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Éventuelle incursion militaire au Kurdistan - Ankara saisira les députés de ses projets en Irak

Ankara — Le premier ministre turc Tayyip Erdogan a confirmé hier que son gouvernement prenait des dispositions pour permettre à l'armée de traquer dans le nord de l'Irak, en cas de nécessité, les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les séparatistes kurdes ont tué dimanche 13 soldats turcs dans la province de Sirnak, à proximité de la frontière irakienne, lors du coup de main le plus meurtrier de ces 12 dernières années. Deux autres ont trouvé la mort depuis et les appels en faveur d'une riposte se multiplient, mais rares sont les observateurs qui parient sur une opération d'envergure du côté irakien.

Les préparatifs pour obtenir l'autorisation nécessaire des députés «sont en cours», a déclaré le chef du gouvernement en se rendant au Parlement, dont le feu vert ne signifiera pas automatiquement une entrée des troupes turques au Kurdistan irakien.

La semaine prochaine

Selon la presse, les projets de l'exécutif pourraient ne pas être soumis aux députés avant la semaine prochaine en raison des célébrations de la fin du ramadan.

Une opération d'envergure ne manquerait pas d'affecter les relations avec les États-Unis et l'Union européenne, à laquelle Ankara espère adhérer à terme. Bruxelles et Washington ont d'ailleurs invité hier la Turquie à respecter l'intégrité territoriale de l'Irak tandis que la Russie lançait un appel à la retenue.

L'armée, qui fait pression en faveur d'une opération transfrontalière, a lancé hier une nouvelle offensive dans la province orientale de Tunceli, majoritairement kurde, selon la télévision.

De sources militaires, on signale le bombardement de positions séparatistes dans la région frontalière de l'Irak, mais uniquement du côté turc. Vingt membres présumés du PKK venant d'Irak ont en outre été arrêtés alors qu'ils pénétraient en Turquie, rapporte la chaîne de télévision CNN Türk.

Mardi, le premier ministre avait déclaré que toutes les options, y compris militaires, restaient envisageables dans la lutte contre le PKK. Les vastes incursions menées en 1995 et 1997, qui ont mobilisé respectivement 35 000 et 50 000 hommes, ne sont pas venues à bout de la guérilla.

Un accord avec Bagdad

La Turquie et l'Irak ont signé le 28 septembre un accord de coopération antiterroriste qui prévoit une coopération plus étroite de leurs services de renseignement mais n'autorise pas les troupes turques à franchir la frontière.

Le gouvernement irakien a invité la Turquie à s'en tenir à cet accord mais n'a que peu d'influence au Kurdistan, dont les dirigeants sont soupçonnés par Ankara de vouloir créer leur propre État, attisant ainsi le séparatisme des Kurdes turcs.

Pour certains observateurs, les menaces d'Ankara s'adressent en premier lieu aux élus américains, qui s'apprêtent à débattre d'un projet de loi proposant de reconnaître le génocide arménien de 1915.
 
 
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