décentralisé tel celui que les espagnols ont consenti à la Catalogne. Madame Rice aurait d'ailleurs craint que ce souhait apparaisse domme de l'ingérence politique.

    Hier, un article soulignait que la seule chose qui n'avait pas été essayé par les gouvernements trucs, c'est l'arme du développement économique de la région kurde du sud-est. Je crois que ce point de vue mérite d'être considéré. J'ai visité cette région et nous y avions souvent l'impression d'être revenus au moyen-âge contrairement au reste du pays qui connaît un développement accéléré et une modernisation à tout crin. Toutefois, il est sans doute hasardeux de croire que les kurdes s'en contenteraient sans une certaine dose d'autonomie politique qui les conduiiraient vers une certaine....souveraineté. D'ailleurs, lorsqu'on comprend comment les kurdes ont été déplacés, empêchés de parler leur langue et soumis àtoutes sortes de manoeuvres assimilatrices, il est difficile de ne pas être sympatiques à leur cause. Ils forment d'ailleurs plus du quart de la population turque actuelle; il s'agit d'une "minorité" de plus de 20 millions de sujets!! Voila en tout cas une raison qui rend si mal aisée la reconnaissance du génocide arménien. Et qui ne faciliite pas l'entrée de la Turquie dans la Communauté européenne; il est même possible que la la frange de la population turque qui manifeste en faveur d'une intervention armée contre les terroristes kurdes d'Iraq transfert sur eux le dépit éprouvé face à la "prudence" européenne.

    Micheline Bonneau (michbonn@sympatico.ca)
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    25 octobre 2007 10 h 01
    Éternelle logique des puissants bien armés
    Les Turcs aiment probablement mieux voir les Kurdes morts que séparés de la Turquie. Les Kurdes vont vivre ce qu'on vécu les Palestiniens et les Tchétchènes.

    Les pouvoirs centraux n'aiment pas du tout les séparatistes en puissance de leurs pays. Il aime mieux voir leurs séparatistes morts et/ou impuissants. Avis aux Québécois.
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    25 octobre 2007 14 h 48
    La quadrature du cercle
    Ce problème est aussi difficile à régler que la quadrature du cercle. Surtout pour les USA qui veulent compter sur un triple appui en l'occurrence : celui de l'Irak, celui de la Turquie et celui du Kurdistan irakien. Or aucun de ces trois supposés alliés de Washington ne s'entend avec les deux autres. Bush n'est pas au bout de ses peines. Poutine non plus d'ailleurs en Russie qui, à l'instar de la Turquie, tente d'écraser toute opposition à ses politiques centralisatrices. Ses sbires viennent d'estropier une journaliste qui essaie consciencieusement de faire son boulot. Décidément la sagesse n'est pas encore la vertu cardinale des plus puissants de ce monde. Mais, rien de nouveau sous le soleil, la même violence se joue déjà au coeur de plusieurs couples dont l'homme - la plupart du temps - essaie de retenir près de lui la femme qu'il dit aimer, en la séquestrant, en la battant, en la terrorisant et finalement en la tuant. L'un des derniers grands conquérants à avoir su respecter les peuples conquis, c'était Alexandre le Grand au quatrième siècle avant notre ère. Ni les USA ni la Russie, ni la Chine actuelle n'ont cette sagesse. Le Tibet, la Tchétchénie et Cuba en portent les cicatrices. Raymond Lévesque avait raison : « Quand les hommes vivront d'amour..., nous serons morts mon frère. »
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  • Roland Berger - Abonné
    25 octobre 2007 16 h 16
    Vive le Kurdestan libre!
    Il faut retourner au statut du Kurdestan avant que la France et l'Angleterre décide de ne pas remettre aux Kurdes le territoire qu'ils habitent depuis au moins deux millénaires.
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    26 octobre 2007 00 h 47
    @ Roland Berger
    D'accord avec vous pour le Kurdistan libre.

    S.v.p. faire attention de ne pas mélanger mon nom avec celui de M. Claude Archambault.
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