Le Guatemala vote après une violente campagne
Photo : Agence France-Presse
Rigoberta Menchu, est allée voter hier. La lauréate du prix Nobel de la Paix en 1992 est aussi candidate. Faute de moyens financiers, elle a dû renoncer à faire campagne et devrait faire de la figuration dans les urnes.
Ciuada de Guatemala — Au terme d'une campagne marquée par une violence sans précédent depuis la fin de la guerre civile, les bureaux de vote ont ouvert leurs portes hier au Guatemala pour le premier tour de l'élection présidentielle.
Alvaro Colom, candidat du centre gauche, et l'ex-général Otto Perez Molina, soutenu par la droite guatémaltèque, devraient arriver en tête, avec un léger avantage pour Colom au premier tour.
Mais ni lui ni son principal rival, tous deux âgés de 56 ans, ne semblent en mesure d'obtenir la majorité dès le premier tour, qui verra également les électeurs guatémaltèques élire un nouveau Congrès. Un second tour les départagera en novembre prochain. À en croire les sondages, l'avantage irait alors à Perez Molina.
La campagne sécuritaire menée par cet ancien chef du renseignement militaire pendant la guerre civile de 1960-96, partisan de la peine de mort, semble porter de plus en plus ses fruits dans un pays où le taux d'homicides est parmi les plus élevés du monde.
En 2006, près de 6000 homicides ont été enregistrés, sur une population totale de 13 millions d'habitants. Seules 2 % de ces affaires ont été élucidées, et la justice est perçue comme une institution corrompue et inefficace.
La population s'inquiète aussi du phénomène des «maras», bandes de jeunes gens tatoués qui se sont d'abord développées dans les quartiers hispaniques de Los Angeles avant de se répandre dans toute l'Amérique centrale dans les années 1990, importées par d'anciens immigrés expulsés par les États-Unis.
Depuis le début de la campagne, une cinquantaine de personnes ont été assassinées. Ces violences sont en partie liées à des luttes d'influence entre «barons» du trafic de drogue, dont le Guatemala est devenu une plaque tournante. Mais de nombreux militants politiques ont également payé de leur vie leur engagement, principalement dans les rangs du Parti de l'unité nationale pour l'espoir (UNE) de Colom.
De longues files d'attente se sont formées hier dès l'ouverture des bureaux de vote, les électeurs préférant s'acquitter rapidement de leur devoir pour éviter les pluies torrentielles de l'après-midi. À Ciudad de Guatemala, des véhicules de la police et de l'armée sillonnent les rues.
«Je vais voter Perez Molina parce qu'il y a trop de criminalité et que c'est un militaire, un homme entraîné à nous apporter la sécurité», annonce Angelika Perez, une enseignante à la retraite rencontrée dans un des bureaux de vote de la capitale.
«Entraîné à tuer des gens, oui», l'interrompt son mari, Daniel, fonctionnaire à la retraite qui s'apprête, lui, à voter pour Colom.
Dans les années 1980, lorsque certains des pires massacres de civils ont été commis, Perez Molina commandait les forces armées dans la région d'El Quiche. Aucune poursuite n'a été engagée contre lui.
Le candidat du Parti patriotique, dont l'emblème est un poing serré, a promis de lutter avec une «main de fer» contre la criminalité, et a annoncé notamment qu'il mobiliserait l'armée sur ce terrain.
«Tant que nous ne pourrons sortir de cette crise sécuritaire et renforcer la police, nous devons recourir à l'armée», a-t-il dit dans un entretien accordé à Reuters. «Le Guatemala est un État capturé par les trafiquants de drogue, le crime organisé, les gangs, la corruption, l'impunité et la pauvreté.»
Colom, ancien vice-ministre de l'Économie dont plusieurs membres de la famille ont été assassinés lors de la guerre civile, s'est engagé pour sa part à réformer la police et la justice. Il a également répété que la victoire de son principal adversaire ramènerait le pays aux heures sombres de son histoire.
Un rapport soutenu par l'ONU attribue à l'armée 85 % des assassinats et disparitions de quelque 250 000 Indiens mayas pendant la guerre civile.
«Pendant 40 ans, le Guatemala a vécu sous une poigne de fer, et il en est ressorti pauvre et violent», a tenté de plaider Rigoberta Menchu, lors d'un débat télévisé.
La militante des droits des peuples indigènes, lauréate du prix Nobel de la Paix en 1992 et personnalité la plus connue du pays à l'étranger, est elle aussi candidate. Faute de moyens financiers, elle a dû renoncer à faire campagne et devrait faire de la figuration dans les urnes.
Alejandro Giammattei, candidat du parti du président sortant, Oscar Berger, est donné en troisième position. Les politologues estiment que son électorat se reportera sur Perez Molina au second tour.
Alvaro Colom, candidat du centre gauche, et l'ex-général Otto Perez Molina, soutenu par la droite guatémaltèque, devraient arriver en tête, avec un léger avantage pour Colom au premier tour.
Mais ni lui ni son principal rival, tous deux âgés de 56 ans, ne semblent en mesure d'obtenir la majorité dès le premier tour, qui verra également les électeurs guatémaltèques élire un nouveau Congrès. Un second tour les départagera en novembre prochain. À en croire les sondages, l'avantage irait alors à Perez Molina.
La campagne sécuritaire menée par cet ancien chef du renseignement militaire pendant la guerre civile de 1960-96, partisan de la peine de mort, semble porter de plus en plus ses fruits dans un pays où le taux d'homicides est parmi les plus élevés du monde.
En 2006, près de 6000 homicides ont été enregistrés, sur une population totale de 13 millions d'habitants. Seules 2 % de ces affaires ont été élucidées, et la justice est perçue comme une institution corrompue et inefficace.
La population s'inquiète aussi du phénomène des «maras», bandes de jeunes gens tatoués qui se sont d'abord développées dans les quartiers hispaniques de Los Angeles avant de se répandre dans toute l'Amérique centrale dans les années 1990, importées par d'anciens immigrés expulsés par les États-Unis.
Depuis le début de la campagne, une cinquantaine de personnes ont été assassinées. Ces violences sont en partie liées à des luttes d'influence entre «barons» du trafic de drogue, dont le Guatemala est devenu une plaque tournante. Mais de nombreux militants politiques ont également payé de leur vie leur engagement, principalement dans les rangs du Parti de l'unité nationale pour l'espoir (UNE) de Colom.
De longues files d'attente se sont formées hier dès l'ouverture des bureaux de vote, les électeurs préférant s'acquitter rapidement de leur devoir pour éviter les pluies torrentielles de l'après-midi. À Ciudad de Guatemala, des véhicules de la police et de l'armée sillonnent les rues.
«Je vais voter Perez Molina parce qu'il y a trop de criminalité et que c'est un militaire, un homme entraîné à nous apporter la sécurité», annonce Angelika Perez, une enseignante à la retraite rencontrée dans un des bureaux de vote de la capitale.
«Entraîné à tuer des gens, oui», l'interrompt son mari, Daniel, fonctionnaire à la retraite qui s'apprête, lui, à voter pour Colom.
Dans les années 1980, lorsque certains des pires massacres de civils ont été commis, Perez Molina commandait les forces armées dans la région d'El Quiche. Aucune poursuite n'a été engagée contre lui.
Le candidat du Parti patriotique, dont l'emblème est un poing serré, a promis de lutter avec une «main de fer» contre la criminalité, et a annoncé notamment qu'il mobiliserait l'armée sur ce terrain.
«Tant que nous ne pourrons sortir de cette crise sécuritaire et renforcer la police, nous devons recourir à l'armée», a-t-il dit dans un entretien accordé à Reuters. «Le Guatemala est un État capturé par les trafiquants de drogue, le crime organisé, les gangs, la corruption, l'impunité et la pauvreté.»
Colom, ancien vice-ministre de l'Économie dont plusieurs membres de la famille ont été assassinés lors de la guerre civile, s'est engagé pour sa part à réformer la police et la justice. Il a également répété que la victoire de son principal adversaire ramènerait le pays aux heures sombres de son histoire.
Un rapport soutenu par l'ONU attribue à l'armée 85 % des assassinats et disparitions de quelque 250 000 Indiens mayas pendant la guerre civile.
«Pendant 40 ans, le Guatemala a vécu sous une poigne de fer, et il en est ressorti pauvre et violent», a tenté de plaider Rigoberta Menchu, lors d'un débat télévisé.
La militante des droits des peuples indigènes, lauréate du prix Nobel de la Paix en 1992 et personnalité la plus connue du pays à l'étranger, est elle aussi candidate. Faute de moyens financiers, elle a dû renoncer à faire campagne et devrait faire de la figuration dans les urnes.
Alejandro Giammattei, candidat du parti du président sortant, Oscar Berger, est donné en troisième position. Les politologues estiment que son électorat se reportera sur Perez Molina au second tour.
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