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Selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques - Un chef de l'opposition birmane aurait été torturé à mort

La communauté internationale doit se préparer à faciliter une transition, soutient l'ambassadeur des États-Unis à l'ONU

Un dirigeant de l'opposition birmane arrêté au cours des manifestations du mois dernier contre la junte est mort des suites de tortures infligées pendant des interrogatoires, a affirmé hier l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Washington a immédiatement réagi à l'annonce de la mort de Win Shwe, menaçant la Birmanie de nouvelles sanctions.

«La junte doit mettre un terme au traitement brutal de la population et entamer une transition pacifique vers la démocratie, faute de quoi elle risque de nouvelles sanctions des États-Unis», a déclaré Gordon Johndroe, porte-parole de la Maison-Blanche. Il a réclamé une enquête approfondie sur la mort de Win Shwe, sans préciser quelles nouvelles sanctions étaient envisagées pour l'ex-Birmanie.

Selon l'AAPP, basée en Thaïlande, Win Shwe, 42 ans, membre de la Ligue nationale pour la démocratie, a été arrêté le 26 septembre avec quatre autres personnes en raison de leur soutien actif et de leur participation aux manifestations pour la démocratie, les plus importantes depuis près de 20 ans.

Des incinérations

«Il est mort des suites de tortures pendant les interrogatoires», affirme le site Internet de l'AAPP en citant des responsables de la région de Kyaukpandawn. Il ajoute que le corps n'a pas été remis à la famille et qu'il a été dit à cette dernière qu'il avait été incinéré.

L'AAPP écrit que de nombreux morts ont été incinérés et que des blessés ont été jetés dans des cours d'eau: «Des cadavres de moines ont fait leur apparition ces derniers jours dans les flots du Pazundaung, à Rangoon. En outre, beaucoup de ceux qui ont été arrêtés ont été torturés pendant les interrogatoires.»

L'ambassadeur des États-Unis aux Nations unies a estimé mardi que la communauté internationale devait se préparer à faciliter une transition en Birmanie tout en concédant que l'armée au pouvoir continuerait de jouer un rôle important dans ce processus.

Zalmay Khalilzad a exprimé cette opinion peu après la diffusion par les trois puissances occidentales représentées au Conseil de sécurité d'un projet de déclaration sur la répression des manifestations prodémocratiques en Birmanie.

Des négociations

Bien que notoirement adoucie par rapport à sa version originale élaborée vendredi, cette déclaration constituerait la première initiative à ce niveau pour faire pression sur la junte militaire birmane.

«Nous sommes persuadés qu'il est très important [...] d'avoir des négociations en vue d'une transition et de commencer à nous préparer en ce qui concerne une transition en Birmanie», a-t-il dit.

«L'armée, en tant qu'institution nationale, a son rôle à jouer dans la transition et l'après-transition, mais il est très important qu'un sérieux dialogue sur la transition commence et que la communauté internationale et les acteurs régionaux jouent leurs rôles», a-t-il ajouté.

La dernière version du projet de déclaration des Américains, des Britanniques et des Français, reformulée après discussion avec les 12 autres pays membres du Conseil de sécurité, déplore fortement mais ne condamne plus la répression des opposants. Un paragraphe exigeant un décompte exhaustif du nombre de personnes emprisonnées, disparues ou tuées a été retiré.

La déclaration appelle toujours à la libération des prisonniers politiques, dont la chef de file de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), Aung San Suu Kyi, et à un dialogue entre l'opposition et la junte.
 
 
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