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Iran: l'escalade

L'Iran veut-il vraiment conquérir la bombe atomique? Les États-Unis et leur nouveau proche allié, la France de Nicolas Sarkozy, pourraient-ils aller jusqu'à «la guerre, monsieur!» pour tenter de prévenir cette éventualité, évoquée en ces mots par le controversé Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de la France?
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    24 septembre 2007 13 h 25
    Ahmadinejad et El-Baradeï
    François Brousseau nous a campé là, de main de maître, l'ensemble des enjeux politiques actuels ressemblant comme jumeaux à ceux de 2002. Seul changement : le «petit caniche» (belle trouvaille !) n'est plus la Grande Bretagne, mais, oh surprise, la France. Et, surprise supplémentaire, c'est un socialiste, Kouchner, qui prend la place d'un Villepin de droite qui cherchait à négocier, pour tout tourner à l'envers et s'acoquiner avec les pires faucons de la planète. Heureusement Mme Merkel veille quelque peu au grain. Du côté américain, restent au pouvoir trois des plus grands «va-t-en-guerre» : Bush évidemment, son vice-président Cheney indestructible et leur porte-voix irréductible Condoleezza Rice.

    Évidemment la médaille a deux côtés. L'autre face politique et donc opportuniste, c'est l'Iran de ce haut-parleur qu'était Ahmadinejad à ses débuts à la présidence de l'Iran, et qui semble devenir de plus en plus «sage», du moins politicien averti ; et le voilà qui s'amène demain à l'ONU pour répéter ce qui, si c'est sincère, s'avère tout plein de bon sens : "Dans le cadre des relations politiques actuelles, la bombe atomique n'est d'aucune utilité. Si elle l'était, elle aurait empêché la chute de l'Union soviétique, si elle l'était, elle aurait réglé le problème que rencontrent les Américains en Irak", poursuit-il, ajoutant que "le temps de la bombe est révolu".

    Voilà pour la politique, donc pour l'apparence. Mais le dur combat que poursuivaient Blix et El-Baradeï en 2002, et que ce dernier continue courageusement à rappeler contre vents et marées politiques, c'est la nécessité de négocier de bonne foi la continuation des vérifications sur le terrain : l'Iran prépare-t-il ou non la bombe nucléaire ? Personne, sauf les dirigeants de l'Iran, ne le sait encore. Et c'est cette réalité «technique» que rappelle El-Baradeï. La réalité plutôt que l'enflure ! Et il se fait rappeler par Condoleezza Rice de ne pas s'immiscer dans la politique américaine. Quel courage ne faut-il pas à ce «chercheur de vérité» pour continuer tranquillement son travail, quand les politiciens parmi les plus importants continuent de faire comme s'il n'avait pas eu raison contre tous en 2002 ! Décidément la vérité n'est pas facile à trouver et encore moins à révéler.
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    25 septembre 2007 10 h 33
    La répétition de l'histoire!
    Félicitations à M. Brousseau pour cette incartade inhabituelle.

    De nos jours, il est extrêmement rare de voir une analyse reposant sur des évidences historiques pour exposer et même, en quelque sorte, dénoncer la réalité actuelle.

    Il est d'une évidence criante que le même scénario, que celui de 2003 contre l'Irak, est utilisé aujourd'hui contre l'Iran.

    On remplace les noms de Rice par Powell, El-Baradeï par Blix, Blair par Sarkozy et le tour est joué. On peut même nous ressortir les mêmes nouvelles en faisant un peu de "chercher-remplacer" et on économise sur le salaire des journalistes.

    D'une façon surprenante, M. Brousseau, nous expose, de bonne façon, toute la stratégie. On ne peut que le féliciter. Ce discours discordant et dénonçant la méthode médiatique des faucons US, fit cruellement défaut en 2003. Il est bon de constater que les médias retrouvent peu à peu leur rôle de confronter les paroles à la réalité.

    Je me souviens trop des analyses disant que la France, De Villepin en tête, neutralisait l'ONU. Que la France était dans l'erreur et que le monde entier était sous la menace d'un tyran! Les médias reprenaient ce refrain catastrophique, tous à l'unisson.

    Mais, malgré l'écart que M. Brousseau nous offre aujourd'hui, la force médiatique de "l'axe du bien" fait son petit bonhomme de chemin. Même M. Brousseau ne peut s'empêcher de rappeler « le régime des ayatollahs ». Pour nous rappeler que l'Iran est un "régime" de méchant malade. On peut aussi dire que c'est un pays à demi démocratique, tout en insistant sur la moitié de démocratie manquante plutôt que sur la moitié de démocratie existante.

    Il est clair que les derniers faucons US, toujours bien en poste, veulent la guerre.
    Ce sont des fous qui peuvent mener le monde dans une tuerie qui ne se limitera peut-être plus au Moyen-Orient.

    Il faut que les médias continuent de mettre à jour ces manipulations de l'opinion.
    Il faut que les mots et les faits continuent d'être confrontés.

    Qui dit vrai? Bush ou Ahmadinejad?
    Bush dit que l'Iran veut la guerre et fabrique une bombe atomique pour anéantir Israël et l'occident.
    Ahmadinejad dit qu'ils n'ont pas besoin de bombe, qu'ils n'en construisent pas, qu'ils ont besoin d'électricité.
    Bush, comme Sarkozy, comme Rice, comme Kouchner dit qu'il privilégie la diplomatie.
    Ahmadinejad demande un débat devant les caméras avec Bush.
    Bush refuse le débat.

    Ahmadinejad se dit pacifiste!
    Bush se dit pacifiste!
    Laquelle de ces deux affirmations vous paraît la plus incongrue?
    Le diable peut-il être pacifiste?
    Ah! L'art efficace de la diabolisation!

    Ahmadinejad n'a pas envoyé de missiles, ni de soldats, ni d'avions pour bombarder nulle part au monde.
    Bush, quant à lui, bombarde la région depuis 2001. Il a plusieurs fois le nombre de victimes du 11 septembre 2001, à son actif.
    Le nombre de morts dus au bombardement US se situe entre 10 et 100 fois le nombre de victimes de la tragédie du 11 septembre 2001.

    Bien sûr, on dit que l'Iran fournit des armes aux insurgés en Irak, on dit que l'Iran fait une bombe, on dit que l'Iran est une menace, tous ces dires ne reposent sur aucune preuve, tout comme, jadis, les fameuses armes de destruction massive.


    El Baradeï dit qu'il n'y a aucune preuve que l'Iran construit une bombe plutôt que des centrales électriques.

    L'Iran a-t-il besoin d'une bombe?
    Encerclé par l'armée US en Irak et en Afghanistan, au Pakistan et dans le golfe persique, l'Iran a définitivement besoin d'un moyen de dissuasion.

    Qui est la plus grande menace?
    Après deux pays envahis et maintenant occupés, avec 700 quelques milliards annuels pour leur "défense" (sic), avec le plus grand nombre de bases militaires au monde réparties à travers la planète et avec une volonté de militarisation de l'espace, les États-Unis paraissent beaucoup plus menaçant que l'Iran qui vit avec un système moyenâgeux. L'Iran n'a pas envahi aucun territoire (en tout cas, récemment), n'a pas de technologie sophistiquée et est complètement encerclé par une armée belliqueuse.

    L'histoire récente semble déjà oubliée. mais heureusement, M. Brousseau nous rappelle que le même scénario fut utilisé pour envahir l'Irak.
    Sanctions répétées de l'ONU. Harcèlement intense des États-Unis. Ridiculisation de Hans Blix, à qui l'on disait, de se fermer la gueule (aujourd'hui, c'est à El Baradeï à qui l'on dit de se fermer la gueule) et les menaces d'agir unilatéralement hors de l'ONU (ce qui fut malheureusement fait).

    On utilise le même scénario, mais, les analyses, comme celle de M. Brousseau, minent son efficacité. Merci.


    Serge Charbonneau
    Québec
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