Afghanistan - Valcartier, un monde à part
Québec — Véritable ville dans la ville, la base militaire de Valcartier était en quelque sorte coupée du reste de Québec jusqu'à ce que la mission en Afghanistan la place au centre de toutes les préoccupations.
«Auparavant, les gens connaissaient moins Valcartier, ils n'étaient pas autant au fait de ce qui se faisait ici. Maintenant, c'est moins mystérieux», constate Marie-Claude Michaud, la directrice du Centre Famille Valcartier. «On observe un plus grand intérêt de la population civile pour les familles.» Depuis le début de la mission en Afghanistan, Mme Michaud a vu cogner à sa porte des bénévoles provenant des quatre coins de la région de Québec, de l'ancienne ville de Sainte-Foy et de Charlesbourg jusqu'à la Rive-Sud.
Avec ses 50 employés salariés et sa centaine de bénévoles, le Centre est le plus gros du genre au Québec, loin devant ceux de Bagotville, au Saguenay, et de Montréal. Créé par des femmes de militaires à la suite de la Crise d'Oka, il offre aux familles tout un éventail de services. Des documents remis aux conjoints décrivent le «cycle émotionnel du déploiement» et fournissent des renseignements sur le syndrome du stress post-traumatique. On propose aux enfants des lectures comme La maman de Jojo s'absente ou Maman est un soldat.
«Ce sont des gens qui sont fiers, il y a beaucoup d'entraide et de capacité de mobilisation», note Mme Michaud à propos de la communauté de Valcartier. Elle cite en exemple la «Check List» (sic) pour se préparer au déploiement produite par des conjoint-e-s de militaires pour le Centre. Toutes les questions y sont posées: «Est-ce que le militaire et le conjoint ont un testament à jour?» ou encore «Avez-vous complété une procuration?».
Lors d'une petite excursion à Valcartier à la mi-août, Le Devoir a pu constater à quel point la communauté était soudée. À ce moment, elle n'avait pas encore subi de pertes et le moral était au beau fixe.
Au Centre Canex, conçu pour les militaires et dont les profits vont au Centre Famille, on vend des appareils électriques à bon prix. Dans les semaines ayant précédé le déploiement, expliquait la vendeuse, Éliette Bernier, beaucoup sont venus acheter des ordinateurs. «Ça leur permet de rester en contact avec leur famille à partir de là-bas. Moi, mon fils est là-bas depuis deux semaines. À tous les jours, il nous envoie un petit courriel.»
Une société qui « s'autosuffit »
Une chance qu'ils ont accès à Internet, parce que les environs de la base de Valcartier sont plutôt tranquilles. Ce qui n'empêche pas les militaires d'y trouver tout ce dont ils ont besoin. Comme nous disait Mme Michaud, «c'est une société qui s'autosuffit». Juste à côté du magasin Canex, un petit centre commercial offre tous les services possibles: épicerie, clinique médicale, dentiste, opticien, pharmacie, boutique de cadeaux, bureau de notaire et salon de coiffure.
«Vous cherchez des militaires?», demande l'une des coiffeuses. «Ceux qui partent ce soir sont habillés en beige.» Sur la chaise devant elle, un soldat habillé en vert nous accueille avec méfiance. «Vous connaissez la procédure pour les relations publiques si vous voulez parler à un militaire? Avez-vous le numéro de l'officier responsable? C'est quoi votre nom? Vous travaillez pour qui?»
La petite communauté de Valcartier n'a certes pas l'habitude d'avoir autant d'attention. Louise Dubé coiffe des soldats depuis onze ans. Elle dit que la population civile les comprend mal. «Ils ne comprennent pas que la plupart des militaires ont le goût de partir. Tout ça, ça fait rouler l'économie. Quand ils vont revenir, ils vont s'acheter une maison, une auto. Ce sont les civils qui ne connaissent pas l'armée qui ont des problèmes avec ça.» Sa collègue, Mireille Dubé, abonde dans le même sens. «Je n'en ai pas vu un seul qui ne voulait pas partir.»
Or, si la population comprend mal les militaires, ces derniers suivent de près l'opinion du reste du Québec, fait remarquer Marc André Boivin, le directeur adjoint du Réseau francophone sur les opérations de paix, affilié à l'Université de Montréal. «Il ne faut pas penser que les militaires de Valcartier vivent en vase clos. Ils savent très bien comment l'appui a évolué dernièrement. Ils suivent très bien ce qui se passe dans les médias francophones. Ils savent dans quoi ils s'embarquent.»
Le Devoir
«Auparavant, les gens connaissaient moins Valcartier, ils n'étaient pas autant au fait de ce qui se faisait ici. Maintenant, c'est moins mystérieux», constate Marie-Claude Michaud, la directrice du Centre Famille Valcartier. «On observe un plus grand intérêt de la population civile pour les familles.» Depuis le début de la mission en Afghanistan, Mme Michaud a vu cogner à sa porte des bénévoles provenant des quatre coins de la région de Québec, de l'ancienne ville de Sainte-Foy et de Charlesbourg jusqu'à la Rive-Sud.
Avec ses 50 employés salariés et sa centaine de bénévoles, le Centre est le plus gros du genre au Québec, loin devant ceux de Bagotville, au Saguenay, et de Montréal. Créé par des femmes de militaires à la suite de la Crise d'Oka, il offre aux familles tout un éventail de services. Des documents remis aux conjoints décrivent le «cycle émotionnel du déploiement» et fournissent des renseignements sur le syndrome du stress post-traumatique. On propose aux enfants des lectures comme La maman de Jojo s'absente ou Maman est un soldat.
«Ce sont des gens qui sont fiers, il y a beaucoup d'entraide et de capacité de mobilisation», note Mme Michaud à propos de la communauté de Valcartier. Elle cite en exemple la «Check List» (sic) pour se préparer au déploiement produite par des conjoint-e-s de militaires pour le Centre. Toutes les questions y sont posées: «Est-ce que le militaire et le conjoint ont un testament à jour?» ou encore «Avez-vous complété une procuration?».
Lors d'une petite excursion à Valcartier à la mi-août, Le Devoir a pu constater à quel point la communauté était soudée. À ce moment, elle n'avait pas encore subi de pertes et le moral était au beau fixe.
Au Centre Canex, conçu pour les militaires et dont les profits vont au Centre Famille, on vend des appareils électriques à bon prix. Dans les semaines ayant précédé le déploiement, expliquait la vendeuse, Éliette Bernier, beaucoup sont venus acheter des ordinateurs. «Ça leur permet de rester en contact avec leur famille à partir de là-bas. Moi, mon fils est là-bas depuis deux semaines. À tous les jours, il nous envoie un petit courriel.»
Une société qui « s'autosuffit »
Une chance qu'ils ont accès à Internet, parce que les environs de la base de Valcartier sont plutôt tranquilles. Ce qui n'empêche pas les militaires d'y trouver tout ce dont ils ont besoin. Comme nous disait Mme Michaud, «c'est une société qui s'autosuffit». Juste à côté du magasin Canex, un petit centre commercial offre tous les services possibles: épicerie, clinique médicale, dentiste, opticien, pharmacie, boutique de cadeaux, bureau de notaire et salon de coiffure.
«Vous cherchez des militaires?», demande l'une des coiffeuses. «Ceux qui partent ce soir sont habillés en beige.» Sur la chaise devant elle, un soldat habillé en vert nous accueille avec méfiance. «Vous connaissez la procédure pour les relations publiques si vous voulez parler à un militaire? Avez-vous le numéro de l'officier responsable? C'est quoi votre nom? Vous travaillez pour qui?»
La petite communauté de Valcartier n'a certes pas l'habitude d'avoir autant d'attention. Louise Dubé coiffe des soldats depuis onze ans. Elle dit que la population civile les comprend mal. «Ils ne comprennent pas que la plupart des militaires ont le goût de partir. Tout ça, ça fait rouler l'économie. Quand ils vont revenir, ils vont s'acheter une maison, une auto. Ce sont les civils qui ne connaissent pas l'armée qui ont des problèmes avec ça.» Sa collègue, Mireille Dubé, abonde dans le même sens. «Je n'en ai pas vu un seul qui ne voulait pas partir.»
Or, si la population comprend mal les militaires, ces derniers suivent de près l'opinion du reste du Québec, fait remarquer Marc André Boivin, le directeur adjoint du Réseau francophone sur les opérations de paix, affilié à l'Université de Montréal. «Il ne faut pas penser que les militaires de Valcartier vivent en vase clos. Ils savent très bien comment l'appui a évolué dernièrement. Ils suivent très bien ce qui se passe dans les médias francophones. Ils savent dans quoi ils s'embarquent.»
Le Devoir
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

