L'ONU obtient un tête-à-tête avec l'opposante birmane Aung San Suu Kyi
Son émissaire garde l'espoir de pouvoir rencontrer le chef de la junte
1 octobre 2007
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Plusieurs personnes ont marché devant l’ambassade de la Birmanie à Bangkok hier pour dénoncer la junte militaire et réclamer la libération d’Aung San Suu Kyi.
Rangoon, Birmanie — L'émissaire spécial de l'ONU en Birmanie, Ibrahim Gambari, s'est entretenu hier pendant une heure avec la chef de file de l'opposition, Aung San Suu Kyi, à Rangoon avant de retourner en soirée dans la capitale Naypyitaw dans l'espoir de rencontrer le chef de la junte au pouvoir, le général Than Shwe, après une première tentative infructueuse.
Arrivé samedi à Naypyidaw, la capitale administrative du pays, où sont retranchés les généraux de la junte et où il a passé la nuit, M. Gambari pu s'entretenir hier matin avec le premier ministre par intérim, le vice-ministre des Affaires étrangères et les ministres de l'Information et de la Culture, mais pas avec le général Than Shwe, ni même le numéro deux de la junte, le général Maung Aye.
Alors que des milliers de soldats quadrillent les principales villes du pays, le diplomate nigérian a ensuite gagné Rangoon, la capitale économique du pays, où il a été emmené à la résidence des hôtes d'État située sur University Avenue, pour y rencontrer Aung San Suu Kyi. Cette dernière avait été amenée de chez elle, non loin de là, pour cet entretien. Aucune précision n'a filtré sur cette rencontre d'une heure. Celle qu'on appelle la «Dame», Prix Nobel de la paix 1991 et incarnation du mouvement démocratique birman, vit en effet dans la même avenue, assignée à résidence depuis 2003. Le fait que la dissidente sorte de chez elle est extrêmement rare, les très rares personnes qui l'ont rencontrée au cours des années le faisant en général chez elle.
Le diplomate nigérian a ensuite regagné Naypyidaw en soirée, selon un diplomate asiatique, laissant espérer cette fois une rencontre avec le général Than Shwe et son bras droit Maung Aye, sans doute aujourd'hui. M. Gambari «est impatient de rencontrer Than Shwe» avant de quitter la région, a fait savoir l'ONU dans un communiqué diffusé hier soir.
Il était possible que M. Gambari soit porteur d'un message de la figure centrale de l'opposition au régime militaire. «Il a mis en oeuvre sa subtile diplomatie. Avec les talents diplomatiques de M. Gambari, les choses vont bien se passer», a-t-on assuré de même source.
Jusqu'ici, cependant, l'ONU a toujours échoué dans ses médiations entre la junte et l'opposition démocratique. M. Gambari et son prédécesseur, le Malaisien Razali Ismail, n'ont jamais réussi à garantir un retour à la liberté pour Aung San Suu Kyi.
De fait, la junte a continué de renforcer son emprise sur la plus grande ville du pays en portant hier à 20 000 le nombre de soldats grâce à des renforts arrivés dans la nuit, a confié un autre diplomate asiatique sous couvert d'anonymat. «Les forces de sécurité montrent leurs muscles», a-t-il analysé. «Je pense que les chances pour les opposants de descendre dans la rue et de mobiliser assez de gens pour renverser la junte sont égales à zéro.»
Pendant ce temps, les arrestations de participants aux manifestations de la semaine se poursuivaient, a ajouté ce diplomate en estimant leur nombre total à près d'un millier, dont des cadres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Ils ont rejoint les 1100 autres emprisonnés depuis le début des émeutes à la mi-septembre.
Arrivé samedi à Naypyidaw, la capitale administrative du pays, où sont retranchés les généraux de la junte et où il a passé la nuit, M. Gambari pu s'entretenir hier matin avec le premier ministre par intérim, le vice-ministre des Affaires étrangères et les ministres de l'Information et de la Culture, mais pas avec le général Than Shwe, ni même le numéro deux de la junte, le général Maung Aye.
Alors que des milliers de soldats quadrillent les principales villes du pays, le diplomate nigérian a ensuite gagné Rangoon, la capitale économique du pays, où il a été emmené à la résidence des hôtes d'État située sur University Avenue, pour y rencontrer Aung San Suu Kyi. Cette dernière avait été amenée de chez elle, non loin de là, pour cet entretien. Aucune précision n'a filtré sur cette rencontre d'une heure. Celle qu'on appelle la «Dame», Prix Nobel de la paix 1991 et incarnation du mouvement démocratique birman, vit en effet dans la même avenue, assignée à résidence depuis 2003. Le fait que la dissidente sorte de chez elle est extrêmement rare, les très rares personnes qui l'ont rencontrée au cours des années le faisant en général chez elle.
Le diplomate nigérian a ensuite regagné Naypyidaw en soirée, selon un diplomate asiatique, laissant espérer cette fois une rencontre avec le général Than Shwe et son bras droit Maung Aye, sans doute aujourd'hui. M. Gambari «est impatient de rencontrer Than Shwe» avant de quitter la région, a fait savoir l'ONU dans un communiqué diffusé hier soir.
Il était possible que M. Gambari soit porteur d'un message de la figure centrale de l'opposition au régime militaire. «Il a mis en oeuvre sa subtile diplomatie. Avec les talents diplomatiques de M. Gambari, les choses vont bien se passer», a-t-on assuré de même source.
Jusqu'ici, cependant, l'ONU a toujours échoué dans ses médiations entre la junte et l'opposition démocratique. M. Gambari et son prédécesseur, le Malaisien Razali Ismail, n'ont jamais réussi à garantir un retour à la liberté pour Aung San Suu Kyi.
De fait, la junte a continué de renforcer son emprise sur la plus grande ville du pays en portant hier à 20 000 le nombre de soldats grâce à des renforts arrivés dans la nuit, a confié un autre diplomate asiatique sous couvert d'anonymat. «Les forces de sécurité montrent leurs muscles», a-t-il analysé. «Je pense que les chances pour les opposants de descendre dans la rue et de mobiliser assez de gens pour renverser la junte sont égales à zéro.»
Pendant ce temps, les arrestations de participants aux manifestations de la semaine se poursuivaient, a ajouté ce diplomate en estimant leur nombre total à près d'un millier, dont des cadres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND). Ils ont rejoint les 1100 autres emprisonnés depuis le début des émeutes à la mi-septembre.
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