Pakistan - Bhutto est confiante de parvenir à une entente avec Moucharraf
Photo : Agence Reuters
Benazir Bhutto attendant hier le texte de réconciliation.
Islamabad — L'ancien premier ministre du Pakistan en exil Benazir Bhutto et le camp du président Pervez Moucharraf ont annoncé hier qu'ils étaient optimistes quant à un futur partage du pouvoir, à deux jours de l'élection présidentielle.
«Nous sommes optimistes aujourd'hui, mais je ne peux pas dire que tout soit conclu», a déclaré Mme Bhutto à Londres, où elle vit en exil depuis 1999.
S'il semble s'être fait un nouvel allié de poids, le chef de l'État ignore toujours si l'élection présidentielle prévue demain aura bien lieu. Le verdict de la Cour suprême, qui doit se prononcer sur la validité de sa candidature alors qu'il occupe toujours les fonctions de chef d'état-major de l'armée, est attendu aujourd'hui, et un report du scrutin à la dernière minute n'est pas exclu.
Devant cette inconnue, Bhutto, qui négocie depuis plusieurs mois avec Moucharraf en vue d'un partage du pouvoir après les législatives prévues en janvier, s'est refusée à s'engager pleinement dans cette voie.
«Nous pensons avoir avancé. Nous sommes désormais optimistes quant aux chances de succès et nous sommes proches d'un accord», a-t-elle déclaré à l'issue de deux jours de discussions avec les cadres de sa formation, le Parti du peuple pakistanais (PPP), réunis à Londres. L'ordonnance de réconciliation que Moucharraf s'apprête à diffuser doit encore être conclue, mais une décision devrait être prise aujourd'hui, a ajouté l'ex-premier ministre.
Le texte en question formalisera l'abandon des poursuites pour corruption à son encontre et ouvrira la voie à son retour d'exil, prévu le 18 octobre, pour mener la campagne des législatives de janvier.
Fragilité de Moucharraf
Si Moucharraf dispose d'une majorité suffisante au Parlement et dans les assemblées provinciales pour ne pas douter de sa réélection — le président pakistanais est élu par les parlementaires de ces assemblées —, il est beaucoup moins sûr de l'issue de ce deuxième scrutin. Inflation, insécurité croissante, hostilité à son alliance avec les États-Unis et à son maintien à la tête de l'armée alimentent un mécontentement qui risque fort de menacer sa majorité, huit ans après le coup d'État qui l'a porté au pouvoir.
Washington a discrètement encouragé l'alliance Moucharraf-Bhutto pour faire pièce à la progression des islamistes radicaux dans l'unique pays musulman détenteur de l'arme nucléaire.
Le chef de l'État a fait un premier pas d'importance en s'engageant à renoncer à l'uniforme avant de prêter serment, le 15 novembre, s'il est élu. Mais sa probable partenaire réclame l'abrogation de la clause qui permet au président de limoger le premier ministre, sort qu'elle a connu à deux reprises dans les années 80 et 90, et de celle qui interdit au chef du gouvernement d'accomplir trois mandats. «L'équilibre des pouvoirs entre le président et le Parlement n'a pas toujours pas été résolu. Nous avons toujours des opinions divergentes», a souligné Bhutto.
Si ses exigences ne sont pas satisfaites, a-t-elle menacé, les députés du PPP pourraient emboîter le pas de leurs 85 collègues qui ont démissionné pour tenter de discréditer l'élection présidentielle.
«Nous sommes optimistes aujourd'hui, mais je ne peux pas dire que tout soit conclu», a déclaré Mme Bhutto à Londres, où elle vit en exil depuis 1999.
S'il semble s'être fait un nouvel allié de poids, le chef de l'État ignore toujours si l'élection présidentielle prévue demain aura bien lieu. Le verdict de la Cour suprême, qui doit se prononcer sur la validité de sa candidature alors qu'il occupe toujours les fonctions de chef d'état-major de l'armée, est attendu aujourd'hui, et un report du scrutin à la dernière minute n'est pas exclu.
Devant cette inconnue, Bhutto, qui négocie depuis plusieurs mois avec Moucharraf en vue d'un partage du pouvoir après les législatives prévues en janvier, s'est refusée à s'engager pleinement dans cette voie.
«Nous pensons avoir avancé. Nous sommes désormais optimistes quant aux chances de succès et nous sommes proches d'un accord», a-t-elle déclaré à l'issue de deux jours de discussions avec les cadres de sa formation, le Parti du peuple pakistanais (PPP), réunis à Londres. L'ordonnance de réconciliation que Moucharraf s'apprête à diffuser doit encore être conclue, mais une décision devrait être prise aujourd'hui, a ajouté l'ex-premier ministre.
Le texte en question formalisera l'abandon des poursuites pour corruption à son encontre et ouvrira la voie à son retour d'exil, prévu le 18 octobre, pour mener la campagne des législatives de janvier.
Fragilité de Moucharraf
Si Moucharraf dispose d'une majorité suffisante au Parlement et dans les assemblées provinciales pour ne pas douter de sa réélection — le président pakistanais est élu par les parlementaires de ces assemblées —, il est beaucoup moins sûr de l'issue de ce deuxième scrutin. Inflation, insécurité croissante, hostilité à son alliance avec les États-Unis et à son maintien à la tête de l'armée alimentent un mécontentement qui risque fort de menacer sa majorité, huit ans après le coup d'État qui l'a porté au pouvoir.
Washington a discrètement encouragé l'alliance Moucharraf-Bhutto pour faire pièce à la progression des islamistes radicaux dans l'unique pays musulman détenteur de l'arme nucléaire.
Le chef de l'État a fait un premier pas d'importance en s'engageant à renoncer à l'uniforme avant de prêter serment, le 15 novembre, s'il est élu. Mais sa probable partenaire réclame l'abrogation de la clause qui permet au président de limoger le premier ministre, sort qu'elle a connu à deux reprises dans les années 80 et 90, et de celle qui interdit au chef du gouvernement d'accomplir trois mandats. «L'équilibre des pouvoirs entre le président et le Parlement n'a pas toujours pas été résolu. Nous avons toujours des opinions divergentes», a souligné Bhutto.
Si ses exigences ne sont pas satisfaites, a-t-elle menacé, les députés du PPP pourraient emboîter le pas de leurs 85 collègues qui ont démissionné pour tenter de discréditer l'élection présidentielle.
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