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Ukraine - Les forces orange en tête des législatives

L'égérie de la Révolution orange Ioulia Timochenko est bien placée pour le poste de premier ministre

1 octobre 2007  Actualités internationales
Ioulia Timochenko a effectué une percée de dix points par rapport aux précédentes législatives.
Photo : Agence Reuters
Ioulia Timochenko a effectué une percée de dix points par rapport aux précédentes législatives.
Kiev — L'égérie de la Révolution orange Ioulia Timochenko est bien placée pour redevenir première ministre après les législatives d'hier, où les forces pro-occidentales sont arrivées en tête selon les premiers sondages.

La formation de Mme Timochenko a en effet réalisé une percée importante et obtient avec celle du président Viktor Iouchtchenko, son allié lors de la Révolution orange pro-démocratique de 2004, un total cumulé de 44,8 % à 45,7 % des suffrages, selon quatre sondages de sortie des urnes.

Le Parti des régions du premier ministre Viktor Ianoukovitch et les Communistes, alliés pro-russes dans le gouvernement sortant, ont obtenu entre 39,4 % et 40,6 %. «Selon les données dont on dispose maintenant, Ioulia Timochenko doit devenir chef du gouvernement», a aussitôt déclaré un des leaders de la formation présidentielle Notre Ukraine-Autodéfense populaire Viatcheslav Kirilenko, cité par l'agence Interfax.

Mme Timochenko qui effectue une percée d'environ dix points par rapport aux précédentes législatives en mars 2006 (22,29 %) a de son côté annoncé hier son intention de demander dès ce matin au président Viktor Iouchtchenko de former un gouvernement orange pro-occidental.

La flamboyante dirigeante politique, qui fut déjà première ministre en 2005, s'est dite confiante dans le fait que «la coalition serait formée dans les 24 ou 48 heures après l'annonce des résultats officiels». Ceux-ci sont attendus aujourd'hui.

Le premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch dont le Parti des régions réalise le meilleur score avec 34,5 à 35,5 % des suffrages a pour sa part déclaré qu'il avait «gagné» et revendiqué aussi le droit de former une coalition.

Un petit parti sans étiquette politique claire, le Bloc Litvine, a également réussi à entrer au Parlement avec entre 3,6 % et 4 % des voix. Il ne semble toutefois pas en mesure de jouer les arbitres.

Ioulia Timochenko et le président Iouchtchenko, dont les relations n'ont pas toujours été au beau fixe, se sont engagés ces derniers jours à s'associer en cas de victoire de leurs forces.

Cette coalition si elle est formée risque de ne pas être très stable, préviennent les analystes. «Timochenko est ambitieuse, elle veut le poste de premier ministre comme un tremplin vers la présidence. [...] Il n'y a pas actuellement de front orange avec des objectifs communs», estime Ivan Presniakov du Centre international pour les études politiques à Kiev.

Les deux Viktor vont «tenter de ne pas laisser Mme Timochenko devenir première ministre», pronostique pour sa part Stanislav Belkovski, directeur de l'Institut de stratégie nationale pour la Russie et l'Ukraine.

Le taux de participation, qui s'élève à 63,2 % selon des estimations partielles, a dépassé un minimum de 50 % nécessaire pour que le scrutin soit valide.

Quelque 37 millions d'électeurs ukrainiens étaient appelés aux urnes après une série de crises politiques, qui ont miné l'image de la jeune démocratie ukrainienne.

Ce scrutin «doit mettre un point final au conflit» politique en Ukraine, avait déclaré hier matin le président Iouchtchenko après avoir voté dans le centre de Kiev.

Le chef de l'État a ordonné la dissolution du Parlement et convoqué de nouvelles élections après des conflits incessants avec son rival, le premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch, à la tête du gouvernement depuis août 2006. Les résultats des élections n'augurent pas de changements géopolitiques majeurs.

Les trois poids lourds sont d'accord pour intégrer l'Union européenne et ménager les relations avec la Russie, dont l'Ukraine dépend fortement pour son approvisionnement en énergie. Le principal point de discorde est l'adhésion à l'OTAN prônée par M. Iouchtchenko et à laquelle s'oppose M. Ianoukovitch.

La Russie est prête à coopérer avec tout gouvernement ukrainien, y compris pro-occidental, a déclaré à l'AFP l'ambassadeur russe en Ukraine Viktor Tchernomyrdine.
 
 
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