Afghanistan - De Kandahar à Kaboul
En tout, quelque 2550 militaires canadiens sont déployés actuellement en Afghanistan. La plupart d'entre eux, autour de 2500, font partie de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) de l'OTAN. Au sein de la FIAS, 300 militaires sont affectés à des fonctions de soutien et de coordination à Kaboul et à l'extérieur de l'Afghanistan. Un autre contingent de 250 soldats travaille au sein de l'Équipe provinciale de reconstruction (EPR) de Kandahar. Ces équipes se veulent une interface entre les mondes militaire, politique et du développement.
L'EPR de Kandahar dispose de ses propres installations avec, en plus des membres des forces canadiennes, des représentants de divers ministères dont ceux des Affaires extérieures et de l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Les autres forment un groupe de combat et de commandement opérant depuis la base multinationale de l'aéroport de Kandahar. Ils sont le véritable centre de gravité de toutes les opérations militaires dans la province.
Une trentaine de militaires sont intégrés à la mission antiterroriste internationale sous commandement américain. Au quotidien, cette mission est appelée à agir de concert avec la FIAS et lui fournit parfois un appui direct, telles des frappes aériennes. Les soldats canadiens sont là pour s'assurer que la collaboration se passe bien. Par ailleurs, un nombre indéterminé de membres des Forces spéciales (pas plus de quelques centaines, selon les estimations disponibles) apportent leur concours à cette mission antiterroriste.
Finalement, un petit groupe d'une quinzaine de militaires forment l'Équipe consultative stratégique. Issue d'une entente bilatérale entre les gouvernements afghan et canadien, l'Équipe offre son expertise à une administration publique dont les capacités demeurent bien en-deçà de ses responsabilités. Modeste en apparence, cette Équipe a pourtant une influence significative; elle a notamment tenu un rôle important dans l'élaboration du Pacte pour l'Afghanistan.
Résistance
Le gros des troupes canadiennes opère donc dans la province de Kandahar. Leur arrivée s'est faite en deux temps. D'abord, en août 2005, le Canada a pris en charge l'EPR de Kandahar. Ensuite, en février 2006, le groupe de combat et de commandement s'est installé à la base de l'aéroport de Kandahar. Rapidement, ils ont été confrontés à un assaut en règle des talibans, qui s'étaient fixé pour objectif la prise de Kandahar en 2006. Les combats se sont soldés par un cuisant échec pour eux, avec plusieurs centaines de combattants tués, sans gains notables. Depuis, ils se sont rabattus sur des méthodes indirectes moins exigeantes en matière de ressources et de logistique, tels des attentats suicide ou des engins explosifs improvisés.
Le défi pour les forces canadiennes est pourtant beaucoup plus large. La résistance à l'assaut des talibans n'est qu'un succès tactique immédiat. Les dizaines de soldats canadiens tués par des méthodes indirectes pèsent plus lourd sur le plan stratégique, puisque chacun d'eux a un effet politique indubitable sur la volonté des Canadiens de maintenir leur présence à Kandahar. La véritable mesure du succès se prendra dans le long terme, lorsque les Afghans de la province de Kandahar auront convenu d'un fonctionnement politique excluant le recours à la violence et que la reconstruction pourra prendre racine. Sous cet angle, les talibans ont marqué des points en éloignant d'autant plus cet horizon.
L'EPR de Kandahar dispose de ses propres installations avec, en plus des membres des forces canadiennes, des représentants de divers ministères dont ceux des Affaires extérieures et de l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Les autres forment un groupe de combat et de commandement opérant depuis la base multinationale de l'aéroport de Kandahar. Ils sont le véritable centre de gravité de toutes les opérations militaires dans la province.
Une trentaine de militaires sont intégrés à la mission antiterroriste internationale sous commandement américain. Au quotidien, cette mission est appelée à agir de concert avec la FIAS et lui fournit parfois un appui direct, telles des frappes aériennes. Les soldats canadiens sont là pour s'assurer que la collaboration se passe bien. Par ailleurs, un nombre indéterminé de membres des Forces spéciales (pas plus de quelques centaines, selon les estimations disponibles) apportent leur concours à cette mission antiterroriste.
Finalement, un petit groupe d'une quinzaine de militaires forment l'Équipe consultative stratégique. Issue d'une entente bilatérale entre les gouvernements afghan et canadien, l'Équipe offre son expertise à une administration publique dont les capacités demeurent bien en-deçà de ses responsabilités. Modeste en apparence, cette Équipe a pourtant une influence significative; elle a notamment tenu un rôle important dans l'élaboration du Pacte pour l'Afghanistan.
Résistance
Le gros des troupes canadiennes opère donc dans la province de Kandahar. Leur arrivée s'est faite en deux temps. D'abord, en août 2005, le Canada a pris en charge l'EPR de Kandahar. Ensuite, en février 2006, le groupe de combat et de commandement s'est installé à la base de l'aéroport de Kandahar. Rapidement, ils ont été confrontés à un assaut en règle des talibans, qui s'étaient fixé pour objectif la prise de Kandahar en 2006. Les combats se sont soldés par un cuisant échec pour eux, avec plusieurs centaines de combattants tués, sans gains notables. Depuis, ils se sont rabattus sur des méthodes indirectes moins exigeantes en matière de ressources et de logistique, tels des attentats suicide ou des engins explosifs improvisés.
Le défi pour les forces canadiennes est pourtant beaucoup plus large. La résistance à l'assaut des talibans n'est qu'un succès tactique immédiat. Les dizaines de soldats canadiens tués par des méthodes indirectes pèsent plus lourd sur le plan stratégique, puisque chacun d'eux a un effet politique indubitable sur la volonté des Canadiens de maintenir leur présence à Kandahar. La véritable mesure du succès se prendra dans le long terme, lorsque les Afghans de la province de Kandahar auront convenu d'un fonctionnement politique excluant le recours à la violence et que la reconstruction pourra prendre racine. Sous cet angle, les talibans ont marqué des points en éloignant d'autant plus cet horizon.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

