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Birmanie - Le général Than Shwe est prêt à rencontrer Suu Kyi

Elle devra cependant abandonner ses « pratiques obstructionnistes»

Rangoon — Le général Than Shwe, chef suprême de la junte au pouvoir en Birmanie (Myanmar), a déclaré à l'émissaire des Nations unies qu'il était prêt à discuter à certaines conditions avec l'opposante Aung San Suu Kyi, rapportait hier la télévision nationale birmane.

Parmi les conditions exposées à Ibrahim Gambari, le commandant de la junte exige que l'opposante renonce à ses «pratiques obstructionnistes» et abandonne son soutien aux sanctions prises contre la Birmanie. Than Shwe l'accuse également de rechercher l'affrontement et de prôner la «dévastation totale», ajoute la télévision nationale, qui ne précise pas le propos.

Than Shwe s'est engagé à engager un dialogue direct avec Aung San Suu Kyi si celle-ci «annonce publiquement qu'elle a renoncé à ces quatre points», poursuit la télévision.

Symbole de la lutte pour la démocratie au Myanmar, Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix en 1992, a passé 12 des 18 dernières années en détention. Elle approuve les sanctions internationales contre le pays même si beaucoup d'experts soutiennent qu'elles affectent davantage la population que les généraux au pouvoir.

Dans son journal du soir, la télévision nationale a également fourni un bilan des arrestations opérées lors de la répression des manifestations démocratiques. Au total, 2093 personnes ont été appréhendées entre le 25 septembre et aujourd'hui, a déclaré la télévision contrôlée par le régime, ajoutant que 692 avaient déjà été relâchées.

«Par précaution, le gouvernement avait ordonné aux personnes de ne pas se rassembler, mais des personnes se sont quand même rassemblées», a dit l'organe officiel d'information, ajoutant: «Elles ont été arrêtées conformément à la loi.»

«Parmi les personnes arrêtées, il y avait des manifestants, leurs partisans et quelques badauds. Bien qu'ils soient des badauds, ils ont enfreint la loi» contre les rassemblements, a affirmé la télévision.

Les 692 personnes libérées l'ont été après avoir signé un avertissement dans lequel elles ont promis de ne plus participer à de nouvelles manifestations, a-t-elle ajouté.

Un exilé birman en Thaïlande a déclaré que les personnes reconnues coupables d'avoir applaudi les protestataires écoperaient de deux à cinq ans de prison. Les leaders des manifestations risquent selon lui jusqu'à 20 ans d'emprisonnement.

Par ailleurs, des dizaines de nouvelles interpellations ont été signalées dans la nuit de mercredi à hier à Rangoon. Les autorités semblent disposer de listes de «suspects», photographiés ou filmés pendant les manifestations, et procèdent depuis à des arrestations ciblées.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui attendait hier un rapport de la mission de M. Gambari, a déclaré que le diplomate avait délivré un «message fort» à la junte en ce qui concerne la répression. Il a dit qu'il consulterait aujourd'hui certains des 15 membres du Conseil de sécurité pour déterminer la marche à suivre.
 
 
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