Abe démissionne et plonge le Japon en pleine crise politique
Une série de scandales, un échec électoral et la question afghane auront eu raison du jeune premier ministre
Photo : Agence Reuters
Shinzo Abe
Tokyo — Le premier ministre japonais Shinzo Abe a créé la surprise en annonçant sa démission hier après une année de mandat dominée par les scandales, un échec électoral et une polémique sur le soutien de Tokyo aux opérations américaines en Afghanistan.
Le premier ministre était en difficulté depuis le cinglant désaveu infligé à sa politique lors des élections sénatoriales de juillet, mais l'annonce de son départ constitue néanmoins une surprise.
«J'en suis arrivé aujourd'hui à la conclusion que je devais démissionner», a dit Abe, les traits tirés, au cours d'une conférence de presse.
Des responsables ont indiqué que la décision du premier ministre était en partie motivée par son état de santé. Abe, lui, a fait valoir qu'un nouveau premier ministre serait mieux placé pour résoudre la crise liée à la prolongation du mandat de la mission navale japonaise qui appuie les opérations en Afghanistan de la coalition dominée par les États-Unis.
Abe, devenu à 52 ans le plus jeune premier ministre japonais depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, avait remanié son gouvernement le mois dernier pour tenter de faire remonter sa cote de popularité dans les sondages. Mais une nouvelle enquête d'opinion publiée cette semaine a montré qu'elle continuait de stagner sous la barre des 30 % d'opinions favorables. «Je suis responsable du fait que mon ancien et mon nouveau gouvernements n'ont pas pu gagner la confiance de la population», a expliqué Abe.
Le chef de cabinet du premier ministre, Kaoru Yosano, a déclaré que l'état de santé d'Abe était une des raisons de son départ. «Il faisait de son mieux, mais je pense qu'il a décidé de démissionner parce qu'il sentait que, s'il continuait, il ne serait pas en mesure d'assumer ses responsabilités», a dit Yosano.
Abe devrait rester à son poste pour expédier les affaires courantes jusqu'à ce que son successeur soit désigné par sa formation, le Parti libéral-démocrate (PLD). Selon les médias, le parti devrait désigner le 19 septembre son nouveau président, qui sera assuré de devenir le prochain premier ministre, le PLD disposant d'une confortable majorité à la Chambre basse de la Diète (Parlement).
Le numéro deux du PLD, Taro Aso, fidèle allié d'Abe qui partage en grande partie ses vues sur la politique à mener en matière de sécurité, est donné favori pour prendre la présidence du PLD et donc briguer le poste de premier ministre. D'autres noms circulent, dont ceux du ministre des Finances, Sadakazu Tanigaki, et de l'ancien chef de cabinet Yasuo Fukuda.
Abe avait prévenu qu'il ne s'accrocherait pas à son poste s'il n'était pas en mesure d'obtenir la prolongation du mandat de la mission navale japonaise, mais on ne s'attendait pas à ce qu'il prenne cette décision aussi rapidement.
Les partis d'opposition, qui se sont assuré le contrôle de la Chambre haute aux élections de fin juillet, sont en mesure, s'ils le veulent, de retarder la promulgation d'une loi prolongeant le mandat de cette force navale au-delà de sa date d'expiration, le 1er novembre.
Il était prévu que le premier ministre réponde aux questions des parlementaires sur ce sujet hier.
«C'est le plus mauvais moment», a estimé Gen Nakatani, député du PLD, sur la chaîne de télévision Fuji, en faisant valoir que la démission d'Abe risquait de semer la confusion.
«Le choix de la date est étonnant. C'est une énorme surprise. Il avait dit qu'il mettrait son mandat dans la balance pour faire adopter la législation antiterroriste, donc je ne comprends pas pourquoi il démissionne avant même d'avoir commencé», a pour sa part déclaré Koichi Haji, économiste en chef à l'institut de recherche NLI.
Abe a dit avoir décidé de démissionner parce que le chef du Parti démocratique du Japon, Ichiro Ozawa, avait refusé sa proposition d'une réunion en tête à tête pour discuter de la prolongation du mandat de la mission navale, ce qu'Ozawa a démenti.
Le chef du Parti démocratique s'est déclaré prêt à rencontrer le successeur d'Abe mais a ajouté que sa formation n'avait pas changé de position sur ce dossier.
Premier chef de gouvernement nippon né après la Deuxième Guerre mondiale, Abe s'est beaucoup investi dans la diplomatie, améliorant les relations de son pays avec la Chine et la Corée du Sud, mais il s'est souvent fait reprocher des tendances conservatrices, comme le souci de rétablir l'esprit patriotique à l'école ou de réviser la Constitution pacifiste du Japon.
Le premier ministre était en difficulté depuis le cinglant désaveu infligé à sa politique lors des élections sénatoriales de juillet, mais l'annonce de son départ constitue néanmoins une surprise.
«J'en suis arrivé aujourd'hui à la conclusion que je devais démissionner», a dit Abe, les traits tirés, au cours d'une conférence de presse.
Des responsables ont indiqué que la décision du premier ministre était en partie motivée par son état de santé. Abe, lui, a fait valoir qu'un nouveau premier ministre serait mieux placé pour résoudre la crise liée à la prolongation du mandat de la mission navale japonaise qui appuie les opérations en Afghanistan de la coalition dominée par les États-Unis.
Abe, devenu à 52 ans le plus jeune premier ministre japonais depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, avait remanié son gouvernement le mois dernier pour tenter de faire remonter sa cote de popularité dans les sondages. Mais une nouvelle enquête d'opinion publiée cette semaine a montré qu'elle continuait de stagner sous la barre des 30 % d'opinions favorables. «Je suis responsable du fait que mon ancien et mon nouveau gouvernements n'ont pas pu gagner la confiance de la population», a expliqué Abe.
Le chef de cabinet du premier ministre, Kaoru Yosano, a déclaré que l'état de santé d'Abe était une des raisons de son départ. «Il faisait de son mieux, mais je pense qu'il a décidé de démissionner parce qu'il sentait que, s'il continuait, il ne serait pas en mesure d'assumer ses responsabilités», a dit Yosano.
Abe devrait rester à son poste pour expédier les affaires courantes jusqu'à ce que son successeur soit désigné par sa formation, le Parti libéral-démocrate (PLD). Selon les médias, le parti devrait désigner le 19 septembre son nouveau président, qui sera assuré de devenir le prochain premier ministre, le PLD disposant d'une confortable majorité à la Chambre basse de la Diète (Parlement).
Le numéro deux du PLD, Taro Aso, fidèle allié d'Abe qui partage en grande partie ses vues sur la politique à mener en matière de sécurité, est donné favori pour prendre la présidence du PLD et donc briguer le poste de premier ministre. D'autres noms circulent, dont ceux du ministre des Finances, Sadakazu Tanigaki, et de l'ancien chef de cabinet Yasuo Fukuda.
Abe avait prévenu qu'il ne s'accrocherait pas à son poste s'il n'était pas en mesure d'obtenir la prolongation du mandat de la mission navale japonaise, mais on ne s'attendait pas à ce qu'il prenne cette décision aussi rapidement.
Les partis d'opposition, qui se sont assuré le contrôle de la Chambre haute aux élections de fin juillet, sont en mesure, s'ils le veulent, de retarder la promulgation d'une loi prolongeant le mandat de cette force navale au-delà de sa date d'expiration, le 1er novembre.
Il était prévu que le premier ministre réponde aux questions des parlementaires sur ce sujet hier.
«C'est le plus mauvais moment», a estimé Gen Nakatani, député du PLD, sur la chaîne de télévision Fuji, en faisant valoir que la démission d'Abe risquait de semer la confusion.
«Le choix de la date est étonnant. C'est une énorme surprise. Il avait dit qu'il mettrait son mandat dans la balance pour faire adopter la législation antiterroriste, donc je ne comprends pas pourquoi il démissionne avant même d'avoir commencé», a pour sa part déclaré Koichi Haji, économiste en chef à l'institut de recherche NLI.
Abe a dit avoir décidé de démissionner parce que le chef du Parti démocratique du Japon, Ichiro Ozawa, avait refusé sa proposition d'une réunion en tête à tête pour discuter de la prolongation du mandat de la mission navale, ce qu'Ozawa a démenti.
Le chef du Parti démocratique s'est déclaré prêt à rencontrer le successeur d'Abe mais a ajouté que sa formation n'avait pas changé de position sur ce dossier.
Premier chef de gouvernement nippon né après la Deuxième Guerre mondiale, Abe s'est beaucoup investi dans la diplomatie, améliorant les relations de son pays avec la Chine et la Corée du Sud, mais il s'est souvent fait reprocher des tendances conservatrices, comme le souci de rétablir l'esprit patriotique à l'école ou de réviser la Constitution pacifiste du Japon.
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