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Birmanie - L'émissaire de l'ONU sera reçu aujourd'hui par la junte

L’armée birmane a levé hier ses barricades autour des pagodes de Rangoon.
Photo : Agence Reuters
L’armée birmane a levé hier ses barricades autour des pagodes de Rangoon.
Rangoon — Les autorités de la Birmanie ont fait savoir aux Nations unies que leur émissaire, le Nigérian Ibrahim Gambari, pourrait rencontrer aujourd'hui le chef de la junte birmane.

L'émissaire de l'ONU, chargé de persuader les généraux de mettre fin à la répression du plus vaste mouvement pour la démocratie organisé dans ce pays depuis 20 ans, s'est rendu hier en avion à Naypydaw, la nouvelle capitale construite en pleine jungle.

Gambari a été informé qu'il pourra rencontrer le général Than Shwe demain, a indiqué à New York l'un des porte-parole de l'ONU, Farhan Haq.

La communauté internationale a placé beaucoup d'espoir dans la mission de l'ancien chef de la diplomatie d'Abuja au Myanmar, où les civils ont pris le relais des moines bouddhistes pour descendre dans la rue et protester contre la cherté de la vie et le régime militaire.

L'émissaire, qui est mandaté par le secrétaire général, Ban Ki-moon, ainsi que par le Conseil de sécurité de l'ONU, est chargé d'ouvrir un dialogue entre le gouvernement birman et l'opposition.

Si des rumeurs persistent sur l'état de santé du chef de la junte, qui pourrait expliquer le report de la rencontre, on sait que le général Than Shwe reste un dirigeant inflexible, peu inquiet par l'image donnée par la répression en dehors de son pays.

Selon Mark Canning, l'ambassadeur britannique au Myanmar, la Chine a pesé de tout son poids pour que la mission de Gambari soit la plus ambitieuse possible, obtenant pour lui l'autorisation de se rendre à Naypyidaw, où il a rencontré le premier ministre et les ministres de l'Information et de la culture.

À Washington, la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino, a déclaré hier qu'il était important que l'émissaire de l'ONU puisse rencontrer tous ceux qu'il souhaitait voir.

Sur le terrain, signe de la conviction des généraux d'avoir réussi à «assécher» le mouvement de contestation, les forces de sécurité ont levé hier les barricades bloquant l'accès à la pagode Shwedagon, le temple bouddhiste le plus sacré et point de ralliement pour les manifestations de moines.

Des soldats sont toujours positionnés aux quatre accès au sanctuaire de Rangoon où, il y a une semaine, des policiers et des soldats ont tiré des gaz lacrymogènes et chargé des cortèges de religieux qui tentaient de se rendre dans le centre-ville.

À l'issue des défilés de ces derniers jours qui ont rassemblé environ 100 000 personnes dans le pays, la junte a évoqué un bilan officiel d'une dizaine de morts lors de leur répression — un chiffre très sous-estimé, à en croire les gouvernements occidentaux.
 
 
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