Devant la menace turque - Le pouvoir kurde et Bagdad se divisent
18 octobre 2007
Actualités internationales
Bagdad — Les efforts de l'Irak pour apaiser les tensions à la frontière avec la Turquie ont fait apparaître hier les intérêts contradictoires qui animent Bagdad et le gouvernement du Kurdistan irakien.
Le premier ministre Nouri al-Maliki s'est engagé auprès d'Ankara à mettre un terme à la présence dans le nord de l'Irak des séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qu'il a qualifiés de «terroristes». Il a prôné une concertation urgente entre Bagdad et Ankara et annoncé l'envoi d'une délégation de haut niveau alors que le Parlement turc a voté une motion autorisant une intervention militaire contre le PKK en Irak.
Son porte-parole, Ali al-Dabbagh, a insisté dans un communiqué sur la prééminence de Bagdad, intimant à «tous les autres protagonistes de comprendre que l'autorité du gouvernement central s'impose dans la gestion de cette crise».
Mais des responsables kurdes irakiens ont mis en garde contre toute concession aux exigences d'Ankara. «Le gouvernement irakien a décidé de céder devant la Turquie», a commenté Mahmoud Othman, un parlementaire kurde. «Un dialogue entre la Turquie et l'Irak sans une représentation des Kurdes n'aboutira à aucun résultat parce que le problème se pose dans le cadre de la région.»
Une incursion serait «une violation de la souveraineté nationale qui détruirait la stabilité de la région», a indiqué Jamal Abdoullah, porte-parole du gouvernement kurde irakien.
Dans les faits, l'influence de Bagdad au Kurdistan est limitée: l'armée irakienne n'est pas déployée à la frontière avec la Turquie, ni même dans cette région, contrôlée par les combattants kurdes irakiens, les peshmergas.
Depuis qu'il a été placé sous protection des États-Unis, en 1991, après la guerre du Golfe, le Kurdistan a pris ses distances avec l'État central irakien.
Les Kurdes, qui représentent 20 % des 26 millions d'Irakiens, ont pris un rôle central dans les nouvelles institutions irakiennes: le président irakien, Jalal Talabani, est kurde tandis que le Parlement irakien compte 53 députés kurdes sur 275, qui soutiennent la majorité gouvernementale.
En même temps, le Kurdistan s'est doté d'un parlement, d'un gouvernement et d'un président, Massoud Barzani, chef traditionnel, héritier d'une famille emblématique de la lutte kurde contre Bagdad.
Ankara assure que le PKK profite de cette autonomie et accuse même les responsables kurdes de soutenir les agissements des rebelles. «Les éléments du PKK sont présents au Kurdistan», a reconnu le député Othman, ajoutant toutefois que «le gouvernement régional les empêchait de mener des opérations contre des cibles turques». «Le gouvernement du Kurdistan a proposé aux Turcs de passer une amnistie générale pour les combattants du PKK et de les autoriser à retourner en Turquie pour y exercer des activités politiques, mais ils ont refusé», a-t-il encore assuré.
Le président du Parlement régional kurde, Adnan al-Mufti, est allé plus loin dans sa défiance envers les Turcs et les a accusés de vouloir éliminer l'expérience du Kurdistan autonome.
Le premier ministre Nouri al-Maliki s'est engagé auprès d'Ankara à mettre un terme à la présence dans le nord de l'Irak des séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qu'il a qualifiés de «terroristes». Il a prôné une concertation urgente entre Bagdad et Ankara et annoncé l'envoi d'une délégation de haut niveau alors que le Parlement turc a voté une motion autorisant une intervention militaire contre le PKK en Irak.
Son porte-parole, Ali al-Dabbagh, a insisté dans un communiqué sur la prééminence de Bagdad, intimant à «tous les autres protagonistes de comprendre que l'autorité du gouvernement central s'impose dans la gestion de cette crise».
Mais des responsables kurdes irakiens ont mis en garde contre toute concession aux exigences d'Ankara. «Le gouvernement irakien a décidé de céder devant la Turquie», a commenté Mahmoud Othman, un parlementaire kurde. «Un dialogue entre la Turquie et l'Irak sans une représentation des Kurdes n'aboutira à aucun résultat parce que le problème se pose dans le cadre de la région.»
Une incursion serait «une violation de la souveraineté nationale qui détruirait la stabilité de la région», a indiqué Jamal Abdoullah, porte-parole du gouvernement kurde irakien.
Dans les faits, l'influence de Bagdad au Kurdistan est limitée: l'armée irakienne n'est pas déployée à la frontière avec la Turquie, ni même dans cette région, contrôlée par les combattants kurdes irakiens, les peshmergas.
Depuis qu'il a été placé sous protection des États-Unis, en 1991, après la guerre du Golfe, le Kurdistan a pris ses distances avec l'État central irakien.
Les Kurdes, qui représentent 20 % des 26 millions d'Irakiens, ont pris un rôle central dans les nouvelles institutions irakiennes: le président irakien, Jalal Talabani, est kurde tandis que le Parlement irakien compte 53 députés kurdes sur 275, qui soutiennent la majorité gouvernementale.
En même temps, le Kurdistan s'est doté d'un parlement, d'un gouvernement et d'un président, Massoud Barzani, chef traditionnel, héritier d'une famille emblématique de la lutte kurde contre Bagdad.
Ankara assure que le PKK profite de cette autonomie et accuse même les responsables kurdes de soutenir les agissements des rebelles. «Les éléments du PKK sont présents au Kurdistan», a reconnu le député Othman, ajoutant toutefois que «le gouvernement régional les empêchait de mener des opérations contre des cibles turques». «Le gouvernement du Kurdistan a proposé aux Turcs de passer une amnistie générale pour les combattants du PKK et de les autoriser à retourner en Turquie pour y exercer des activités politiques, mais ils ont refusé», a-t-il encore assuré.
Le président du Parlement régional kurde, Adnan al-Mufti, est allé plus loin dans sa défiance envers les Turcs et les a accusés de vouloir éliminer l'expérience du Kurdistan autonome.
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