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Liban - Des familles palestiniennes retournent au camp Nahr-al-Bared

Cette jeune Palestinienne rentre chez elle, au camp de Nahr-al-Bared, qu’elle avait dû quitter lors des affrontements entre l’armée libanaise et les activistes du Fatah al Islam.
Photo : Agence Reuters
Cette jeune Palestinienne rentre chez elle, au camp de Nahr-al-Bared, qu’elle avait dû quitter lors des affrontements entre l’armée libanaise et les activistes du Fatah al Islam.
Nahr al-Bared — Cent familles palestiniennes sont revenues hier au camp de réfugiés de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, en grande partie détruit par des combats qui ont opposé durant 15 semaines l'armée libanaise à des islamistes.

L'armée a pris le contrôle du camp début septembre après avoir vaincu les activistes du Fatah al-Islam qui s'y étaient retranchés. Les affrontements avaient obligé la plupart des 40 000 réfugiés à gagner un camp voisin, celui de Beddaoui.

Un convoi d'autocars a transféré 100 premières familles de Beddaoui à Nahr al-Bared, où leur ont été fournis des bouteilles d'eau, des conserves alimentaires, du pain et des dattes.

Ces Palestiniens ont retrouvé des foyers endommagés, parfois incendiés. À l'entrée du camp, des soldats vérifiaient leurs documents d'identité et, selon des témoins, refoulaient certains d'entre eux.

«Je suis heureuse de revenir, même s'il ne reste que quelques centimètres de ma maison. C'est aussi symbolique que de retourner en Palestine», confiait Oum Akram Aoudeh, 60 ans, à bord d'un autocar.

«Je jure devant Dieu que je ne suis pas heureux, parce que ma maison a été complètement détruite. Ce n'est pas une victoire [pour l'armée]», a déclaré un homme qui n'a pas souhaité donner son nom.

Les Palestiniens transférés hier formaient le premier groupe d'une série de familles appelées à revenir, dans les prochains jours, à Nahr al-Bared. Le camp dévasté se trouve sur la côte à proximité du port de Tripoli, deuxième ville du Liban.

L'Agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a mobilisé plusieurs camions chargés de vivres et d'eau.

«Nous attendons la venue de 100 familles par jour et nous avons obtenu l'autorisation de faire revenir 800 familles au total dans le camp», a déclaré Hoda Elturk, porte-parole de l'UNRWA. Elle a ajouté que l'UNRWA donnerait de l'argent aux réfugiés qui ne peuvent pas rentrer ou les relogerait dans des habitations provisoires actuellement en construction près de l'entrée sud du camp.

Plus de 400 personnes, dont 168 soldats et 222 activistes, ont été tuées au cours des combats de Nahr al-Bared, les plus sanglants qu'ait connus le Liban depuis la guerre civile de 1975-90.

Le gouvernement a évalué à 382,5 millions de dollars le coût des secours aux réfugiés, de la reconstruction du camp et de l'aide aux municipalités voisines. Divers donateurs internationaux ont promis près de 20 millions, qui s'ajoutent aux 12,5 millions promis par l'Arabie saoudite et aux cinq millions promis par les Émirats arabes unis.
 
 
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