Birmanie - Les manifestants bravent la junte à Rangoun : neuf morts
Photo : Agence Reuters
La répression s’est amplifiée hier en Birmanie alors que les soldats ont tiré à vue.
Rangoun — Ignorant les appels de la communauté internationale, les forces de sécurité birmanes sont une nouvelle fois entrées en action hier à Rangoun où neuf personnes, dont un journaliste japonais, ont été tuées et des centaines d'autres arrêtées alors que la junte tentait, non sans mal, de briser un mouvement de protestation.
Le régime militaire avait lancé aux premières heures de la journée une série de raids dans les monastères bouddhistes et arrêté des centaines de bonzes, à la pointe du mouvement de contestation.
Au moins 50 000 personnes, en majorité des jeunes et des étudiants, ont encore bravé l'interdiction de manifester contre la junte, selon des estimations citées par des témoins. Le bilan de neuf morts a été donné en fin de journée par la télévision nationale, contrôlée par les généraux. Les manifestants ont été dispersés violemment par l'armée en plusieurs points de l'ancienne capitale, qui abrite cinq millions d'habitants.
Les soldats ont menacé par haut-parleurs de tirer à vue sur toute personne qui ne quitterait par les rues dans les dix minutes. Des rafales sporadiques ont été entendues jusqu'à la tombée de la nuit et l'entrée en vigueur du couvre-feu.
Kenji Nagai, un vidéo-reporter de 50 ans travaillant pour l'agence APF, basée à Tokyo, est le premier étranger tué depuis le début des violences à Rangoun. Une source hospitalière birmane a indiqué qu'il aurait succombé à des blessures par balles.
Selon une organisation de défense des droits de la personne basée à Hong-Kong, une importante manifestation a eu lieu hier dans la ville de Sittwe, dans le nord-ouest, et des incidents ont été signalés à Pakokku, Mandalay et Moulmein.
L'organisation Reporters sans frontières (RSF) s'est dite horrifiée par la répression tandis que des manifestations de protestation ont été organisées à Londres, Genève, Rome et Paris.
Des sanctions
Le président américain George W. Bush a appelé le monde à faire pression sur la junte pour mettre fin à la répression et le gouvernement américain a annoncé des sanctions économiques contre le chef de la junte, le général Than Shwe, et 13 autres hauts responsables birmans.
L'ASEAN, dont la Birmanie est membre, a pour la première
fois réagi et exigé que la junte cesse immédiatement d'utiliser la violence.
Les autorités birmanes ont fait un petit geste en décidant d'accorder un visa à l'émissaire spécial de l'ONU pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, qui sera autorisé à se rendre à Rangoun, selon le porte parole du secrétaire général de l'ONU.
Malgré l'interdiction de tout rassemblement, des milliers de manifestants ont donc convergé hier vers le centre de Rangoun, où ils se sont retrouvés face à des policiers antiémeute et des soldats armés. Les protestataires ont lancé des slogans liés au héros de l'indépendance, le général Aung San, père de l'opposante Aung San Suu Kyi, maintenue en isolement dans sa résidence depuis 2003. Ils ont finalement été dispersés après des tirs de sommation et un ultimatum particulièrement ferme.
Au moins 100 personnes ont été arrêtées sur place et forcées de monter à bord de camions militaires alors que d'autres manifestants s'enfuyaient dans les rues adjacentes en courant.
La télévision nationale birmane a accusé la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi d'avoir fomenté des troubles en payant des personnes pour qu'elles participent aux manifestations.
Elle a indiqué que deux membres de la LND, Hla Pe et Myint Thei, avaient été interrogés, ainsi que deux responsables de partis ethniques, Htaung Ko Htan et Chin Sian Thang, pour leur rôle dans le «soulèvement».
Des échauffourées ont éclaté dans au moins trois endroits distincts alors que les forces de l'ordre tentaient d'appréhender des moines pour les placer par la contrainte dans des camions. Les religieux ont reçu le soutien d'habitants qui ont tenté de s'interposer.
De nombreux bonzes ont par ailleurs été interpellés dans leurs monastères et conduits, par camions, en dehors de la ville, vers une destination inconnue, dans le but évident de les empêcher de participer aux défilés. Des témoins ont relaté avoir vu au moins six camions chargés de moines.
Au total, hier, les manifestations et les violences ont duré six heures.
Une centaine de bonzes avaient déjà été arrêtés dans la nuit de mercredi à hier par les forces de sécurité, qui avaient lancé un raid contre un monastère de l'est de Rangoun, selon des témoins. Certains moines ont été «battus violemment», ont indiqué des sources diplomatiques britanniques.
Le régime militaire avait lancé aux premières heures de la journée une série de raids dans les monastères bouddhistes et arrêté des centaines de bonzes, à la pointe du mouvement de contestation.
Au moins 50 000 personnes, en majorité des jeunes et des étudiants, ont encore bravé l'interdiction de manifester contre la junte, selon des estimations citées par des témoins. Le bilan de neuf morts a été donné en fin de journée par la télévision nationale, contrôlée par les généraux. Les manifestants ont été dispersés violemment par l'armée en plusieurs points de l'ancienne capitale, qui abrite cinq millions d'habitants.
Les soldats ont menacé par haut-parleurs de tirer à vue sur toute personne qui ne quitterait par les rues dans les dix minutes. Des rafales sporadiques ont été entendues jusqu'à la tombée de la nuit et l'entrée en vigueur du couvre-feu.
Kenji Nagai, un vidéo-reporter de 50 ans travaillant pour l'agence APF, basée à Tokyo, est le premier étranger tué depuis le début des violences à Rangoun. Une source hospitalière birmane a indiqué qu'il aurait succombé à des blessures par balles.
Selon une organisation de défense des droits de la personne basée à Hong-Kong, une importante manifestation a eu lieu hier dans la ville de Sittwe, dans le nord-ouest, et des incidents ont été signalés à Pakokku, Mandalay et Moulmein.
L'organisation Reporters sans frontières (RSF) s'est dite horrifiée par la répression tandis que des manifestations de protestation ont été organisées à Londres, Genève, Rome et Paris.
Des sanctions
Le président américain George W. Bush a appelé le monde à faire pression sur la junte pour mettre fin à la répression et le gouvernement américain a annoncé des sanctions économiques contre le chef de la junte, le général Than Shwe, et 13 autres hauts responsables birmans.
L'ASEAN, dont la Birmanie est membre, a pour la première
fois réagi et exigé que la junte cesse immédiatement d'utiliser la violence.
Les autorités birmanes ont fait un petit geste en décidant d'accorder un visa à l'émissaire spécial de l'ONU pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, qui sera autorisé à se rendre à Rangoun, selon le porte parole du secrétaire général de l'ONU.
Malgré l'interdiction de tout rassemblement, des milliers de manifestants ont donc convergé hier vers le centre de Rangoun, où ils se sont retrouvés face à des policiers antiémeute et des soldats armés. Les protestataires ont lancé des slogans liés au héros de l'indépendance, le général Aung San, père de l'opposante Aung San Suu Kyi, maintenue en isolement dans sa résidence depuis 2003. Ils ont finalement été dispersés après des tirs de sommation et un ultimatum particulièrement ferme.
Au moins 100 personnes ont été arrêtées sur place et forcées de monter à bord de camions militaires alors que d'autres manifestants s'enfuyaient dans les rues adjacentes en courant.
La télévision nationale birmane a accusé la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Suu Kyi d'avoir fomenté des troubles en payant des personnes pour qu'elles participent aux manifestations.
Elle a indiqué que deux membres de la LND, Hla Pe et Myint Thei, avaient été interrogés, ainsi que deux responsables de partis ethniques, Htaung Ko Htan et Chin Sian Thang, pour leur rôle dans le «soulèvement».
Des échauffourées ont éclaté dans au moins trois endroits distincts alors que les forces de l'ordre tentaient d'appréhender des moines pour les placer par la contrainte dans des camions. Les religieux ont reçu le soutien d'habitants qui ont tenté de s'interposer.
De nombreux bonzes ont par ailleurs été interpellés dans leurs monastères et conduits, par camions, en dehors de la ville, vers une destination inconnue, dans le but évident de les empêcher de participer aux défilés. Des témoins ont relaté avoir vu au moins six camions chargés de moines.
Au total, hier, les manifestations et les violences ont duré six heures.
Une centaine de bonzes avaient déjà été arrêtés dans la nuit de mercredi à hier par les forces de sécurité, qui avaient lancé un raid contre un monastère de l'est de Rangoun, selon des témoins. Certains moines ont été «battus violemment», ont indiqué des sources diplomatiques britanniques.
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