Le modéré Yasuo Fukuda prendra les rênes du Japon
24 septembre 2007
Actualités internationales
Tokyo — Le conservateur modéré Yasuo Fukuda a été officiellement adoubé hier à Tokyo pour succéder au premier ministre démissionnaire Shinzo Abe et sortir la droite japonaise de la grave crise qui menace sa mainmise sur le pouvoir.
Assuré d'une invincible majorité à la Chambre des députés, il sera intronisé premier ministre demain par la Diète, plus de 30 ans après son père Takeo Fukuda, et devrait former son gouvernement peu après.
Vétéran du Parti libéral démocrate (PLD), Yasuo Fukuda, 71 ans, a été élu président du parti avec près de 60 % des voix. «Il y a une semaine, je ne me voyais pas dans une telle position de leader», déclarait mercredi devant la presse internationale cet «homme de l'ombre» volontiers discret. Vieux renard de la politique et fin manoeuvrier, il détient le record de longévité (1289 jours) au poste clé de porte-parole du gouvernement.
Pourtant, le favori à la succession de Shinzo Abe était le secrétaire général du parti, Taro Aso, 67 ans. Mais cet ancien ministre des Affaires étrangères puis des Affaires intérieures sous Koizumi n'a jamais disposé d'un soutien fort de la part des diverses factions du PLD. Tandis qu'il affichait sa volonté de continuer l'action politique du premier ministre, le recul prudent et la sagesse affichés par Fukuda ont permis à son rival de remporter la bataille.
Les candidats ont eu dix jours pour rallier les courants du parti à leur cause. Très policée au départ, la campagne est devenue tendue, voire agressive, lorsque les deux hommes ont abordé les relations diplomatiques avec le reste de l'Asie. «Des perspectives historiques basées sur des points de vue masochistes ne correspondent pas à ma philosophie», avait assené Taro Aso en pleine conférence de presse commune avec son rival.
«Il est problématique de rejeter les opinions adverses en les taxant de masochistes ou de malsaines», avait répondu Yasuo Fukuda. Le nouveau président du PLD est reconnu comme un politicien «pro-Chine» et ouvert au dialogue avec la Corée du Nord. Il rejette toute visite au temple Yasukuni, où reste vénérée la mémoire des anciens combattants japonais, dont quelques criminels de guerre de classe A. Le pèlerinage annuel de l'ancien premier ministre Junichiro Koizumi au temple a été à la base de la détérioration des relations avec la Chine entre 2005 et 2006.
Parmi les autres dossiers en attente, l'extension de la loi antiterroriste pour le soutien des forces alliées en Afghanistan reste un sujet délicat. Le centre gauche, qui détient la Chambre haute (le Sénat) depuis sa victoire aux élections de juillet dernier, y est fermement opposé: «Notre position ne va pas bouger sur ce dossier parce que le président du PLD change», a insisté Ichiro Ozawa, le chef de l'opposition de centre gauche. Son refus a en partie contribué à la démission surprise de Shinzo Abe. «Si nous ne votons pas cette loi, les autres pays penseront qu'ils n'ont plus besoin de nous», plaide Yasuo Fukuda, qui veut asseoir la crédibilité de son pays sur la scène internationale. Tout en assurant vouloir «ressusciter le parti et regagner la confiance des Japonais».
Quant à Shinzo Abe, hospitalisé pour stress, il a publié hier un message dans lequel il regrette d'avoir «créé un vide politique à un moment si crucial». Il devrait tenir une conférence de presse aujourd'hui.
Assuré d'une invincible majorité à la Chambre des députés, il sera intronisé premier ministre demain par la Diète, plus de 30 ans après son père Takeo Fukuda, et devrait former son gouvernement peu après.
Vétéran du Parti libéral démocrate (PLD), Yasuo Fukuda, 71 ans, a été élu président du parti avec près de 60 % des voix. «Il y a une semaine, je ne me voyais pas dans une telle position de leader», déclarait mercredi devant la presse internationale cet «homme de l'ombre» volontiers discret. Vieux renard de la politique et fin manoeuvrier, il détient le record de longévité (1289 jours) au poste clé de porte-parole du gouvernement.
Pourtant, le favori à la succession de Shinzo Abe était le secrétaire général du parti, Taro Aso, 67 ans. Mais cet ancien ministre des Affaires étrangères puis des Affaires intérieures sous Koizumi n'a jamais disposé d'un soutien fort de la part des diverses factions du PLD. Tandis qu'il affichait sa volonté de continuer l'action politique du premier ministre, le recul prudent et la sagesse affichés par Fukuda ont permis à son rival de remporter la bataille.
Les candidats ont eu dix jours pour rallier les courants du parti à leur cause. Très policée au départ, la campagne est devenue tendue, voire agressive, lorsque les deux hommes ont abordé les relations diplomatiques avec le reste de l'Asie. «Des perspectives historiques basées sur des points de vue masochistes ne correspondent pas à ma philosophie», avait assené Taro Aso en pleine conférence de presse commune avec son rival.
«Il est problématique de rejeter les opinions adverses en les taxant de masochistes ou de malsaines», avait répondu Yasuo Fukuda. Le nouveau président du PLD est reconnu comme un politicien «pro-Chine» et ouvert au dialogue avec la Corée du Nord. Il rejette toute visite au temple Yasukuni, où reste vénérée la mémoire des anciens combattants japonais, dont quelques criminels de guerre de classe A. Le pèlerinage annuel de l'ancien premier ministre Junichiro Koizumi au temple a été à la base de la détérioration des relations avec la Chine entre 2005 et 2006.
Parmi les autres dossiers en attente, l'extension de la loi antiterroriste pour le soutien des forces alliées en Afghanistan reste un sujet délicat. Le centre gauche, qui détient la Chambre haute (le Sénat) depuis sa victoire aux élections de juillet dernier, y est fermement opposé: «Notre position ne va pas bouger sur ce dossier parce que le président du PLD change», a insisté Ichiro Ozawa, le chef de l'opposition de centre gauche. Son refus a en partie contribué à la démission surprise de Shinzo Abe. «Si nous ne votons pas cette loi, les autres pays penseront qu'ils n'ont plus besoin de nous», plaide Yasuo Fukuda, qui veut asseoir la crédibilité de son pays sur la scène internationale. Tout en assurant vouloir «ressusciter le parti et regagner la confiance des Japonais».
Quant à Shinzo Abe, hospitalisé pour stress, il a publié hier un message dans lequel il regrette d'avoir «créé un vide politique à un moment si crucial». Il devrait tenir une conférence de presse aujourd'hui.
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