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Chavez dénonce «l'élite putschiste» qui veut le renverser

L'opposition annonce la prolongation indéfinie de la grève générale

9 décembre 2002  Actualités internationales
L’armée a débarqué dans les stations-service au Venezuela où la grève entre dans sa deuxième semaine.
Photo : Agence Reuters
L’armée a débarqué dans les stations-service au Venezuela où la grève entre dans sa deuxième semaine.
Caracas - Le Venezuela est entré hier dans son 7e jour de grève générale contre le président Hugo Chavez, qui affecte le secteur pétrolier et fait craindre une escalade de la violence, malgré la reprise du dialogue entre le gouvernement et l'opposition pour tenter de trouver une issue à la crise.

En fin de journée, l'opposition vénézuélienne annonçait sa décision de prolonger indéfiniment la grève générale, lancée le 2 décembre, en appelant à de nouvelles manifestations et à des concerts de casseroles dans tout le pays.

«Le peuple, dans l'exercice de sa souveraineté, maintient à présent avec plus de force que cette grève nationale civique active ne peut s'arrêter», a déclaré en conférence de presse le président de la Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV) et principal leader du mouvement, Carlos Ortega

La grève générale influe sur le secteur pétrolier, mais n'a pour le moment pas d'effets graves dans l'approvisionnement alimentaire.

Elle a notamment des répercussions sur la distribution de carburants dans des zones de l'intérieur du pays, du fait du ralentissement de branches de la holding publique Petroleos de Venezuela (PDVSA), dont des raffineries et le transport.

Le gouvernement de M. Chavez, qui a déployé des troupes pour protéger les sites de PDVSA en admettant une réduction de la production, a annoncé hier que «les stations service seront placées sous la surveillance des forces armées».

La production du 5e exportateur mondial a été réduite à 1,5 million de barils/jour contre 2,49 millions, selon la presse locale.

Au cours de son émission dominicale radio-télévisée Alo Presidente, M. Chavez a accusé l'élite du pays d'utiliser la grève pour tenter de le renverser. «J'appelle tous les Vénézuéliens à défendre notre industrie pétrolière», a-t-il lancé. Sans les citer, il a accusé des secteurs internes et internationaux de vouloir la privatisation de PDVSA. «Le plan fasciste et putschiste de l'oligarchie n'obtient pas l'appui des secteurs militaires», a-t-il affirmé en accusant les leaders de la grève d'avoir «attaqué le coeur de l'économie vénézuélienne», en référence à la PDVSA.

Trois des 23 États du pays — Cojedes (sud), Carabobo et Monagas (sud-est) — ne disposant pas de raffineries, manquaient d'essence, les autres étaient soumis à un rationnement. La situation était normale dans sept autres et dans le district fédéral de Caracas, selon le quotidien d'opposition El Universal.

L'inquiétude d'une escalade de la violence était palpable, après des coups de feu tirés sur un rassemblement d'opposants qui ont fait trois morts et 29 blessés vendredi soir. Des milliers de personnes ont assisté, dans un cimetière de l'est de Caracas, aux funérailles des trois victimes de la fusillade de la place Francia, où les adversaires de M. Chavez se maintenaient en veille.

Certains habitants faisaient des stocks d'aliments, bien que l'approvisionnement soit assuré, mis à part pour quelques produits frais comme le lait, certains légumes et fruits plus rares. «Nous sommes tous anxieux. La situation est désespérante», a déclaré à Belen Ballester, une médecin de 39 ans, dans un libre-service du quartier de Chacao (est).

La grève se faisait toujours davantage sentir dans les quartiers favorisés de l'est, avec de nombreux rideaux de fer baissés, que dans le centre et les zones populaires, dont la population est plus favorable à M. Chavez.

Selon les médias locaux, 20 navires n'ont pu effectuer leur chargement à Bahia de Pozuelos (est du pays) en raison de la fermeture de la raffinerie de Puerto Santa Cruz et au moins quatre autres sont paralysées. Le ministre de l'Agriculture, Efren Andrades, a affirmé qu'il n'y aurait pas de pénurie d'aliments, précisant qu'un plan d'approvisionnement avait été activé en coordination avec l'Association nationale des supermarchés et affiliés (ANSA).
 
 
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