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Turquie - Des combats près de la frontière irakienne font 44 morts

Une des journées les plus meurtrières dans la campagne séparatiste kurde qui dure depuis 23 ans

22 octobre 2007  Actualités internationales
Diyarbakir, Turquie — Trente-deux rebelles kurdes et douze soldats turcs ont été tués lors de combats près de la frontière irakienne hier, une des journées les plus meurtrières dans la campagne séparatiste qui dure depuis 23 ans dans le sud-est de la Turquie.

L'attaque menée par des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les États-Unis) a eu lieu quatre jours seulement après le feu vert du parlement turc autorisant, si nécessaire, des incursions militaires en Irak, base arrière des séparatistes.

Un porte-parole du PKK à Erbil, dans le nord de l'Irak, a affirmé que des soldats turcs avaient été capturés lors des combats, information démentie par le ministre turc de la Défense, Vecdi Gönül, en visite à Kiev.

Le chef de l'État, Abdullah Gül, présidait hier soir à Ankara une réunion de crise avec la participation du premier ministre Recep Tayyip Erdogan et des responsables militaires, dont le chef de l'armée, le général Yasar Büyükanit, pour discuter de la riposte à l'attaque du PKK. «Nous déciderons après cette réunion quel genre de mesures nous adopterons», a déclaré M. Erdogan à la presse à Istanbul après avoir voté dans un référendum constitutionnel. Il a néanmoins laissé entendre que la réaction d'Ankara ne serait pas précipitée.

Son ministre de la Défense a fait une déclaration similaire. «Nous avons des projets pour traverser la frontière», mais une incursion «n'est pas prévue de façon urgente», a déclaré M. Gönül, qui venait de s'entretenir à Kiev avec son homologue américain Robert Gates.

Ce dernier a souligné la nécessité d'obtenir des renseignements précis sur la localisation des rebelles avant toute action contre eux pour empêcher «de nombreux dommages collatéraux», a souligné M. Gates.

Des milliers de personnes ont manifesté spontanément dans plusieurs villes turques, dont un millier à Istanbul.

Les combats ont été déclenchés par l'attaque d'un important groupe de séparatistes — 200, selon la chaîne d'information NTV — contre une patrouille hier, a indiqué l'état-major dans un communiqué. Les affrontements ont continué dans l'après-midi.

Par ailleurs, 17 civils ont été blessés par l'explosion d'une mine au passage du minibus dans lequel ils voyageaient à l'approche de Daglica, limitrophe de la frontière irakienne et lieu des combats d'hier, selon des sources sur place.

La Turquie estime que quelque 3500 hommes armés du PKK sont basés dans le nord de l'Irak — région contrôlée par une administration autonome kurde qu'Ankara accuse de soutenir les rebelles — où ils s'approvisionnent en armes pour lancer des attaques en territoire turc.

À Erbil, le président irakien Jalal Talabani a pris le risque d'attiser la colère d'Ankara, jugeant impossible de livrer à la Turquie les chefs du PKK retranchés dans les montagnes.

À Bagdad, le parlement irakien a voté hier une motion condamnant la menace militaire turque, tout en exigeant le départ du PKK de l'Irak et en appelant le gouvernement à prendre «les mesures appropriées». Et le gouvernement irakien a condamné «l'action terroriste» menée par les rebelles. «La commission ministérielle de la sécurité nationale, présidée par le premier ministre Nouri al-Maliki, a condamné l'action terroriste menée par le PKK qui a tué plusieurs soldats turcs», a indiqué dans un communiqué le bureau du premier ministre.

Le président américain, George W. Bush, a «fermement» condamné les attaques, a dit le porte-parole de la Maison-Blanche Gordon Johndroe tandis que la Grande-Bretagne a condamné, par la voix du secrétaire au Foreign Office, David Miliband, l'embuscade tendue aux soldats turcs.
 
 
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